Archives du mot-clé Composition

Petite suite pour piano solo

Et voici ma dernière composition :

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Et le lien vers la partition.
Et ce qu’en dit la critique :
« Très originale Suite pour piano de 5 tableaux pianistiques écrits par un pianiste-compositeur et improvisateur à la plume mordante et sarcastique. Continuer la lecture de Petite suite pour piano solo 

« Deep learning » et musique artificielle

Une machine qui compose de la musique dans un style donné, vous en connaissez, à part les petits élèves de composition savamment programmés au Conservatoire? Utopie jusqu’à il y a peu, le « deeep learning » est une nouvelle méthode de traitement qui révolutionne le sujet en matière d’intelligence artificielle. Continuer la lecture de « Deep learning » et musique artificielle 

Concours de Composition – University of Illinois

On nous communique :
Hi,

Below please find the guidelines and the link for the online submission of scores to the 2015 Salvatore Martirano Memorial Composition Award. Please include this in your list of opportunities for composers.
Thanks for your help in promoting this award.

Best,
Zack Browning
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The University of Illinois School of Music and Global Crossroads Living-Learning Community present:

The 2015 Salvatore Martirano Memorial Composition Award

Eligibility: Any composer, regardless of age or nationality is eligible. Previous winners, faculty, and currently-enrolled students at the University of Illinois are ineligible for the competition.

Awards: First Prize cash award of $1000 and second prize cash award of $500 plus performances by the University of Illinois Modern Ensemble in September of 2015 at the Krannert Center for the Performing Arts. Additional awards and performances may be given at the discretion of the judges. Continuer la lecture de Concours de Composition – University of Illinois 

Concours de Printemps 2011- And the winner is…

En fait il sont trois.
Trois gagnants cette fois, compte tenu d’un trop plein de bonnes musiques sur nos forums – mais qui s’en plaindrait?
Le jury de 9 personnes a sélectionné 33 morceaux parmi ceux proposés par les compositeurs à jour de leur cotisation, comme le veut notre Règlement. Cette liste alimentera le TopTen du site. Un Premier prix et deux Deuxième Prix ont été décernés.

Le Premier prix va à Jean-Louis Peru pour « Azortine, à écouter ici. Continuer la lecture de Concours de Printemps 2011- And the winner is… 

Le scherzo selon Jean-François Zygel

C’est en nous amusant, « scherzando » en italien (*) que JFZ nous a parlé vendredi dernier, à la Mairie du XXe de Paris du scherzo, cette forme musicale, pièce d’énergie et de caractère que l’on trouve habituellement en troisième partie de la forme sonate, mais qui peut constituer un morceau à lui tout seul, tel « L’apprenti sorcier » de Dukas.

Le scherzo, c’est comme le sandwich nous dit JFZ : du pain (le scherzo proprement dit), du jambon (le trio, intermède au ton plus doux), et du pain à nouveau.
Ce sandwich là se déguste sur un rythme à trois temps, plutôt vif, comme son ancêtre le menuet de Lully, même si Beethoven, pour se faire remarquer en a composé un à deux temps (op. 131) et Prokofiev un autre à quatre temps et Debussy à …5 temps.
L’histoire du scherzo, véritable tranche d’histoire de la musique s’étend sur deux siècles, en gros de Beethoven à nos jours. Avant, on trouve déjà un scherzo chez Haydn (Op. 33), mais il s’agit là d’une pièce « scherzando » (« pour rigoler ») plutôt que d’un vrai scherzo, comme le serait davantage son « menuet » opus 94 écrit 17 ans plus tard.
Mais la structure en sandwich ne rend pas compte de la véritable complexité de cette forme musicale, telle que l’a développée Beethoven, par exemple, le Roi du scherzo (plus de 100 scherzos à son répertoire).
Chaque tranche de pain se subdivise en effet en plusieurs parties plus ou moins symétriques qui interagissent en variant les thèmes, les nuances, les jeux de cadences, le rythme.
Dans la première période du scherzo, on répétait simplement le premier thème et on enchaînait sur un second thème, dans une forme de type AAB. Plus tard on va compliquer en doublant chaque partie, AABB.
Au XXe siècle, Franck et ses élèves, les Fauré, Debussy, Ravel multiplient les formes nouvelles. Ravel invente une nouvelle symétrie avec la structure A(A+B)A où¹ les thèmes A et B sont imbriqués sur plusieurs voix dans la partie centrale. Johan Alain va jusqu’à inventer la forme B, A, B (…?); Debussy complique les choses en introduisant des thèmes récurrents dans toutes les parties, y compris dans cet intermède qu’est le trio, pièce centrale de la forme scherzo, il invente le « scherzo variation » avec des rythmes à 5 temps joués en pizzicati.

