Archives de catégorie : Lu, entendu

La notation musicale colonialiste ?

(Rectifications)

Des professeurs de  l’Université d’Oxford déclarent que la notation musicale est «colonialiste ».  Le répertoire actuel est axé sur « la musique européenne blanche »; les compétences musicales comme jouer du piano (*) ou diriger un orchestre (** ) ne devraient plus être obligatoires. La notation musicale serait en effet l’objet d’une « grande détresse pour les élèves de couleur ».    L’ensemble des programmes de musique serait « complice de la suprématie blanche ». 

Cette affirmation, c’est du grand n’importe quoi.

On remarque en effet l’absence d’un « public de couleur »  dans les concerts classiques. N’est-ce pas une affaire de goût, autant que le résultat d’une  éducation familiale, d’un héritage culturel?  Les concerts de jazz  auxquels j’ai assisté mélangeaient les populations.  Toutes les musiques s’apprennent désormais dans les écoles de musique.

Pour ma part, le premier disque que je me suis acheté, adolescent, était d’Errol Garner, un noir américain qui n’a jamais su lire la musique. Un génie du piano. La preuve avec cette vidéo sur YT : (https://youtu.be/O1kZSkNBU9Q)

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* sur les touches noires?  😀 

** de jazz? 🙂

Lise de la Salle – When Do We Dance?

Je n’ai pas l’habitude de me faire l’écho des promos de disques que l’on m’envoie, mais là, j’ai craqué avec ce mail de Naïve pour ce nouveau CD de Lise de la Salle qui paraitra en début juin .

Ces enregistrements de pièces dansantes  du répertoire classique interprétée par cette excellente pianiste sont de vrais petits bijoux.  Il vaut le coup de les redécouvrir même si on les connait déjà par cœur.

Bravo à Lise de la Salle (que je connaissais déjà grâce à Florentine Mulsant) pour ces interprétations toutes en finesse et légèreté : elles respirent la joie de vivre, et par les temps qui courent, cela fait du bien !

A écouter d’urgence sur son site  ICI.

L’électronique musicale classique en déshérence

En 2021, les plus grands violonistes du monde se réjouissent de pouvoir jouer sur les 500 stradivarius que les siècles nous ont légués. Ils jouent la musique ancienne mais aussi la plus contemporaine.

En 1970, quelques petits génies sous la houlette de Pierre Boulez à l’IRCAM ont voulu révolutionner l’instrumentation musicale avec une musique dite « mixte ». Elle mélangeait des sons analogiques puis numériques à ceux des stradivarius et autres instruments classiques de l’orchestre contemporain. Mathématiciens devenus informaticiens autant que compositeurs, ils ont inventé de nouvelles machines à l’IRCAM, des synthétiseurs « à leur sauce », fabriquées à l’unité, soucieux de trouver « leur son » et d’interpréter eux-mêmes leurs œuvres, lors de rares concerts. Non contents, ils inventaient aussi, chacun dans son coin de nouvelles notations musicales aux graphismes plus ou moins abscons, soucieux que ces musiques soient jouées plus tard au plus prés de l’interprétation initiale. Ces partitions sont autant d’œuvres d’art accompagnées de modes d’emploi complexes, œuvres difficiles d’accès, comme souvent dans l’art abstrait.

Hélas, ces compositeurs et interprètes du siècle dernier ont vieillis pendant que leurs machines hors d’usage prenaient la poussière dans les caves de l’IRCAM. Trop peu d’enregistrements de certaines de ces œuvres permettent aujourd’hui d’en prendre connaissance. Leurs partitions parfois éditées à l’époque sont devenues introuvables ou inexploitables au grand désespoir de leurs auteurs, de leurs ayant droits et des éditeurs.  Tel est l’impitoyable destin de cette musique classique électronique, inventée par des apprentis sorciers insouciants de l’avenir.(*)
Autant de soucis que l’usage des stradivarius épargnent aux musiciens et mélomanes de notre 21e siècle.

(*) Voir l’enquête de Pierre Gervasoni dans Le Monde du 7 mai.