Splendeurs et misères des comédies musicales

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La troupe d’Un Américain à Paris salue son public enthousiaste

 

En trois soirées consécutives, j’ai vu trois spectacles qui ont fait l’objet d’une excellente critique dans Telerama, trois comédies musicales… enfin, parlons plutôt de « spectacle total », mélange de comédie, de danse et chants sur des musiques connues,  sachant qu’un seul de ces spectacles revendique – et à juste titre – cette appellation.
Commençons par la première soirée au Théatre Ranelag (Paris 16e) avec ce que le programme intitule « Le Concert sans retour » – ce demi-succès serait-il sans lendemain? Sur la scène, les « Cinq de cœur« , une troupe de cinq artistes chanteurs lyriques, comédiens, danseurs, clowns, dans un genre que le programme décrit comme « humour musical ». La metteure en scène revendique sa  qualité de « clown » … Des clowneries en effet émaillent –  un peu trop à mon goût – ce spectacle, certes amusant, et même désopilant, avec des chanteurs et comédiens dignes d’éloge, mais dans l’ensemble tout cela manque de hauteur, de poésie et  frise parfois  la vulgarité. Un peu déçu, donc.

La deuxième soirée se passait au Théâtre du Châtelet avec la comédie musicale Un Américain à Paris, sur la musique de Georges Gershwin. Chantée et parlée en anglais (et sous-titrée) par une troupe anglo-américaine,  elle est servie par des artistes qui conjuguent  les talents de comédiens, danseurs, chanteurs, acrobates, dans une scénographie  fabuleuse de beauté et de raffinement, utilisant tous les procédés modernes du genre, sans levée de rideau, les artistes déménageant eux-mêmes les accessoires et le mobilier entre les scènes en des mouvements très fluides. La chorégraphie pleine d’invention elle aussi  met en relief le talent et la fougue des artistes sur une musique joyeuse, un rhapsodic ballet (dixit Gershwin) agréablement arrangé pour un orchestre de chambre de  19 musiciens, l’Ensemble instrumental du Châtelet; on entend avec bonheur de nombreuses partitions du Maitre, l’Américain à Paris, bien-sûr mais aussi  le Concerto en fa et la Seconde Rapsodie, et de nombreuses chansons (on les connait toutes ! ) extraites du film de Minelli  plus quelques autres moins connues extraites du catalogue des ayant droits, le tout excellemment interprété. Bref, ce spectacle époustouflant mérite tous les superlatifs. Bien qu’il se joue à guichet fermé, on peut trouver quelques places  en se pointant à la réservation du théâtre comme je l’ai fait quelques jours avant la séance.

Et la troisième soirée? Je serai court: j’ai vu la retransmission à la télévision des Parapluies de Cherbourg donné au Châtelet (encore !) avec Michel Legrand et son orchestre sur la scène, plastronnant au milieu de chanteurs comédiens chargés d’animer le spectacle, dans un décor d’une indigence…  Bref, dommage pour la musique, mais après Un Américain à Paris, ce concept de spectacle ne nous a pas  paru mériter plus d’un quart d’heure de notre attention. :-/

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