Archives de catégorie : Lyrique-Opéra

Lyrique et Opéra

La Petite Renarde rusée à l’Opera et sur internet

Pour la première fois, l’Opéra national de Paris retransmet en direct une de ses productions sur internet : « La Petite Renarde rusée » de Leos Janacek, célébrant ainsi en avant-première l’Année de la Présidence de l’Union Européenne de la République Tchèque.

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Faust de Gounod à  Orange (et à  la télé)

Vu le Faust de Gounod, hier soir sur France 2.


Faust de Gounod à  Orange et à  la télé, le 5 aout 2008.

J’ai manqué le tout début, et donc la présentation qu’en a fait J.F.Zygel. Ai-je perdu quelque chose?
Les trois premiers actes m’ontbarbé. Peut-être parce que trop connus, tant l’histoire que les airs célèbres : A moi les plaisirs (1er acte), Avant de quitter les lieux, la Valse de Faust (2e acte), l’air des bijoux (Je ris de me voir si belle en ce miroir cher à  la Castafiore) au 3e acte; et les duos : Oh nuit d’amour, etc.
Les mélodies sont belles, bien sà»r; mais tout ça est long, long, l’histoire tellement datée (ce frère dépositaire de « l’honneur » de sa soeur, mais qui lui reproche ensuite de l’avoir tué :-/ !), le style pontifiant du second empire, pas vraiment dépoussiéré par la mise en scène.
Bref, deux heures un peu ennuyeuses. Ensuite…

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Luigi Dallapiccola : Il prigioniero (Le prisonnier)

(Chronique « Lyrique » de Yves Rinaldi)
A l’Opéra Garnier (Paris) à  partir du 10 avril 2008.


Guido Peyron, Ritratto di Dallapiccola, 1929, cm 100à—70 ca., BNCF


Opéra en un prologue et un acte, créé en 1949 à  Turin par Radio Italiana, « Il Prigioniero » est sans doute l’œuvre la plus accomplie et la plus célèbre de Luigi Dallapiccola (1904-1975), compositeur italien dodécaphoniste disciple de Schà¶nberg et de Berg.

La tragédie de l’espoir trompé

Dallapiccola, auteur du livret, s’inspira d’une nouvelle cruelle de Villiers de l’Isle-Adam (1838-1889) : La Torture par l’Espérance. L’action se déroule à  Saragosse, dans la seconde moitié du XVIe siècle.

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La seule fonction réelle de la musique de film, c’est de nourrir le compositeur

Hier soir, j’étais au Grand Rex, un cinéma classé monument historique avec sa salle mythique de 3000 places; décoration arts déco façon 1930 avec ciel étoilé, colonnades grecques en carton pà¢te, fauteuils club très confortables, une scène plus grande que celle de l’Opéra (*)…

Pas de film comme c’est habituel ici ni de spectacle de music-hall. Une sono très sophistiquée en fond de salle servie par des ingénieurs du son britanniques. Sur scène, une foule d’instruments plus ou moins hétéroclites : outre ceux habituels de l’orchestre symphonique, un orgue Hammond, un verrophon (cet instrument fait de tubes de verre dont on joue en les frottant avec des doigts mouillés et dont le son rappelle les Ondes Martenot), des claviers (2 Tritons de chez Korg), un piano à  queue, un vibraphone, kalimba, etc.

Il est 20H30, on attend toujours sagement depuis 20H00 que le spectacle commence; la salle continue de se remplir lentement, patiemment, beaucoup d’étrangers, anglais, allemands, polonais, beaucoup de gens invités… Les spectateurs qui ont payés leur place, les habitués des salles de concerts classiques arrivés à  l’heure par habitude montrent à  peine leur impatience. Drôle d’ambiance faite de ferveur; on se croirait dans une église mexicaine un jour de Pà¢ques, juste avant la messe !

Enfin, à  20H45, les musiciens envahissent la scène silencieuse, dans la pénombre; seules les ampoules des pupitres éclairent (mal) la salle. Suivent une quarantaine de chanteurs réunis en choeur en fond de scène.
Enfin, un grand type – chemise et pantalon noirs, crà¢ne luisant dans la maigre lumière d’un projecteur – monte sur l’estrade, lève sa baguette, et tout doucement la musique nous envahit, toujours dans la pénombre.

C’est « Silence, Night and Dreams« .

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THESEE de LULLY au Théatre des Champs Elysées

ou la (Re)naissance de l’Opéra Français.

