Archives de catégorie : Beaux-Arts

Anagrammes à quatre mains – Karol Beffa

J’étais hier soir au théâtre du Rond Point, à Paris, pour voir le spectacle de François Morel, composé sur des textes et sketchs de Raymond Devos. Un spectacle gentillet, loin de la prestation étourdissante de cet artiste complet qu’était Devos, tel que je l’ai vu il y a… longtemps.

A la sortie, la librairie du théâtre m’a donné à voir le dernier livre  Anagramme à quatre mains que publie Karol Beffa et Jacques Perry-Salkow. Quel bonheur que ce petit livre éblouissant d’une intelligence espiègle, mêlant le génie de l’auteur d’anagrammes à l’humour du musicologue ! 

Le jeune Lully engagé comme garçon de cuisine à la cour de France, son premier emploi

Je ne résiste pas à en publier un extrait ( exemple en gras) concernant Lully, le surintendant de la musique royale remarqué dans sa prime jeunesse par le Duc de Guise qui, de passage à Florence cherchait « un joli petit italien » pour sa nièce (voir ci-conte la statue d’Adrien Gaudez du jeune Lully exposée au Petit Palais ).

Arrivé en France en 1646, mort à Paris en 1687, le musicien servit le roi pendant près de quarante décennies. Ses succès lui valent de fortes inimitiés. Toujours en butte aux jalousies et aux intrigues courtisanes, ainsi passa la quarantaine d’étés de Monsieur Lully.

L’Abbaye Saint-Philibert de Tournus

La façade (Source Wikipedia)Que faire un jour de pluie et de grand vent quand on passe à Tournus?

Visiter l’abbaye, bien sûr!
Et là, c’est la grande surprise, l’émerveillement total: Nous voici face à une grande église-forteressse du IX-XII » siècle, du plus parfait style roman.
On entre dans un imposant vestibule (le narthex), un endroit très sombre, avec d’imposants piliers ronds de pierres brutes; on descend quelques marches pour pénétrer  dans la nef centrale par une allée surprenante de luminosité – pour une église romane. On admire la hardiesse des voûtes (plus de 18 mètres !), l’impression est étonnante. Une technique de voûtage pratiquement unique a été mise en œuvre: la voûte en berceau transversal. Chacune des 5 travées est couverte d’une voûte de pierre en plein cintre, dans sa largeur, s’appuyant ainsi sur sa voisine au lieu de peser lourdement sur les murs latéraux. Continuer la lecture de L’Abbaye Saint-Philibert de Tournus

Chtchoukine chez Vuitton

Vuitton rhabillé par Buren

1er choc : La Fondation Louis Vuitton s’est faite « rhabillée » par Buren. Mauvaise donne ! Je la préférais nue. Cette robe aux couleurs crues -option : c’est gratuit ! – ça ne fait pas « class ». Pour tout dire ça fait…Buren!

2e choc : Quel monde ! Faut-il venir à 21H plutôt qu’à 14h30 pour ne pas voir ces centaines de têtes devant les tableaux?

3e choc : Quelle caverne foisonnante de chefs d’œuvres, quelle beauté !

Le Musicien – Yvan Klioune

 

J’avais vu un grand nombre de tableaux de nos peintres français du début du 20e siècle à l’Ermitage, il y a longtemps, très étonné que l’Union soviétique de l’époque puisse détenir un tel trésor.  J’ignorais tout de l’histoire de ce collectionneur-héros  Sergueï Ivanovitch Chtchoukine dont la Russie d’aujourd’hui peut s’énorgueillir à juste titre.

J’ai pris quelques photos de mes tableaux préférés – voir le diaporama ci-après. Continuer la lecture de Chtchoukine chez Vuitton

Giovanni Anselmo : « un gris qui s’allège vers l’outremer »

Giovanni Anselmo à l’époque d’ARTE POVERA

Réédition du 6 juillet 2010, un billet d’ Yves Rinaldi

Artiste italien, né en 1934 à Borgofranco d’Ivrea (Piémont), Giovanni Anselmo est une des figures de proue de l’ARTE POVERA, principal mouvement d’avant-garde conceptuel italien apparu au début des années 1960.

ARTE POVERA : UN RETOUR VERS UNE MATIÈRE SIGNIFIANTE
Plus qu’un simple « mouvement » artistique né de la contestation d’une société marchande alors sûre de son éternelle prospérité, ARTE POVERA se veut plutôt une « attitude » de certains jeunes artistes italiens qui s’interrogent, comme tant d’autres de leurs collègues français du NOUVEAU RÉALISME ou encore américains du POP ART, sur les dérives consuméristes d’un société erratique, semblant avoir égaré la notion de sens, au détour d’une allée d’un de ces supermarchés, présentés alors comme les nouveaux temples de cités devenues tentaculaires. En ce sens, ARTE POVERA s’inscrit tout à fait dans l’émergence simultanée de deux courants clés de l’art de l’après-guerre : le HAPPENING (ou art « événementiel ») et l’Art CONCEPTUEL, dont les « Ready Made » des années 1910-1920, de Marcel Duchamp constituent les prototypes « historiques ».

Marcel Duchamp, Roue de bicyclette, 1913, Paris, Musée National d’Art Moderne.

Alors que les américains du POP ART, tel Andy Warhol, détournent l’imagerie publicitaire pour la tourner en dérision et « fabriquer » de nouvelles icônes comme on fabrique des boite de soupe en usine et que les Français du NOUVEAU RÉALISME recyclent les ordures ménagères et autres carcasses de voitures pour en faire des œuvres d’art livrées aux mannes du marché, les Italiens d’ARTE POVERA optent pour un recours systématique à des matières « pauvres », de préférence naturelles (Giovanni Anselmo, Giuseppe Penone) ou encore industrielles mais « brutes » (Mario Merz, Luciano Fabro). Continuer la lecture de Giovanni Anselmo : « un gris qui s’allège vers l’outremer »

Monet, 7H35 le 13/11/1872

Impression, soleil levant de Claude Monet

Étonnant ce que nous raconte cet article du Monde sur ce tableau célèbre de Claude Monet, Impression, soleil levant, la toile qui devait donner son nom au mouvement pictural.
Une étude scientifique permet aujourd’hui d’affirmer que « l’impressionnisme est né le 13  novembre  1872, à 7 h 35, dans une chambre d’hôtel du port du  Havre. C’est en effet ce moment précis, une demi-heure après l’aube, que Claude Monet a choisi de fixer pour réaliser Impression, soleil levant. Le Musée Marmottan, à Paris, vient de rendre publique l’information, à l’occasion de l’ouverture, jeudi 18  septembre, de l’exposition consacrée au joyau de sa collection. Pour en arriver là, il a fallu plusieurs années d’une enquête aux confins de l’art, de l’histoire et des sciences, sonder la mer et les cieux, fouiller les documents d’époque  et faire tourner de puissants programmes de calcul des trajectoires célestes. Une aventure conduite par une équipe pluridisciplinaire française et… un astrophysicien américain. »
Je vous laisse découvrir cet article passionnant ICI. Continuer la lecture de Monet, 7H35 le 13/11/1872