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Leoš Janáček au Théâtre du Châtelet : la leçon de Jean François Zygel – Paris 14 février 2009

Serions-nous devenus fous pour aller écouter du Leoš Janáček un soir de la Saint-Valentin ? N’est-il pas ce compositeur réputé austêre et sombre dont on connaît si peu les œuvres hormis sa petite renarde rusée ? Faisant fi de ces apriori, beaucoup de mélomanes auront pourtant répondu à l’invitation de Jean-François Zygel . Une nouvelle leçon du maestro intitulée « Janáček et l’expressionnisme » ça ne se refuse pas.

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La Nuit de l’impro à  Paris : une joyeuse sérénade orchestrée par Jean-François Zygel au Châtelet

Ce Samedi 17 mai 2008, un programme copieux, réparti sur quatre heures, de 21 h à  1 heure du matin, favorisait une belle et riche distribution musicale.* Une suite de divertimento servie en trois sets – trois entractes sans discontinuer, voilà  le menu original de la soirée.
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Zygel raconte MESSIAEN au Châtelet

Jean-François Zygel a consacré à  Olivier Messiaen sa Leçon de musique du lundi 5 mai 2008 , commémorant ainsi le centenaire de sa naissance (1908 -2008). « J’y étais ! » 🙂

En attendant Zygel et Messiaen Nous voici hissés au deuxième balcon côté jardin. En levant la tête vers le plafond aux oracles , on peut lire en regardant droit devant soi deux d’entre eux : « musique et féerie » , cela s’annonce bien ! Les habitués et abonnés à  la leçon magistrale se sont précipités dès l’ouverture vers le parterre et ses confortables fauteuils d’orchestre.
Voilà  donc tout le charme du « placement libre ». Les autres s’organisent au mieux, calculant qui la visibilité, qui la meilleure écoute possible.Tout le monde lit le journal musical Cadences remis à  l’entrée, papote ou déchiffre le programme du soir, mais tout le monde est prêt.  La scène du Châtelet attend, la salle aussi Il est 20 h.
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Improvisons… l’improvisation !

Bientôt les vacances! On va enfin parler d’autre chose que de Zygel sur ce blog !
Justement, Zygel (Zyzie pour les bloggeuses impertinentes) , Professeur d’improvisation au Conservatoire, comme on le sait a fait sa derniêre leçon à  la Mairie du 20e (juste avant les élections) sur ce thême.
Je résumerais ses propos en disant que l’improvisation, ça ne s’enseigne pas!
Un peu court quand même, ce résumé? Alors improvisons un billet sur ce thême.
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L’harmonie selon Jean-François Zygel

Rédaction et adaptation des illustrations sonores d’après les notes prises lors de La leçon de musique du 6 avril 2007 à la Mairie du XXe à Paris. Plus de détails? Voir mes 20 Leçons d’harmonie

Au début était…la monodie, le cantus en ison, le chant mélodique a capella, un chant égal « qui ne roule que sur deux sons » comme le dit joliment Jean-Jacques Rousseau dans son Dictionnaire de la musique.
Un chant sans aucun accompagnement, tel que le chantaient peut-être les premiers chrétiens dans leurs églises…
Écoutons ce « Super flumina Babylonis » [1]:

Super flumina Babylonis
[dewplayer:http://gilleslf.free.fr/N128/pr01_Super_flumina_Babylonis.mp3]

On ne parlait pas d’harmonie à l’époque, pas plus que d’harmonie entre les peuples… Le Peace and Love viendra beaucoup plus tard, après les « notes qui s’ aiment » de Mozart.
Notez combien nombreux sont ces termes de musique utilisés dans des sens différents dans le langage courant, qu’il s’agisse d’harmonie des couleurs, de fugue de la petite dernière, du canon du fusil, de la modulation de la voix…mais revenons à nos moutons.

Donc en ce temps là, l’harmonie n’existait pas.
Remarquons d’ailleurs qu’elle n’existe toujours pas dans 80% des musiques du monde.
On reconnaît partout le rythme, la mélodie, l’orchestration, et même la forme, avec le modèle ABA de la chanson et de son refrain. Mais qui a jamais entendu ces exclamations : « Oh! Quelle belle marche de quinte! » à l’écoute de Brahms, ou « Tiens, une pédale de dominante! »? L’harmonie, cette science de l’enchaînement des accords est le cœur de la musique. Elle reste la grande spécialité de la musique occidentale.
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Le scherzo selon Jean-François Zygel

C’est en nous amusant, « scherzando » en italien (*) que JFZ nous a parlé vendredi dernier, à la Mairie du XXe de Paris du scherzo, cette forme musicale, pièce d’énergie et de caractère que l’on trouve habituellement en troisième partie de la forme sonate, mais qui peut constituer un morceau à lui tout seul, tel « L’apprenti sorcier » de Dukas.