Depuis maintenant plus de vingt ans, l’opéra baroque est de nouveau prisé des musiciens et du public, certains sociologues et musicologues spécialistes des comportements culturels n’ayant pas hésité à  qualifier le «baroque» de musicalement «correct». Il est vrai que l’engouement actuel a de quoi dérouter un auditeur contemporain lambda dont la sensibilité est largement tributaire des bouleversements esthétiques subis par l’art lyrique depuis Mozart.jusqu’à  Manoury.
Peut-être les français entretiennent-ils une vague nostalgie pour les fastes de Versailles et, plus globalement, pour une époque où¹ les arts européens se conjuguaient à  la mode française. Quoi qu’il en soit c’est à  l’italien Giovanni Batista Lulli devenu par la seule volonté de Louis XIV, le grand ordonnateur des divertissements musicaux royaux, que l’opéra français doit son existence. En effet, alors que l’opéra italien régnait sans partage sur le reste de l’Europe, Lully sut concevoir un genre lyrique nouveau taillé sur mesure pour ce gigantesque laboratoire des arts que fut le chantier du chà¢teau de Versailles.

 Louis XIV et Lully à  l'époque du Thésée de Lully (1675)

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Tannhà¤user jeudi 27 décembre à  la Bastille

(Aujourd’hui, c’est Jean-Armand qui prend la plume ;-) )

Jeudi 27 décembre, très belle soirée à  l’opéra Bastille, pour cette nouvelle production de Tannhà¤user avec une mise en scène de Robert Carsen qui fut un temps menacée par la grève des machinistes.

Carsen transpose la situation en faisant de Tannhà¤user un peintre. Si jamais transposition fut intelligente, c’est bien celle-ci, et force est de constater que Carsen est une valeur sà»re (le Songe d’une nuit d’été, Manon Lescaut, la Femme sans ombre). On s’aperçoit que Wagner emploie, dans son texte, beaucoup de métaphores picturales. La scène du concours de chant devient une scène de dispute entre les artistes, de la façon la plus naturelle qui soit.

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Tristan et Yseult à  la Scala : Vive Chéreau ! Vive Wagner !

Il ya des soirées, comme ça où¹ il faut savoir ne pas courir les concerts de patronage ou de musique contemporaine pour (se) faire plaisir (avec feu Stockhausen, par exemple !), mais rester chez soi.
Rester chez soi parce que c’est là  que ça se passe, bien installé pour quatre heures dans un bon canapé devant la télé qui retransmet en direct (merci Arte!) le plus bel opéra que vous ayez jamais vu et entendu !

J’aurai pu me transporter à  la Scala de Milan mais à  2000 euros la place…mesquinerie, c’est vrai. :-)


(Deux photos de presse signées Marco Brescia, Reuters)

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Tosca à  Bastille : Un bon compromis entre tradition et modernité

(Yves Rinaldi, chroniqueur invité signe ce billet)

La dernière production du célèbre – et révolutionnaire – opéra de Puccini à  l’Opéra Bastille peut être saluée comme une réussite. J’ai déjà  eu l’occasion d’évoquer dans ce blog en quoi Tosca constituait un tournant décisif de l’opéra italien vers un assouplissement des règles un peu rigides du bel canto conduisant à  l’affirmation de la dramaturgie comme élément moteur du genre. Sa création à  Rome, en 1900, ouvre la voie vers la modernité, bien que les innovations de Tosca passèrent à  l’époque presque inaperçues, compte tenu des tensions nationalistes qui sévissaient à  l’époque, y compris dans l’univers feutré des scènes lyriques. Ainsi Tosca fut elle conspuée à  Paris, à  la suite d’une regrettable cabale ourdie par Debussy, alors tout à  la genèse de son Pelléas (1902).

Paris rend aujourd’hui justice à  Puccini et à  sa modernité, si l’on en juge par le succès enthousiaste que connaissent les représentations de Tosca à  l’Opéra Bastille.

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Traviata : L’ombre portée de Giuseppina Strepponi

Le célèbre opéra de Giuseppe Verdi, à  l’affiche de l’Opéra de Paris, constitue un des sommets de l’art lyrique, du Bel Canto italien et fut l’objet d’une des plus importantes discographies d’opéra à  ce jour : toutes les plus grandes interprètes s’y sont frottées car le rôle de Violetta Valéry demeure un incontournable du répertoire des sopranos. Maria Callas, alors au faîte de sa carrière, y triompha en 1958.

Verdi à  Parme

Mais revenons à  la genèse douloureuse de Traviata. Très peu d’opéras furent à  ce point le miroir de la vie privée de leur auteur et on ne peut évoquer derrière le personnage de Violetta l’ombre de Giuseppina Strepponi, alors compagne de Verdi.

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TOSCA : Conflit et libération de l’Opéra à  l’aube du XXe siècle

(Yves Rinaldi, rédacteur invité est l’auteur de cette chronique)

Tosca va prochainement être donnée à  l’Opéra de Paris Bastille.

On ne peut que s’en réjouir, même si l’actuel directeur, Gérard Mortier, n’a jamais caché son aversion pour le vérisme. Mais Tosca figure parmi les plus grands chefs d’œuvres de l’art lyrique. C’est, de ce fait, un monument incontournable des programmations.

