Archives pour la catégorie Musiques

20 leçons d’harmonie musicale de Jean-Louis Foucart

« J’aime beaucoup le coté historique du traité: 20 leçons d’harmonie. J’aime aussi beaucoup la recherche de clarté dans les explications des différents sujets… BRAVO!!!!! C’est l’ouvrage le plus intéressant que j’ai lu jusqu’ici avec « Harmony and Voice Leading » d’Edward Aldwell et Carl Schachter et le Traité d’Harmonie de Vincent d’Indy (publié dans les années 1970) ». (Majoric, organist, Quebec  Saturday 13 October 2007 @ 22:25:10)

Voilà, c’est fait , enfin ! J’ai fini de remanier mes 20 leçons d’harmonie pour en faire un livre multimédia (son et vidéo) pour toutes les plateformes, y compris Apple, pour que tous mes lecteurs puissent entendre les très nombreuses illustrations sonores,  qu’ils soient sur Mac, PC ou tablettes.
Et j’en ai profité pour revoir et largement compléter les chapitres 17 et 19 consacrés respectivement aux musiques modales et aux harmonies modernes.

A titre d’exemples, voici :

    • du raga Rageshri, en SOL majeur  (Traditionel de l’Inde du sud) analysé dans le chapitre 17 – [sc_embed_player fileurl= »http://gilleslf.free.fr/N128/119.mp3″]
    • de Erkki-Sven Tüür, compositeur estonien le Salve Regina pour choeur d’homme et ensemble [sc_embed_player fileurl= »http://gilleslf.free.fr/N128/Salv_%20Regina_Fo_%20Male_Choir_And_Ensemble_(2005).mp3″]

Bonnes écoutes, bonnes lectures !

JLF

L’anniversaire musical de Fabrice Luchini


«La puissance des textes de Frédéric Nietzsche sur la musique, des poèmes d’Arthur Rimbaud, de Victor Hugo…, et des œuvres de Jean-Sébastien Bach, Frédéric Chopin, Claude Debussy, que nous avons interprétés avec la pianiste Vanessa BENELLI MOSELL et le violoncelliste Henri DEMARQUETTE lors d’une soirée au Festival de Nohant cet été*, nous ont donné envie de recommencer le jour de mon anniversaire. »
* Un grand merci à Jean-Yves Clément d’avoir été l’instigateur conscient et inconscient de cette rencontre.
Fabrice LUCHINI

 

Jeudi 1er novembre, jour de Toussaint, il y a un monde fou devant le petit théâtre rue Monsigny. Une grande enseigne lumineuse visible depuis la rue du 4 septembre : Luchini.

Il arrive sur la scène d’un pas assuré, tel le gladiateur dans l’arène, sourire éblouissant, chemise et dents blanches, blue-jean très seyant, petite veste de cuir qu’il ôtera rapidement, car il fait très chaud, la salle est pleine à craquer.
Merci d’être venu pour mon anniversaire. La salle éclate immédiatement d’un chant « Bon anniversaire Fabrice« , réaction qui le surprend et le ravit : je n’en demandais pas tant !
Et voici les musiciens qui m’accompagnent, et d’abord la pianiste Vanessa BENELLI-MOSELL. Entre alors  un « top model », une blonde jeune femme d’un mètre quatre vingt, longue robe blanche fendue jusqu’à la cuisse, hauts escarpins dorés, sourire étincelant. Elle salue le public. La salle s’agite, pleine d’admiration. Luchini est aux anges, ravi de l’apparition.
Et maintenant notre violoncelliste, Henri Demarquette, dans une tenue disons… plus sobre.

Le spectacle commence avec une citation du Syllogisme de l’amertume de Cioran sur J.S. Bach : »S’il y a quelqu’un qui doit tout à Bach, c’est bien Dieu », suivi d’un aphorisme de Friedrich Nietzsche sur le même Jean-Sébastien Bach, et notre ami Demarquette d’enchainer avec une suite pour violoncelle seul de Bach. Son instrument gratte un peu trop à mon gout,  heureusement toutes les pièces jouées ensuite le seront avec sa maitrise et son talent habituels.