Le scherzo, c’est comme le sandwich nous dit JFZ : du pain (le scherzo proprement dit), du jambon (le trio, intermède au ton plus doux), et du pain à nouveau.
Ce sandwich là se déguste sur un rythme à trois temps, plutôt vif, comme son ancêtre le menuet de Lully, même si Beethoven, pour se faire remarquer en a composé un à deux temps (op. 131) et Prokofiev un autre à quatre temps et Debussy à …5 temps.
L’histoire du scherzo, véritable tranche d’histoire de la musique s’étend sur deux siècles, en gros de Beethoven à nos jours. Avant, on trouve déjà un scherzo chez Haydn (Op. 33), mais il s’agit là d’une pièce « scherzando » (« pour rigoler ») plutôt que d’un vrai scherzo, comme le serait davantage son « menuet » opus 94 écrit 17 ans plus tard.
Mais la structure en sandwich ne rend pas compte de la véritable complexité de cette forme musicale, telle que l’a développée Beethoven, par exemple, le Roi du scherzo (plus de 100 scherzos à son répertoire).
Chaque tranche de pain se subdivise en effet en plusieurs parties plus ou moins symétriques qui interagissent en variant les thèmes, les nuances, les jeux de cadences, le rythme.
Dans la première période du scherzo, on répétait simplement le premier thème et on enchaînait sur un second thème, dans une forme de type AAB. Plus tard on va compliquer en doublant chaque partie, AABB.
Au XXe siècle, Franck et ses élèves, les Fauré, Debussy, Ravel multiplient les formes nouvelles. Ravel invente une nouvelle symétrie avec la structure A(A+B)A où¹ les thèmes A et B sont imbriqués sur plusieurs voix dans la partie centrale. Johan Alain va jusqu’à inventer la forme B, A, B (…?); Debussy complique les choses en introduisant des thèmes récurrents dans toutes les parties, y compris dans cet intermède qu’est le trio, pièce centrale de la forme scherzo, il invente le « scherzo variation » avec des rythmes à 5 temps joués en pizzicati.

Mais tout cela ne rend pas compte de l’essence même du scherzo, qui est d’exprimer l’humour, l’humeur et plus généralement les sentiments.
– L’humour avec des pièces qui empruntent au style du « landler »(**), cette pièce paysanne au rythme appuyé sur le premier temps. Exemple, Mozart: DO SI DO MI DO SOL MI FA RE LA SOL MI etc. ou Mahler dans sa 9e symphonie:
– L’humeur, parfois sombre, pesante de Beethoven, qui joue sur le matériau et l’opposition énergétique dans sa messe en Ut.
– Les sentiments qui résultent encore du travail sur le matériau de Schubert avec le scherzo de « La jeune fille et la mort » – dans une forme de type AABCAAD , où la partie scherzo est triste et le trio consolateur.
– Sans oublier les scherzos « grotesques » (à la fausse trivialité) de Chostakovitch (plus de 30 scherzos dans son œuvre), vulgaire au second degré, ou les scherzos fiévreux, haletants d’un Schumann dans ses quatuors sonates, ou encore le coté fluide et coloré des scherzos de Debussy ou Ravel, très espagnolisant.
Terminons en musique, comme dirait JFZ, avec cet extrait du scherzo op.61/1 du Songe d’une nuit d’été que Mendelssohn a écrit à 17 ans(***).
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(*), « C’est pour le fun » diraient les québécois, « c’est rock’nroll » disent certains français.
(**) C’est notre « contredanse », en français. JFZ a fait allemand première langue ! 🙂
(***) La 17e leçon de mes 20 Leçons d’harmonie donne plus de détails sur le scherzo et les formes de la musique savante.

Comment trousser la chanson pour en faire un tube

A tous ces innocents qui composent des chansons pour devenir un jour riches et célèbres, Jean-François Zygel dans sa dernière leçon de musique livre ici, par mon entremise (un tantinet simplificatrice, je le concède) quelques recettes qui devraient constituer autant de clés du succês. 😉
Pour devenir immortelle, une chanson doit bien conjuguer ses quatre éléments: la mélodie, les paroles, un thème dans l’air du temps (c’est son aspect « social » qui fait qu’une chanson c’est autre chose que de la bonne musique) et un bon interprète! Et tout d’abord, foin d’ une idée reçue, il n’est pas nécessaire de composer les paroles d’abord et de les mettre en musique ensuite. Les exemples sont innombrables de chansons qui ont percées, depuis les chansons anciennes sur l’air de, (on disait « sur le timbre ») qui nous sont transmises depuis le 16e siêcle jusqu’à  celles d’un Norbert Glanzberg, bien obligé de composer sans les paroles puisqu’il ne parlait même pas le français quand il composa Padam, Padam, chanté par Edith Piaf.

Le secret ici? La mélodie. Pour qu’elle se retienne facilement, rien de tel que de jouer la simplicité en utilisant la symétrie et/ou la répétition de motifs mélodique ou rythmique dans le thème, par exemple quatre rondes suivies de quatre croches brèves, ou notes disposées par groupes (par exemple quatre plus trois, ou successions de notes égales, huit noires, etc), ces notes étant conjointes ou au contraire piquées (mais là, on rejoint l’interprétation). Et surtout garder une tessiture « humaine », ne jamais aller chercher les notes dans les aigus car les paroles seraient incompréhensibles (cf. les opéras!). Le rythme contribue également à la qualité de la mélodie. Sur un rythme de danse connue, la mélodie se retient mieux: le branle au 16e siêcle (deux pas à  droite, deux pas à  gauche!), la valse depuis Mozart (encore lui!) avec ses déclinaisons viennoises ( 2e temps anticipé), berlinoise (rythme très carré d’un Kurt Weill), musette, tango des familles, etc.

Les paroles ensuite. Qu’elle soient homophoniques ou en imitation (dans le cas de chorales), elles doivent rester compréhensibles et pour cela, trois règles doivent être respectées: (1) éviter les aigus, nous l’avons dit, (2) être syllabique, (3) respecter un débit récitatif imitant le langage parlé (cf. Arletty chantant « Mon homme »). Pour que votre chanson rencontre le succès, il lui faut un thème dans l’air du temps, l’amour étant bien sûr un thème éternel et donc réputé inusable. Enfin l’interprète: l’un fait le succès de l’autre. Evidemment quand la chanson est nouvelle, mieux vaut un interprète connu.