Archives du mot-clé musique de film

Lalo Schifrin s’explique

Le Monde de ce jour publie l’interview de Lalo Schifrin, 84 ans, grand compositeur de films (Mission impossible, Bullitt, L’Inspecteur Harry…), l’un des trois « grands » nés avant la guerre avec Michel Legrand et Ennio Morricone – dont on vient de souhaiter l’anniversaire hier.
Né en Argentine, il y fut l’élève de Enrique Barenboim, le père de Daniel, et plus tard celui de Messiaen, au conservatoire de Paris dans les années 50s. Pianiste de jazz, il joua notamment dans l’orchestre de Dizzy Gillespie. Cet interview est émaillé de considérations fort intéressantes sur la musique classique et le jazz, le style, la forme en musique. A lire ci-dessous. Continuer la lecture de Lalo Schifrin s’explique 

Grandes marées

Je n’étais pas totalement satisfait de mon Caminando 1ère version, notamment du fait de sa forme (une 3e partie trop différente des 2 précédentes). Je l’ai donc repris en modifiant la fin et en allongeant le tout de plus d’une minute. C’est plus homogène.

Voici la nouvelle version audio :

Et ce n’est pas tout ! Comme j’avais par ailleurs envie de faire un bout de film vidéo sur une de mes musiques, non pas un film avec une musique de film mais l’inverse, une musique accompagnée, illustrée  par la vidéo, j’ai pensé utiliser les photos d’un récent voyage en Bretagne et d’en formater la réalisation sur le musique de Caminando nouvelle manière

Le thème de ce petit bout de vidéo (8 mn) : les Grandes marées. Continuer la lecture de Grandes marées 

Rachmaninov, l’homme d’Hollywood

JLF> Je recycle ce billet publié le 4 mars 2006 avec ses commentaires de l’époque

Notre cher Jean-François Zygel nous le rappelait fort justement dans sa dernière leçon de musique: Serge Rachmaninov (Rachmaninoff avec deux f pour les américains) a vécu les 27 dernières années de sa vie en Amérique (comme Stravinsky), où il a nourri la moitié de la musique de film d’Hollywood.
Qu’est-ce à dire? Simplement qu’on a arrangé sa musique pour s’en servir dans une bonne moitié des films (ou des pubs télé), notamment celle de son prélude en do mineur (dont il avait oublié de déposer les droits…) ou qu’on s’en est inspiré pour l’autre moitié!
N’est-ce pas déjà la preuve d’un talent reconnu quand certains le considèrent encore dédaigneusement comme un romantique attardé (il est vrai qu’il est né en 1873, un an seulement avant Schoenberg), voire comme le compositeur d’une musique boursouflée, vulgaire… Propos de jaloux évidemment.
On connaît tous sa musique sans savoir qu’elle est de lui, bien qu’il ait pourtant tout fait pour se faire connaître, « un concert presque chaque jour pendant trois mois entiers à l’automne 1909 », écrit-il!
Nous allons vous en administrer la preuve immédiatement avec les quelques exemples sonores qui suivent. Nous nous en servirons aussi pour tenter de comprendre comment cette musique fonctionne. Avec un petit QUIZ (et 4 dièses) à la clé.

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La seule fonction réelle de la musique de film, c’est de nourrir le compositeur

Hier soir, j’étais au Grand Rex, un cinéma classé monument historique avec sa salle mythique de 3000 places; décoration arts déco façon 1930 avec ciel étoilé, colonnades grecques en carton pà¢te, fauteuils club très confortables, une scène plus grande que celle de l’Opéra (*)… Pas de film comme c’est habituel ici ni de spectacle de music-hall. Une sono três sophistiquée en fond de salle servie par des ingénieurs du son britanniques. Sur scêne, une foule d’instruments plus ou moins hétéroclites : outre ceux habituels de l’orchestre symphonique, un orgue Hammond, un verrophon (cet instrument fait de tubes de verre dont on joue en les frottant avec des doigts mouillés et dont le son rappelle les Ondes Martenot), des claviers (2 Tritons de chez Korg), un piano à  queue, un vibraphone, kalimba, etc. Il est 20H30, on attend toujours sagement depuis 20H00 que le spectacle commence; la salle continue de se remplir lentement, patiemment, beaucoup d’étrangers, anglais, allemands, polonais, beaucoup de gens invités… Les spectateurs qui ont payés leur place, les habitués des salles de concerts classiques arrivés à  l’heure par habitude montrent à  peine leur impatience. Drôle d’ambiance faite de ferveur; on se croirait dans une église mexicaine un jour de Pâques, juste avant la messe ! Enfin, à  20H45, les musiciens envahissent la scêne silencieuse, dans la pénombre; seules les ampoules des pupitres éclairent (mal) la salle. Suivent une quarantaine de chanteurs réunis en chœur en fond de scène.
Enfin, un grand type – chemise et pantalon noirs, crâne luisant dans la maigre lumière d’un projecteur – monte sur l’estrade, lève sa baguette, et tout doucement la musique nous envahit, toujours dans la pénombre. C’est « Silence, Night and Dreams« .
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Le déclin de l’empire américain

Gros temps sur la Côte Nord hier, à  ne pas mettre une baleine dehors (sauf les baleines de parapluies). Au point que notre traversier déclare forfait et qu’il nous faut rouler 200 km de plus pour en trouver un autre et franchir les 63 km de large du St Laurent.
Heureusement, il y a Radio Québec, sa bonne humeur et ses histoires drôles.Un exemple :
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