Mais tout cela ne rend pas compte de l’essence même du scherzo, qui est d’exprimer l’humour, l’humeur et plus généralement les sentiments.
– L’humour avec des pièces qui empruntent au style du « landler »(**), cette pièce paysanne au rythme appuyé sur le premier temps. Exemple, Mozart: DO SI DO MI DO SOL MI FA RE LA SOL MI etc. ou Mahler dans sa 9e symphonie:
– L’humeur, parfois sombre, pesante de Beethoven, qui joue sur le matériau et l’opposition énergétique dans sa messe en Ut.
– Les sentiments qui résultent encore du travail sur le matériau de Schubert avec le scherzo de « La jeune fille et la mort » – dans une forme de type AABCAAD , où la partie scherzo est triste et le trio consolateur.
– Sans oublier les scherzos « grotesques » (à la fausse trivialité) de Chostakovitch (plus de 30 scherzos dans son œuvre), vulgaire au second degré, ou les scherzos fiévreux, haletants d’un Schumann dans ses quatuors sonates, ou encore le coté fluide et coloré des scherzos de Debussy ou Ravel, très espagnolisant.
Terminons en musique, comme dirait JFZ, avec cet extrait du scherzo op.61/1 du Songe d’une nuit d’été que Mendelssohn a écrit à 17 ans(***).
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(*), « C’est pour le fun » diraient les québécois, « c’est rock’nroll » disent certains français.
(**) C’est notre « contredanse », en français. JFZ a fait allemand première langue ! 🙂
(***) La 17e leçon de mes 20 Leçons d’harmonie donne plus de détails sur le scherzo et les formes de la musique savante.

Comment trousser la chanson pour en faire un tube

A tous ces innocents qui composent des chansons pour devenir un jour riches et célèbres, Jean-François Zygel dans sa dernière leçon de musique livre ici, par mon entremise (un tantinet simplificatrice, je le concède) quelques recettes qui devraient constituer autant de clés du succês. 😉
Pour devenir immortelle, une chanson doit bien conjuguer ses quatre éléments: la mélodie, les paroles, un thème dans l’air du temps (c’est son aspect « social » qui fait qu’une chanson c’est autre chose que de la bonne musique) et un bon interprète! Et tout d’abord, foin d’ une idée reçue, il n’est pas nécessaire de composer les paroles d’abord et de les mettre en musique ensuite. Les exemples sont innombrables de chansons qui ont percées, depuis les chansons anciennes sur l’air de, (on disait « sur le timbre ») qui nous sont transmises depuis le 16e siêcle jusqu’à  celles d’un Norbert Glanzberg, bien obligé de composer sans les paroles puisqu’il ne parlait même pas le français quand il composa Padam, Padam, chanté par Edith Piaf.

Le secret ici? La mélodie. Pour qu’elle se retienne facilement, rien de tel que de jouer la simplicité en utilisant la symétrie et/ou la répétition de motifs mélodique ou rythmique dans le thème, par exemple quatre rondes suivies de quatre croches brèves, ou notes disposées par groupes (par exemple quatre plus trois, ou successions de notes égales, huit noires, etc), ces notes étant conjointes ou au contraire piquées (mais là, on rejoint l’interprétation). Et surtout garder une tessiture « humaine », ne jamais aller chercher les notes dans les aigus car les paroles seraient incompréhensibles (cf. les opéras!). Le rythme contribue également à la qualité de la mélodie. Sur un rythme de danse connue, la mélodie se retient mieux: le branle au 16e siêcle (deux pas à  droite, deux pas à  gauche!), la valse depuis Mozart (encore lui!) avec ses déclinaisons viennoises ( 2e temps anticipé), berlinoise (rythme très carré d’un Kurt Weill), musette, tango des familles, etc.

Les paroles ensuite. Qu’elle soient homophoniques ou en imitation (dans le cas de chorales), elles doivent rester compréhensibles et pour cela, trois règles doivent être respectées: (1) éviter les aigus, nous l’avons dit, (2) être syllabique, (3) respecter un débit récitatif imitant le langage parlé (cf. Arletty chantant « Mon homme »). Pour que votre chanson rencontre le succès, il lui faut un thème dans l’air du temps, l’amour étant bien sûr un thème éternel et donc réputé inusable. Enfin l’interprète: l’un fait le succès de l’autre. Evidemment quand la chanson est nouvelle, mieux vaut un interprète connu.