Archives pour la catégorie Musiques

Barenboim à la Philharmonie

Il fait beau au sortir du métro Porte de pantin en ce samedi.
Nous nous dirigeons vers le bâtiment de la Philharmonie pour une déjeuner rapide avant concert. Les abords sont toujours aussi peu accueillants avec ces façades noires, ces entrées et couloirs obscurs, ces plafonds aux couleurs sombres. Qui  a bien pu concevoir  un environnement aussi lugubre? Jean Nouvel ? Pas de quoi pavoiser,  en effet, quand on pense aux abords des Philharmonies de Berlin ou de Lucerne, au hasard…
Le restaurant cafétéria du rez de chaussée ne propose que des sandwichs (le plat du jour est arrivé trop tard, après le début du concert nous dira plus tard la responsable). Le Café des concerts, à l’entrée du Parc ne sert sa clientèle que dans sa grande salle bruyante, et si peu conviviale, malgré la terrasse ensoleillée… Décidément, tout est la pour nous faire regretter le quartier de la salle Pleyel et ses cafés si accueillants. Même la vue du haut des terrasses ne se mérite pas vraiment, qui nous laisse voir surtout des barres d’immeubles et des tours, cachant le panorama du Paris de l’intérieur.

Et le concert?
Il s’inscrit dans le cycle de la Biennale Pierre Boulez, avec Barenboim et son Boulez Ensemble.
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La seule fonction réelle de la musique de film, c’est de nourrir le compositeur

[Recyclage d’un billet daté du 20 mars 2008]
Hier soir, j’étais au Grand Rex, un cinéma classé monument historique avec sa salle mythique de 3000 places; décoration arts déco façon 1930 avec ciel étoilé, colonnades grecques en carton pà¢te, fauteuils club très confortables, une scène plus grande que celle de l’Opéra (*)… Pas de film comme c’est habituel ici ni de spectacle de music-hall. Une sono três sophistiquée en fond de salle servie par des ingénieurs du son britanniques. Sur scêne, une foule d’instruments plus ou moins hétéroclites : outre ceux habituels de l’orchestre symphonique, un orgue Hammond, un verrophon (cet instrument fait de tubes de verre dont on joue en les frottant avec des doigts mouillés et dont le son rappelle les Ondes Martenot), des claviers (2 Tritons de chez Korg), un piano à  queue, un vibraphone, kalimba, etc.
Il est 20H30, on attend toujours sagement depuis 20H00 que le spectacle commence; la salle continue de se remplir lentement, patiemment, beaucoup d’étrangers, anglais, allemands, polonais, beaucoup de gens invités… Les spectateurs qui ont payés leur place, les habitués des salles de concerts classiques arrivés à l’heure par habitude montrent à peine leur impatience. Drôle d’ambiance faite de ferveur; on se croirait dans une église mexicaine un jour de Pâques, juste avant la messe ! Enfin, à  20H45, les musiciens envahissent la scêne silencieuse, dans la pénombre; seules les ampoules des pupitres éclairent (mal) la salle. Suivent une quarantaine de chanteurs réunis en chœur en fond de scène.
Enfin, un grand type – chemise et pantalon noirs, crâne luisant dans la maigre lumière d’un projecteur – monte sur l’estrade, lève sa baguette, et tout doucement la musique nous envahit, toujours dans la pénombre. C’est « Silence, Night and Dreams« .
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Dusapin, l’inconnu célèbre

Michel Guerin nous enjoint, dans Le Monde, d’aller écouter Pascal Dusapin, à la Philarmonie de Paris,ce WE. Helas, j’en suis trop loin. Mais ce serait dommage que les parisiens qui me lisent n’en profitent pas…

Dans le métro, entre une publicité pour une robe et une autre pour un bracelet, on est tombé sur le visage de Pascal Dusapin. Il s’affiche pour annoncer le week-end que la Philharmonie de Paris lui consacre, les 17 et 18 février. C’est un compositeur de musique contemporaine. Entendez : la musique classique d’aujourd’hui. Il a 62 ans. A son actif, près de cent cinquante œuvres, de la pièce pour piano à l’opéra. Une question nous est alors venue. Quel est son statut ? Pour un écrivain ou un cinéaste, on a une idée. Pour lui, non.

Ses œuvres ne passent pas sur les radios généralistes, son potentiel commercial est faible, son rôle social incertain. Les grands noms de cet art sont inconnus. Cela tient beaucoup au côté indocile de leur musique. Inaudible, disent les plus durs. Dans un monde où l’on rêve d’harmonie, comment entendre une voix dissonante ? Pascal Dusapin est bien placé pour répondre puisque la Philharmonie le présente comme « l’icône de la musique contemporaine ». Soit le compositeur français le plus connu et joué dans le monde.

On pensait tomber sur un écorché, Continuer la lecture de Dusapin, l’inconnu célèbre 

Don Quichotte bat la campagne

Ça y est, j’ai terminé ce Divertissement musical adapté d’une vielle compo symphonique.
Je livre ici en 14mn chrono un Don Quichotte qui se balade en musique dans les plaines de Castille, lors d’une journée pleine d’aventures plus ou moins hilarantes au sons des flûte, hautbois, clarinette en sib, cor, basson et piano.
En espérant que cette pièce plaira, mais en faisant mien ce conseil de Berlioz :« Gardez les pierres que l’on vous jette, c’est le début de votre piédestal. » 🙂

L’audio est ICI la partition (conducteur) est là.

Bonne écoute aux courageux !

Sur ce, je m’éclipse quelques semaines pour aller m’éclater sur les pentes neigeuses de mes montagnes. 🙂

L’orgue à la Philharmonie de Paris


Quelle impression incroyable que d’entendre  sous les doigts d’Olivier Latry – que dis-je ? – de VOIR SONNER  les trompettes du grand orgue comme si elles étaient physiquement avec les instrumentistes de l’Orchestre National de Lille, sous la baguette d’Alexandre Bloch, en ce début du Concerto pour orgue et orchestre d’Eric Tanguy, hier soir, à la Philharmonie de Paris !
Ecouter ensuite les flûtes de ce même Grand Orgue dessiner les motifs délicats des Offrandes oubliées d’Olivier Messiaen ! Quel sentiment étrange que d’entendre un grand orgue sonner au milieu de la salle, mariant aussi intimement ses registres à ceux de l’orchestre symphonique !

L’Orchestre National de Lille joue Saint-Saëns,
O. Latry salue l’orchestre

Le clou de la soirée fut néanmoins, après l’entracte, la 3e symphonie de Saint-Saëns. Ce fut un miracle d’équilibre acoustique entre l’orgue et l’orchestre, autant dans les passages poétiques de l’adagio du 1er mouvement que dans les tuttis du scherzo du 2e mouvement.

Rien que pour cette écoute qui transcende la musique, cela vaut la peine de fréquenter la Philharmonie, même si, pour le reste (le quartier, le trajet) on peut regretter le temps des concerts classiques à la salle Pleyel. Il me reste à expérimenter la maison de la Radio, dans son nouvel auditorium…

 

Fred Pellerin, le farfadet québécois

Conteur, acteur, chanteur, ce jeune homme a tous les talents quand il nous raconte à sa façon jubilatoire des histoires loufoques, pleines de traits d’esprits et de jeux de mots, histoires de la création (largement revisitée !) de  son village natal  de  Saint-Elie-de-Caxton  le 12 avril 1865.

Cet excellent article du Monde m’avait donné l’envie de voir son spectacle.

Aucun regret ! 😀