Archives de catégorie : Musi-techniques

Fare Well From Scotland

L’Ecosse et plus précisément sa capitale Edimbourg nous envoie un son et lumière particulièrement beau, innovant et… écologique !  pour nous souhaiter la bonne année.  C’est  ICI.

Trois envols de drones pour ce son et lumière du futur : Le passé avec les Highlands sauvages et dans le ciel les cerfs qui volent en gambadant; le présent et sa covid avec tous ses malheurs ; et le futur, une année 2021 plein de promesses , le tout dans un style poétique nimbé  d’une musique magnifique aux accents écossais (bien sûr), qui n’est pas sans m’évoquer Ma Belle Ecosse.

Voici, avec tous mes voeux à mes lecteurs, cette somptueuse vidéo de Fare Well – Edinburgh’s Hogmanay 2020 :

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Faciliter la lecture des partitions sur tablette

France Inter et Radio France nous offre des articles très intéressant dans le domaine musical, par exemple celui sur l’ Histoire de la musique oublieuse des nombreuses compositrices, depuis trois siècles. Aujourd’hui nous reprenons un article de  Ludovic Piedtenu et Julien Baldacchino publié le 26 novembre 2020 concernant une invention qui va révolutionner la vie des musiciens.

Créer la première (et la plus grande) bibliothèque de partitions numériques du monde : c’est le défi que s’est lancé une entreprise basée à Berlin, « Enote », alliance d’un chef d’orchestre et d’un informaticien. Leur objectif : faciliter la vie des musiciens et des musiciennes du monde entier avec la « partition du 21e siècle ».

 

L'application doit permettre aux musiciens de lire plus facilement des partitions sur l'écran de leur tablette ou smartphone
L’application doit permettre aux musiciens de lire plus facilement des partitions sur l’écran de leur tablette ou smartphone © Daniel Wetzel / Enote

 

L’idée de cette nouvelle application (téléchargeable ici) est de se baser sur une intelligence artificielle capable de lire une partition dans les moindres détails, quels que soient l’instrument, la taille de l’orchestre, et de la retranscrire sous un format plus adapté aux écrans. C’est là que réside la principale innovation : en convertissant une partition papier dans un format natif, il devient possible de la transformer directement dans l’application : « Vous pouvez changer la taille du texte, mais aussi le style de partition : certains musiciens aiment voir la musique dans un certain style. La partition peut être personnalisée, ou transposée dans une autre tonalité, en un clic – ce qui, avant, pouvait prendre des heures, voire des jours, à la main« , explique Boian Videnoff.   

 

Jusqu’à 150 000 partitions dans l’application ? 

 

Même avantage pour les chanteurs, ou les pianistes qui parfois les accompagnent : gagner du temps et éviter du stress. « Chaque musicien, dans une partition d’orchestre, peut retrouver sa partie. On a une bibliothèque de métadonnées qui permet de naviguer dans un mouvement, voire à une mesure en particulier », détaille le chef d’orchestre, qui note aussi que cette bibliothèque numérique devrait permettre aux musiciens et aux musiciennes de retrouver des partitions rares, des éditions anciennes, sans prendre le risque de les abîmer.   

 

À l’heure actuelle, l’application, qui est en version beta publique (et sur liste d’attente), propose 3 500 œuvres, et pratiquement autant sont ajoutées chaque semaine. D’ici à la fin de l’année prochaine, les concepteurs de l’application promettent qu’elle en contiendra plus de 150 000.

Musique POP: un algorithme met 68 milliards de mélodies dans le domaine public

Article du Monde du 27 février 2020 ( Billet de blog de Pierre Bouvier )

Face au « champ de mine mélodique » où chaque artiste risque une poursuite pour plagiat, deux musiciens développeurs ont généré toutes les mélodies possibles dans la musique pop.

Les accusations de plagiat et les procès qui s’ensuivent sont l’une des plaies de l’industrie musicale. Le phénomène ne date pas d’hier et personne ne semble y échapper.

Alors Damien Riehl, avocat spécialiste du droit d’auteur, musicien et développeur à ses heures, et son compère Noah Rubin ont créé un algorithme pour générer… toutes les mélodies possibles, avant de les protéger par des droits d’auteur, rapportent le site américain Vice. Pas pour avoir l’opportunité de poursuivre des musiciens en justice, bien au contraire.

Dans une présentation TedxTalk, Damien Riehl explique que la musique, finalement, ce ne sont que des mathématiques. Il évoque la chanson My Sweet Lord composée et écrite par George Harrison, parue en 1970 sur son triple album All Things Must Pass. Une querelle juridique émergea peu après la parution de la chanson, basée sur des ressemblances harmoniques entre My Sweet Lord et la chanson des Chiffons He’s So Fine (1963). La décision rendue en 1976 par un tribunal de New York a conclu que l’ancien membre des Beatles aurait involontairement plagié He’s So Fine et le condamna à verser près de 1,6 million de dollars à la maison de disque Bright Tune, propriétaire des droits de ce titre.