Suivront successivement des pièces jouées par l’un et/ou l’autre de nos deux musiciens, pièces issues de leur répertoire (ils se connaissent bien, ils ont fait récemment un disque ensemble). On passe de Chopin qui admirait Bach (belle transition de Luchini), à Liszt, de Liszt à Bizet  avec une  superbe transcription de Carmen par Horowitz dont j’ignorais qu’il fut compositeur, puis Wagner,  transition facilitée par la lecture du Cas Wagner, le texte où Frédéric Nietzsche dit son amour (soudain) pour la musique de Bizet et sa (soudaine!) haine de Wagner qu’il admirait. L’interprétation du Carmen d’Horowitz par  Vanessa BENELLI-MOSELL est tout simplement éblouissante, beaucoup mieux articulée et nuancée que celle d’Horowitz.

Les transitions déclamées avec la truculence  habituelle par un Luchini en pleine forme (mais qui parfois perd un peu sa voix) se poursuivent avec notamment Rimbaud et sa diatribe contre les Assis, un poème d’actualité Le dormeur du Val , un autre composé à 15 ans A la musique dont il nous dit que le dernier vers, « Et mes désirs brutaux s’accrochent à leurs lèvres… » fut remplacé par « – Et je sens les baisers qui me viennent aux lèvres… » à la demande de son professeur.
Puis vient Baudelaire, critique musical; Hugo et le poème Booz endormi; il s’extasie devant ces deux vers « Un frais parfum sortait des touffes d’asphodèle ; Les souffles de la nuit flottaient sur Galgala« ). Prétextes à écouter  Debussy, Schubert… J’en oublie certainement.

La séance se termine dans la joie avec les adieux du trio et de nouveau le chant du public,  joie qu’exprime la très courte vidéo ci-après, dans le champ des étoiles (comme dirait Hugo).

Récital de piano d’Anne GOLHEN


Pour ce début de saison 2018/2019, notre Association MusiComposer a le plaisir de vous présenter un grand Récital de Piano par ANNE GOLHEN.
le Jeudi 29 Novembre 2018 à 20h00 en l’Église du Bon Secours – PARIS 11e

Au programme :

BEETHOVEN: Sonate n:17 « La Tempête »
Debussy: Pagodes, L.Boulanger: Piu Jesu (Trancription: E.Cormier)

Ainsi que des créations de:
Ph. DELAPLACE, JL. PERU et JL. FOUCART

Entrée gratuite (Libre participation aux frais)

Pour vous permettre de dialoguer avec l’ interprète mais aussi avec nos compositeurs, Un verre de l’amitié vous sera offert en fin de concert

Barenboim à la Philharmonie

Il fait beau au sortir du métro Porte de pantin en ce samedi.
Nous nous dirigeons vers le bâtiment de la Philharmonie pour une déjeuner rapide avant concert. Les abords sont toujours aussi peu accueillants avec ces façades noires, ces entrées et couloirs obscurs, ces plafonds aux couleurs sombres. Qui  a bien pu concevoir  un environnement aussi lugubre? Jean Nouvel ? Pas de quoi pavoiser,  en effet, quand on pense aux abords des Philharmonies de Berlin ou de Lucerne, au hasard…
Le restaurant cafétéria du rez de chaussée ne propose que des sandwichs (le plat du jour est arrivé trop tard, après le début du concert nous dira plus tard la responsable). Le Café des concerts, à l’entrée du Parc ne sert sa clientèle que dans sa grande salle bruyante, et si peu conviviale, malgré la terrasse ensoleillée… Décidément, tout est la pour nous faire regretter le quartier de la salle Pleyel et ses cafés si accueillants. Même la vue du haut des terrasses ne se mérite pas vraiment, qui nous laisse voir surtout des barres d’immeubles et des tours, cachant le panorama du Paris de l’intérieur.

