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Anagrammes à quatre mains – Karol Beffa

J’étais hier soir au théâtre du Rond Point, à Paris, pour voir le spectacle de François Morel, composé sur des textes et sketchs de Raymond Devos. Un spectacle gentillet, loin de la prestation étourdissante de cet artiste complet qu’était Devos, tel que je l’ai vu il y a… longtemps.

A la sortie, la librairie du théâtre m’a donné à voir le dernier livre  Anagramme à quatre mains que publie Karol Beffa et Jacques Perry-Salkow. Quel bonheur que ce petit livre éblouissant d’une intelligence espiègle, mêlant le génie de l’auteur d’anagrammes à l’humour du musicologue ! 

Le jeune Lully engagé comme garçon de cuisine à la cour de France, son premier emploi

Je ne résiste pas à en publier un extrait ( exemple en gras) concernant Lully, le surintendant de la musique royale remarqué dans sa prime jeunesse par le Duc de Guise qui, de passage à Florence cherchait « un joli petit italien » pour sa nièce (voir ci-conte la statue d’Adrien Gaudez du jeune Lully exposée au Petit Palais ).

Arrivé en France en 1646, mort à Paris en 1687, le musicien servit le roi pendant près de quarante décennies. Ses succès lui valent de fortes inimitiés. Toujours en butte aux jalousies et aux intrigues courtisanes, ainsi passa la quarantaine d’étés de Monsieur Lully.

Un requiem très politique

Il était ulcéré, Philippe Villin, petit marquis toujours en mal de publicité, banquier de son état, homme de droite revendiqué; ulcéré que son poulain, François Fillon ait voulu se maintenir à la présidentielle, quitte à faire élire l’ennemi intime, Emmanuel Macron.
Alors, «pour  soigner par une catharsis l’extrême peine que m’avaient infligée M. Fillon et sa clique », il a commandé, dixit le programme du concert, une «Création mondiale du Tenebrae, bref Requiem de Karol Beffa. Commande de Philippe Villin en hommage à une droite défunte. »
Le 6 mars, deux violonistes, un flûtiste et un violoncelliste ont donc pris place, devant le compositeur, Karol Beffa dans les salons du vaste duplex parisien pour un concert de dix minutes.
«Je voudrais que Fillon écoute ces tonalités crépusculaires en boucle pour mieux expier sa faute. »
La rumeur dit que les soixante invités, gratin du tout Paris des affaires, en ont surtout bien ri.
« C’est la commande privée la plus originale qui m’ait été passée », reconnaît le compositeur.

21e Victoires de la musique classique

Un peu moins « plan plan » que d’habitude, ces victoires ? Peut-être.
En tout cas elles étaient agréablement animées par un Louis Laforge en pleine forme. Il parait qu’il faut de tels show pour que le public de la Télévision reste enchainé à son écran quand l’heure est à la musique classique… Les statistiques d’audience donnent 1,3 millions de téléspectateurs, soit 6% de part de marché, face aux 6 millions de téléspectateurs de TF1. C’est mieux que rien, évidemment. Il est vrai que cela reste une des rares occasions de voir de la musique classique sur l’une des principales chaines de télévision et à une heure de grande écoute qui plus est. Mais pour le mélomanes qui ne peut se rendre au concert, internet, le « 2e écran » est quand même beaucoup plus riche d’occasions d’écouter de la « grande musqiue », dans d’excellentes conditions. Par exemple avec ArteLive. Continuer la lecture de 21e Victoires de la musique classique

Ravel, Beffa, Mozart et Stravinski à Pleyel

Karol Beffa
Karol Beffa

L’Orchestre de Paris nous proposait hier soir un programme éclectique, sous la baguette de son chef Paavo Järvi avec le concours du pianiste suisse Andreas Haefliger.
Au programme, donc, Le Tombeau de Couperin en version orchestre de Maurice Ravel, le Concerto N°24 de Mozart, et une création mondiale, La Vie antérieure pour piano et orchestre de Karol Beffa. Après l’entracte, Le sacre du Printemps de Stravinski.
A noter que ces deux dernières pièces étaient les vraies vedettes de ce concert, bien que la pièce de Ravel soit toujours aussi plaisante à écouter. Quant au concerto de Mozart, il était déjà au catalogue du pianiste et permettait de compléter le programme et de l’équilibrer pour faire plaisir aux vieilles dames du premier rang… Je n’en dirai rien – d’ailleurs je me suis assoupi deux fois pendant ces trente minutes de musique Mozartienne (*)…
J’ai beaucoup aimé le velours des violons du Prélude du Tombeau. L’orchestre s’est montré à son meilleur dans cette pièce de Ravel que j’adore, surtout dans les mouvements lents et mélancoliques.
La pièce de Karol Beffa a été pour moi une révélation. Continuer la lecture de Ravel, Beffa, Mozart et Stravinski à Pleyel