Voir le billet complet ICI

Colophane

Un article de Wiebke Drenckhan Et Jean Farago (Le Monde du 6/11/2019)

Depuis Verlaine, on sait que l’automne et le violon ont quelques correspondances, sur lesquelles le poète reste cependant évasif. S’agit-il des couleurs fauves que le violon emprunte à l’automne, ou de sa voix si particulière, dont le son entretenu évoque les longues plaintes des vents de la saison ? Ce timbre unique du violon et des instruments de sa famille provient de son mode d’émission, où les cordes frottées par l’archet produisent un son continu.

On assiste là à un petit miracle, car l’excitation continue d’une corde et sa vibration libre (condition de l’émission d’une note bien définie) sont a priori incompatibles. Pour rendre ceci possible, les musiciens ont dû trouver une astuce. Car le son ne peut pas être produit par le simple frottement de crins de cheval sur une corde tendue : quand on passe un archet dont la mèche est neuve sur un violon, on n’entend strictement rien ! Et pour cause : la tension de la corde est tellement importante que les crins, assez élastiques, ne peuvent jamais l’entraîner, sauf en appuyant très très fort (mais alors, adieu les pianissimos !). La solution élégante et pragmatique, optimisée au terme d’une évolution historique sans doute longue, consiste à disperser sur l’archet des particules micrométriques de colophane.

Ce produit issu de la résine de pin ressemble à un ambre cassant dont la couleur varie du jaune orangé au noir. Dans les coulisses des salles de concert, les musiciens frottent leur archet contre un bloc de colophane, produisant une poudre blanche qui adhère naturellement aux crins. Et le miracle opère : sans pression excessive, l’archet entraîne désormais les cordes, et le musicien peut moduler avec finesse la puissance acoustique qu’il émet.

« Coller-glisser »

Pour le physicien, le processus à l’œuvre au point de contact du crin et de la corde est un phénomène passionnant. Continuer la lecture de Colophane

Un grand piano dans sa valise : 65cm (longueur) x 22cm (hauteur) x 38cm (profondeur)

Un piano numérique révolutionnaire nous dit Chakib Haboubi, son concepteur… Il sonne bien, en effet, qu’on en juge d’abord avec cette video:

Et en voici une présentation dans une autre vidéo (un peu longuette !) de son concepteur, ainsi qu’une  interview (également loooongue !) , dont j’ai extraits quelques-uns des passages significatifs : 

A.I : D’où vient le son exceptionnel de votre piano. En quoi consiste cette rupture avec ce qu’on connaît?

C.H : (…) Nous avons posé la question suivante à une centaine de concertistes : «Un piano, pour vous, c’est quoi ? Qu’est-ce qui fait que vous n’achèterez jamais un piano numérique même à 15 000 € ? »

http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2017/185/chakib_haboubi.jpg

Chakib Haboubi et son piano pliable

Leurs réponses étaient très intéressantes, d’une richesse inouie. 
Certains parlaient de ce besoin de pouvoir faire corps avec l’instrument, sentir la vibration. Les réponses menaient à des éléments extrêmement larges, très diversifiés, qui nous ont donnés les pistes pour traduire numériquement toutes ces impressions physiques, les sensations désirées. 
Et c’est à ce moment-là que les ingénieurs ont vraiment commencé à travailler en termes de potentialités scrutatives. Un piano a combien de toucher ? Une infinité…d’accord, mais qu’est ce que cela veut vraiment dire ? Nous avons fait parler énormément de musiciens pianistes, de concertistes sur ce sujet. Bien sûr, c’est immense le toucher mais qu’est ce que cela voulait dire en valeurs scrutatives ? 500, 1000, 10000 ? 
Par nos études, nous nous sommes rendus compte que cette valeur tournait autour de 1300. (…) L
e problème pour nous était alors de savoir comment un clavier pourrait transmettre autant d’informations. Parce que 128 niveaux x 88 touches, cela va, cela passe avec une carte, c’est ce qui se fait actuellement avec la norme MIDI dans les pianos numériques… Mais 1300 x 88, comment fait-on ? CARI Electronic a dû alors développer les cartes scrutatives adaptées, des circuits qui nous sont propres placés sous le clavier et qui permettent d’avoir une transmission assez importante d’informations. Elles représentent une véritable innovation technologique. Continuer la lecture de Un grand piano dans sa valise : 65cm (longueur) x 22cm (hauteur) x 38cm (profondeur)