
Le périphérique parisien s’est montré tel qu’en lui-même, embouteillé, puant, juste assez fatigant pour nous faire regretter les bords de Seine quand nous allions à Salle Pleyel.
Une fois sorti du parking de la Philharmonie, même impression désagréable : on aborde un chantier qui est tout sauf culturel : des couloirs interminables en béton brut, des barrières un peu partout pour des espaces condamnés, des toilettes non éclairées, des ascenseurs aux fils électriques pendants… que s’est-il passé depuis l’inauguration il y a neuf mois? On comprend l’Architecte qui avait honte de cette inauguration anticipée.
Une fois entrés dans l’immense salle, tout change, avec cette vue plongeante du deuxième balcon où nous sommes installés:

cette salle est spectaculairement belle, admirable de proportions et d’aménagement.
Le son se révèlera encore plus incomparable, rien pour faire regretter la salle Pleyel. Loin de l’orchestre, nous entendons le moindre grattement de la guitare de Yamandu Costa, le moindre feulement du bandonéon de Richard Galliano comme s’ils étaient tous deux près de nous : un miracle d’acoustique. Chaque instrument de l’orchestre se détache distinctement, et ne parlons pas des coups de gong de La Noche de los Mayas; le morceau final de ce concert exceptionnel, un son tellement puissant qu’il en est à peine supportable.
Au programme :
– Darius Milhaud Le Boeuf sur le toit (quel délice cette bi-tonalité !)
– Astor Piazzolla Concerto pour guitare, bandonéon et orchestre à cordes (Richard Galliano, toujours aussi fantastique, Yamandu Costa le nouveau Di Meola)
– Astor Piazzolla Oblivion (une musique divine)
José Pablo Moncayo Huapango
– Silvestre Revueltas La Noche de los Mayas, suite orchestrale (quels effets orchestraux !) Continuer la lecture de Musique sud américaine à la Philharmonie de Paris
Cette bonbonnière toute de bois blond a été inaugurée le 14 novembre dernier, mais c’est seulement maintenant que France2 met l’enregistrement vidéo des deux concerts de cette inauguration à la disposition des mélomanes, en replay. Il faut en profiter pendant les quelques jours qui restent pour les visionner.
Cette soirée ne s’annonçait pas sous les meilleurs auspices, avec le méchant papier de l’architecte Jean Nouvel dans Le Monde d’hier, clamant sa colère de n’avoir pu être le Patron avec un grand P de ce projet durant les deux dernières années. Il reproche à Laurent Bayle, le Directeur Général de la Cité de la musique de lui avoir fait de l’ombre en sabotant la fin des travaux, en le forçant à ouvrir la Philharmonie au public dès janvier – date prévue par les organisateurs des concerts depuis un an – alors que tous les travaux extérieurs ne sont pas terminés…