Archives du mot-clé compositeur

Marc-André Dalbavie, Compositeur

A propos de l’article récent « Moi Pascal Dusapin, compositeur contemporain »
François Duhamel (Bricas), compositeur partenaire de MusiComposer faisait, au vingt-quatrième commentaire de ce billet, cette remarque judicieuse :

« Je trouve que d’autres compositeurs français actuels ont vraiment quelque-chose à dire, comme par exemple Connesson, Dutilleux, Escaich, Dalbavie… »
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Moi, Pascal Dusapin, compositeur contemporain

Je me présente : je m’appelle Pascal Dusapin. Je suis compositeur depuis l’âge de 18 ans. Un journaliste du Monde dans un interview d’avril 2009 a écrit : “On dit qu’il est le plus connu et le plus joué en France et à l’étranger après Henri Dutilleux ». Le « on » était un peu téléphoné, je l’avoue, mais c’était nécessaire. Je plaidais alors la cause de l’autodidacte, du « bon sauvage » de la musique contemporaine que je prétendais être. Ce dernier week-end, j’ai pris la plume moi-même, toujours dans le Monde pour renouveler ce portrait. J’aime bien ce journal, il est très lu par mes commanditaires. J’ai besoin de publicité pour vivre, on va bientôt jouer ma musique à Pleyel – hélas avec celle de Dutilleux et Ravel –  il me faut donc faire un peu de teasing, attirer les foules.  Le thème de mon article était tout choisi en ce mois de septembre qui se veut le mois de la musique contemporaine. Je l’ai intitulé « Musiques sans frontières », au pluriel, par référence à la « WordMusic ». Oui, j’aime les anglicismes, on me reproche d’ailleurs d’en avoir émaillé mon article… mais ne suis-je pas un artiste international ? J’ai quand même sous-titré l’article « Au-delà des étiquettes et des chapelles, le paysage musical contemporain est une nébuleuse passionnante et mondiale« , histoire d’être bien compris. Car l’article fait une pleine page du journal, mais si vous avez lu le titre et le sous-titre, inutile -entre nous- de lire le reste : j’ai laïussé un maximum, mon contrat de pigiste prévoyant une page entière.
Ah non, pardon ! Lisez aussi la présentation que le journal a faite de moi, avec ma photo, car elle renouvelle le portrait par trop misérabiliste de mon interview de l’année dernière. Jugez-en tout de suite, d’ailleurs, car vous ne trouverez pas ces lignes dans les archives du Monde.fr :
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Florentine Mulsant : portrait d’un compositeur

Florentine Mulsant est compositeur(*), membre du jury de notre concours de Composition de MusiCommposer.
Elle me reçoit le 14 juin dernier dans sa maison de ville aux murs blancs, une maison qui s’étage joliment sur le coteau du Mont Valérien avec de grandes baies s’ouvrant plein sud sur une vue imprenable de Paris.  La Tour Effel s’invite, au loin.


Je l’écoute. Elle se raconte, calme, sérieuse, précise, très attentive et contrôlée. Puis tout à coup elle éclate de rire. Je la prends en photo.
Une heure  et demie  d’un entretien dense, dont je sortirai pourtant avec l’impression d’être passé à coté de plein de choses.
Peur d’être indiscret?

J’ai débuté le piano à l’âge de dix ans, quand un piano est entré dans la maison familiale. Ce fut le déclic. Mes parents habitaient à Melun à l’époque. J’ai pris des cours particuliers et, poussée par mes professeurs, des cours de solfège accélérés. J’allais à Paris une fois par semaine pour préparer le Concours du Conservatoire afin d’y entrer avant l’âge limite de 15 ans. Continuer la lecture de Florentine Mulsant : portrait d’un compositeur 

Jazz à  Pleyel avec Michel Legrand

En ce samedi soir du 28 février 2009, l’auditoire de la Salle Pleyel s’est rajeuni, et la salle elle-même est méconnaissable,  avec sa scène toute de noir vêtue, considérablement « raccourcie » mais suffisamment spacieuse  pour loger confortablement un orchestre de seize musiciens, plus les quatre ou cinq lutins rasant les marches et se déployant  discrètement avec leurs lourdes caméras tout au long du concert. Nous sommes dans un concert de jazz, pas à la messe, dira plaisamment un spectateur à l’entracte, à l’attention d’un voisin mécontent des habituels applaudissements qui ponctuent les solos du London Jazz Band Orchestra. Ces excellents musiciens accompagnent Michel Legrand dans sa  tournée mondiale, nous dit le programme, tournée qui débute ce soir avec cette soirée de gala Legrand jazz (Le Grand jazz?). Soirée d’anniversaire, aussi. Le maestro a fêté ses 77 ans il y a trois jours, et il en profite pour fêter également, avec nous, ses cinquante ans de carrière. Une carrière  de compositeur, de pianiste et de chanteur, une immense carrière de musicien touche-à-tout.
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Olivier Calmel, portrait d’un compositeur lauréat

Un long jeune homme à l’allure d’éternel étudiant entre derrière moi dans ce café de la place de la Nation où nous nous sommes donnés rendez-vous.
Olivier Calmel ©photo JLF Ce que je préfère dans la vie ? Les jolies femmes !

Hum ! Avec cette affirmation souriante, Olivier voudrait donner le ton. Mais cet entretien de deux heures nous brosse le portrait d’un homme certes enjoué, mais réfléchi, résolu, passionné par son métier de compositeur, un brin romantique nous dit-il, bref… tout sauf un dilettante!
Dans la vie, j’ai un principe : je vais toujours jusqu’au bout de ce que j’entreprends.
Ça, avec cet air sérieux et décidé, on veut bien le croire  ! 🙂
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La seule fonction réelle de la musique de film, c’est de nourrir le compositeur

Hier soir, j’étais au Grand Rex, un cinéma classé monument historique avec sa salle mythique de 3000 places; décoration arts déco façon 1930 avec ciel étoilé, colonnades grecques en carton pà¢te, fauteuils club très confortables, une scène plus grande que celle de l’Opéra (*)… Pas de film comme c’est habituel ici ni de spectacle de music-hall. Une sono três sophistiquée en fond de salle servie par des ingénieurs du son britanniques. Sur scêne, une foule d’instruments plus ou moins hétéroclites : outre ceux habituels de l’orchestre symphonique, un orgue Hammond, un verrophon (cet instrument fait de tubes de verre dont on joue en les frottant avec des doigts mouillés et dont le son rappelle les Ondes Martenot), des claviers (2 Tritons de chez Korg), un piano à  queue, un vibraphone, kalimba, etc. Il est 20H30, on attend toujours sagement depuis 20H00 que le spectacle commence; la salle continue de se remplir lentement, patiemment, beaucoup d’étrangers, anglais, allemands, polonais, beaucoup de gens invités… Les spectateurs qui ont payés leur place, les habitués des salles de concerts classiques arrivés à  l’heure par habitude montrent à  peine leur impatience. Drôle d’ambiance faite de ferveur; on se croirait dans une église mexicaine un jour de Pâques, juste avant la messe ! Enfin, à  20H45, les musiciens envahissent la scêne silencieuse, dans la pénombre; seules les ampoules des pupitres éclairent (mal) la salle. Suivent une quarantaine de chanteurs réunis en chœur en fond de scène.
Enfin, un grand type – chemise et pantalon noirs, crâne luisant dans la maigre lumière d’un projecteur – monte sur l’estrade, lève sa baguette, et tout doucement la musique nous envahit, toujours dans la pénombre. C’est « Silence, Night and Dreams« .
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