Et le concert?
Il s’inscrit dans le cycle de la Biennale Pierre Boulez, avec Barenboim et son Boulez Ensemble.
Au programme,  Continuer la lecture de Barenboim à la Philharmonie 

La seule fonction réelle de la musique de film, c’est de nourrir le compositeur

[Recyclage d’un billet daté du 20 mars 2008]
Hier soir, j’étais au Grand Rex, un cinéma classé monument historique avec sa salle mythique de 3000 places; décoration arts déco façon 1930 avec ciel étoilé, colonnades grecques en carton pà¢te, fauteuils club très confortables, une scène plus grande que celle de l’Opéra (*)… Pas de film comme c’est habituel ici ni de spectacle de music-hall. Une sono três sophistiquée en fond de salle servie par des ingénieurs du son britanniques. Sur scêne, une foule d’instruments plus ou moins hétéroclites : outre ceux habituels de l’orchestre symphonique, un orgue Hammond, un verrophon (cet instrument fait de tubes de verre dont on joue en les frottant avec des doigts mouillés et dont le son rappelle les Ondes Martenot), des claviers (2 Tritons de chez Korg), un piano à  queue, un vibraphone, kalimba, etc.
Il est 20H30, on attend toujours sagement depuis 20H00 que le spectacle commence; la salle continue de se remplir lentement, patiemment, beaucoup d’étrangers, anglais, allemands, polonais, beaucoup de gens invités… Les spectateurs qui ont payés leur place, les habitués des salles de concerts classiques arrivés à l’heure par habitude montrent à peine leur impatience. Drôle d’ambiance faite de ferveur; on se croirait dans une église mexicaine un jour de Pâques, juste avant la messe ! Enfin, à  20H45, les musiciens envahissent la scêne silencieuse, dans la pénombre; seules les ampoules des pupitres éclairent (mal) la salle. Suivent une quarantaine de chanteurs réunis en chœur en fond de scène.
Enfin, un grand type – chemise et pantalon noirs, crâne luisant dans la maigre lumière d’un projecteur – monte sur l’estrade, lève sa baguette, et tout doucement la musique nous envahit, toujours dans la pénombre. C’est « Silence, Night and Dreams« .
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Dusapin, l’inconnu célèbre

Michel Guerin nous enjoint, dans Le Monde, d’aller écouter Pascal Dusapin, à la Philarmonie de Paris,ce WE. Helas, j’en suis trop loin. Mais ce serait dommage que les parisiens qui me lisent n’en profitent pas…

Dans le métro, entre une publicité pour une robe et une autre pour un bracelet, on est tombé sur le visage de Pascal Dusapin. Il s’affiche pour annoncer le week-end que la Philharmonie de Paris lui consacre, les 17 et 18 février. C’est un compositeur de musique contemporaine. Entendez : la musique classique d’aujourd’hui. Il a 62 ans. A son actif, près de cent cinquante œuvres, de la pièce pour piano à l’opéra. Une question nous est alors venue. Quel est son statut ? Pour un écrivain ou un cinéaste, on a une idée. Pour lui, non.

Ses œuvres ne passent pas sur les radios généralistes, son potentiel commercial est faible, son rôle social incertain. Les grands noms de cet art sont inconnus. Cela tient beaucoup au côté indocile de leur musique. Inaudible, disent les plus durs. Dans un monde où l’on rêve d’harmonie, comment entendre une voix dissonante ? Pascal Dusapin est bien placé pour répondre puisque la Philharmonie le présente comme « l’icône de la musique contemporaine ». Soit le compositeur français le plus connu et joué dans le monde.

On pensait tomber sur un écorché, Continuer la lecture de Dusapin, l’inconnu célèbre