Créé au Teatro Costanzi de Rome, le 14 janvier 1900, sous la direction de Toscanini, l’opéra de Puccini suscita une réaction déroutée de la part du public et aussi de la critique, tant l’œuvre rompait avec la formule qui avait assuré à  son auteur une place de premier ordre dans l’opéra européen avec Manon (1893) et surtout La Bohème (1896), laquelle, après un démarrage raté, était en train de conquérir triomphalement toutes les scènes du monde.

Ce que l’on sait moins, c’est que la genèse de Tosca fut d’emblée marquée sous le sceau du conflit et des tensions entre le compositeur et ses librettistes Luigi Illica et Giuseppe Giacosa, tous deux auteurs du texte de La Bohème.

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Ariane’s Monkey Journey to the castle of Barbe-Bleue

(Jean-Armand Moroni, rédacteur invité est l’auteur de cette chronique)
J’ai pris du retard pour écrire un compte-rendu sur « Ariane et Barbe-Bleue » de Dukas, que j’ai vu à  Bastille lundi 1er octobre. Tant mieux, cela me donne l’occasion de parler également de « Monkey Journey to the West », vu au Chà¢telet avant-hier (dimanche 7 octobre).

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Pavarotti, le fils du boulanger de Modène

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Modène, Il Duomo. Photo jlf

Il est là , allongé, exposé, offert. Il est là  revêtu de son smoking des grands soirs, plastron et noeud papillon blancs, barbe et sourcils noirs de geai. Un léger sourire sur la bouche dont ne sortira plus aucun son.

(…) deux voix d’homme s’élevèrent soudain pour chanter Panis Angelicus.

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Connaissez-vous « MIRRA » d ‘ALALEONA ?

(Notre rédacteur invité Yves Rinaldi signe cette chronique).

"Mirra" est l’unique opéra du compositeur critique musical italien Domenico Alaleona (1881-1928).

Créé le 30 mars 1920 à Rome, il fut salué comme un authentique chef d’œuvre par Puccini et Mascagni qui assistèrent à la représentation.

Myrrha poursuivie par son père est transformée en Myrthe

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Les Pêcheurs de Perles : un chef d’ œuvre à  redécouvrir

(Notre rédacteur invité Yves Rinaldi signe cette chronique).

Créé le 30 septembre 1863 à l’Opéra Comique, « Les Pêcheurs de Perles » est un opéra en trois actes d’un jeune compositeur âgé d’à peine 25 ans : Georges Bizet. La France, lancée en pleine aventure coloniale, connaît une vague orientaliste dans les arts,
juste retour de l’exploration et de la découverte d’autres horizons et d’autres cultures.
On ne dira jamais assez combien les expositions universelles qui vont se succéder à partir
du début de la décennie 1850 vont jouer un rôle décisif dans l’évolution des arts européens
et français notamment.


Georges Bizet

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REGINE CRESPIN EXCOMMUNIEE PAR LA « CULTURE MEDIATICO-PUBLICITAIRE »

(C’est Yves Rinaldi, rédacteur invité qui signe cette chronique)

Le silence assourdissant des grands médias, médias « grand public » autoproclamés, sur la disparition de Régine Crespin, illustre parfaitement l’état de déréliction intellectuelle dans laquelle la « culture médiatico-publicitaire » a plongé les esprits.

«Avec la mort de cette grande représentante de l’art lyrique, disparaît un des symboles les plus forts de l’excellence artistique»
(Y.Rinaldi)

Depuis l’ère Jack Lang, c’est à  dire le début des années 80, la logique mercantile et médiatique s’est insidieusement insinué dans les plus hautes sphères de la culture en France. Sous le fallacieux prétexte que la culture traditionnelle était devenue élitiste et surannée, le ministère de la culture a voulu « dépoussiérer » la culture en l’infléchissant de deux façons :
par la légitimation économique et par l’évènementiel .

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Elle nous a quitté pour de bon, helas!

A cette grande perfectionniste, sa grand-mere italienne avait dit: Quoiqu’il arrive, si tu devais un jour balayer les rues, n’oublies pas les coins.

De qui s’agit-il?

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Callas et la Norma de Bellini

Moi qui ne suis pas un fondu de lyrique, voici pourtant une voix, un air qui me donnent des frissons quand je l’écoute.
Marie-Aude Roux en parle si bien dans son excellent article publié dans le Monde 2 du 2 juin 2007.

“Un opéra doit faire couler les larmes, causer l’horreur et amener la mort grà¢ce au chant”, écrit Bellini en 1834, trois ans après la création de Norma à  la Scala de Milan. Quelle cantatrice digne de ce nom n’a rêvé ces larmes, cette horreur et cette mort ? Maria Callas plus que toute autre. Combien de films, de spots publicitaires, de génériques et jusqu’aux cartes postales musicales proposées sur le Net, ont repris, reprennent, reprendront, le fameux Casta diva de la Callas ? Cette prière à  la Lune, c’est l’hymne incontesté de la Divina.

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