Lectures : de Vigan, Enard, Goncourts 2015

Je suis très (trop ?) sensible à l’événementiel littéraire. C’est ainsi que je me suis fait offrir les deux romans qui concouraient en 2015 au prix Goncourt, D’après une histoire vraie de Delphine de Vigan  et Boussole de Mathias Enard. Ce dernier a remporté finalement la mise quand le roman de Delphine de Vigan recueillait le Goncourt des lycéens – un prix qui se mérite aussi; Mathias Enard l’avait d’ailleurs remporté en 2010.

Après lecture, qu’en dire ? Le premier, Histoire vraie se lit en une soirée. Nombreux passages un peu soûlants de psychologisme  féminin, mais finalement ça se lit bien, même si l’intrigue – une amitié féminine  qui devient encombrante et se termine en cauchemar – se révèle un peu ténue, ce qui peut expliquer les longueurs. Il en reste la marque d’une belle écriture.

Sur l’échelle de la facilité, le bouquin d’Enard se situe à l’opposé. C’est le genre de roman épais pour ne pas dire touffu, qui résulte d’une intense et passionnée recherche historique par l’auteur, travail énorme, un peu comme l’était cet autre fameux Goncourt,   Les Bienveillantes (2006) de John Littel. En l’occurrence il s’agit non pas de la deuxième guerre mondiale mais  de ce mouvement littéraire et sociologique que l’on dénomme Orientalisme, très à la mode au XIXe siècle et au début du XXe. Il est vu ici à travers le prisme d’une douce mais douloureuse nostalgie racontée lors dune longue nuit d’insomnie par Franz, un professeur de musicologie franco-autrichien insomniaque. Il nous raconte ses voyages et surtout ses rares moments d’un amour raté avec la belle Sarah, une française ethnologue distinguée avec qui il a voyagé et étudié en Syrie et en Iran principalement. Là encore il faut savoir lire un peu plus vite certains passages  alourdis par trop de citations, d’érudition un peu gratuite sur l’orient rêvé ou réel de nombreux écrivains, scientifiques, artistes et aventuriers qui ont nourris l’histoire de l’Orientalisme de leur écrits. A cette liste il faudra désormais ajouter Mathias Enard, germaniste distingué ayant (surement) fait « Langues O ».
Dans ce roman où l’on apprend beaucoup de choses, (mais que retiendra t-on ?) il reste finalement le récit d’un bel  amour raté, une « affaire » qui, a elle seule mérite d’être lue.

Roman-Polanski-et-Guillaume-DurandProchaine lecture : « Roman » de Polanski. Voilà décidément un « people » qui me fascine ! (voir ICI)

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