J’étais hier soir, salle Pleyel au dernier concert d’Alfred Brendel, pianiste, 78 ans, avec l’Orchestre de la Tonhalle de Zurich. Le temps que l’orchestre nous exécute en grande formation "les quatre versions originales de la Retirata notturna di Madrid de Luigi Boccherini, réorchestrée par Luciano Berio" (huit minutes de musique inintéressante au possible, grosssse désillusion!) et notre grand homme de pianiste entre en scène pour l’exécution du concerto N°9 "jeune homme" de Mozart. Une pièce sans grand relief, au cours de laquelle j’ai failli m’endormir deux fois. Brendel joue avec sa sobriété coutumière, beaucoup de retenue, notamment dans le 2e mouvement, un andantino relevant du style pathétique, nous dit le programme. Pathétique ou non, c’est celui que je préfère. Le troisième mouvement mené à un train d’enfer avec de brusques ralentissements me parait bien convenu; tout cela, c’est du "petit Mozart". Et l’on se prend à regretter d’avoir vu Alfred pour la dernière fois en concert dans un œuvre mineure. Il nous entend, d’ailleurs. Ses fans font un tel vacarme, tous hurlant debout qu’il revient nous jouer encore, seul, dans un silence religieux deux courtes pièces, l’un des six Moments musicaux de Schubert, puis une pièce extraite des Années de pèlerinage de Frantz Liszt. Après l’entracte, c’est enfin le plat de résistance que j’attendais, la 1ère symphonie en ré majeur, dite Titan, de Gustav Malher. Et là, je ne suis pas déçu.
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