Traviata : L’ombre portée de Giuseppina Strepponi

Le célèbre opéra de Giuseppe Verdi, à  l’affiche de l’Opéra de Paris, constitue un des sommets de l’art lyrique, du Bel Canto italien et fut l’objet d’une des plus importantes discographies d’opéra à  ce jour : toutes les plus grandes interprètes s’y sont frottées car le rôle de Violetta Valéry demeure un incontournable du répertoire des sopranos. Maria Callas, alors au faîte de sa carrière, y triompha en 1958.

Verdi à  Parme Mais revenons à  la genèse douloureuse de Traviata. Très peu d’opéras furent à  ce point le miroir de la vie privée de leur auteur et on ne peut évoquer derrière le personnage de Violetta l’ombre de Giuseppina Strepponi, alors compagne de Verdi.
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Un jeune centenaire et grand compositeur, Elliott Carter


Pourquoi la fameuse machine à  remonter le temps n’est-elle pas encore inventée? Voilà  bien la question que je me posais ce matin là , en tournant nerveusement les pages d’une gigantesque partition. J’aurais pu ainsi le rencontrer au début du XXe siêcle, cet illustre compositeur dont j’admirais tant les œuvres, car il avait étudié la composition à  Paris, à  l’ Ecole Normale de musique, dans les années trente, auprês de Nadia Boulanger ! Et pourtant, lorsque je réalisais qu’en ce début du XXIe siêcle il était bien là , résidant à  New-York, compositeur prolixe et alerte, la chance m’a souri : Quand j’ai voulu, aussitôt lui signifier mon admiration et le presser de questions musicales dans une lettre envoyée à  New-York comme une bouteille à  la mer, il m’a répondu si aimablement que ses réponses, rehaussées de sa généreuse et impérieuse signature, resteront pour moi un véritable trophée, en bonne musicologue-musicophage que je suis ! Qui est ce grand musicien et compositeur américain, auteur de l’ultime opéra composé au XXe siêcle, intitulé What Next ?, achevé et créé en 1999 ? C’est Elliott Carter, bien sûr , dont on fêtera prochainement le 100e anniversaire à  New York!
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TOSCA : Conflit et libération de l’Opéra à  l’aube du XXe siècle

(Yves Rinaldi, rédacteur invité est l’auteur de cette chronique)

Tosca va prochainement être donnée à  l’Opéra de Paris Bastille.

On ne peut que s’en réjouir, même si l’actuel directeur, Gérard Mortier, n’a jamais caché son aversion pour le vérisme. Mais Tosca figure parmi les plus grands chefs d’œuvres de l’art lyrique. C’est, de ce fait, un monument incontournable des programmations. Créé au Teatro Costanzi de Rome, le 14 janvier 1900, sous la direction de Toscanini, l’opéra de Puccini suscita une réaction déroutée de la part du public et aussi de la critique, tant l’œuvre rompait avec la formule qui avait assuré à  son auteur une place de premier ordre dans l’opéra européen avec Manon (1893) et surtout La Bohême (1896), laquelle, aprês un démarrage raté, était en train de conquérir triomphalement toutes les scênes du monde. Ce que l’on sait moins, c’est que la genêse de Tosca fut d’emblée marquée sous le sceau du conflit et des tensions entre le compositeur et ses librettistes Luigi Illica et Giuseppe Giacosa, tous deux auteurs du texte de La Bohême.
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