Musique française avec l’Orchestre Lamoureux, direction Fayçal Karoui

Au siècle dernier, le bourgeois parisien allait au Concert le dimanche après-midi. Le Théâtre des Champs Élysées s’était fait une spécialité de ces concerts, avec notamment les Concerts Lamoureux qui y ont créé nombre de grandes pièces du répertoire français.
Dimanche après-midi – après la salle Pleyel, la veille – c’est mon tour, la tradition perdure.
faycal-au-TCE
Je suis au TCE pour le concert de 17H de l’orchestre Lamoureux avec un programme bien français : Mort d’Heathcliff, suite d’Orchestre tiré du ballet Wuthering Heights de Philippe Hersant, le Concerto pour deux pianos et orchestre de Francis Poulenc, la Symphonie en si bémol majeur opus 20 de Ernest Chausson et enfin España de Emmanuel Chabrier, que du beau linge !
La salle est aux trois quarts pleine; une foule bon enfant d’habitués des 3e et 4e âge s’engage lentement entre les allées et fauteuils, convoyée par de vénérables ouvreuses outrageusement maquillées… « Attention à la marche ! » (il faut bien mériter son pourboire…). Les traditions bourgeoises séculaires sont respectées.
L’orchestre s’installe, débordant de la scène, et enfin le maitre de cérémonie s’avance d’un pas rapide sous les applaudissements, Fayçal Karoui, Le Chef, est là ! Que vois-je? Il a un micro à la main. Avec beaucoup d’humour et d’élégance, maitrisant parfaitement sa communication, il nous présente le programme, tel un Jean-François Zygel !
Ah, il est bien loin le temps – le temps du chef précédent, Yutaka Sado – où l’Orchestre Lamoureux nous accueillait à l’entrée du Théâtre en proposait aux quelques spectateurs volontaires d’assister au concert sur la scène, au milieu des musiciens… C’est ainsi que je me suis retrouvé assis à coté d’un corniste, un œil sur sa partition, l’autre scrutant la salle… un grand souvenir !

Aujourd’hui, c’est le Show de Fayçal. Il dirige – fort bien – son orchestre à sa façon très extravertie, grands gestes expressifs, quelques pas de danse sur España, chantant avec l’orchestre; il vit sa musique sans complexe, sans cacher son émotion, et son public lui est manifestement acquis, bête de scène pleine d’un charisme incroyable. Et pourtant il n’a pas trop changé depuis les années 90s où je l’ai bien connu, étudiant au CNSMD  quand il venait chercher chez moi le CD de la 9e de Beethoven qu’il avait à étudier, ou à la sortie du Châtelet, lorsqu’il m’apprit fièrement qu’il partait aux Etats-Unis pour prendre la Direction du New York City Ballet.

Le concerto de Poulenc fut magnifiquement interprété par un Frank Braley et une Hélène Mercier en pleine forme. Ils nous gratifièrent d’un bis également bien connu et célèbre, L’embarquement pour Cythère du même Poulenc.
La Mort d’Heathcliff de Hersant, musique funèbre nous fut expliquée en préambule par Faycal, explications des thèmes et phrases musicales illustrées par l’orchestre, façon Zygel – avant l’exécution complète; une bien belle musique qui utilise une vièle à roue pour « chanter » un air populaire, une musique « moderne » et non pas « contemporaine », car ce mot « fait peur » nous dit Fayçal dans son discours introductif.
La Symphonie de Chausson était la seule œuvre que je ne connaissais, belle pièce qui mériterait une nouvelle écoute.
Enfin España qui fut bissé à la demande du public – sur une suggestion malicieuse de Fayçal – nous mit en joie en cette fin d’après midi musicale.

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