Archives de catégorie : De tout et de rien, en musique

La guitare électrique ne fait plus recette

Voici un article du Monde qui me fait bien plaisir : je ne suis plus tout seul à préférer la guitare acoustique à la guitare électrique: les jeunes générations sont également rétives aux « effets baveux », finies les années soixante dix !

Le Washington Post le signalait en  2017 en titrant sur  » la mort de la guitare électrique « . L’instrument fétiche des années 1960 et 1970 ne fait plus recette et la mention de Jimi Hendrix, Eric Clapton, Jeff Beck ou Jimmy Page auprès des moins de 30  ans suscite une réponse embarrassée :  » Ils jouent dans quel club ? «  Comme le chantait Bob -Dylan (note aux moins de 35  ans : Prix Nobel de littérature, mais aussi musicien à succès jadis), les temps changent. La guitare électrique est passée de mode parce que la musique a évolué et que le rock, qui en avait fait son arme de guerre, est une musique de vieux. C’est ce que pense une autre superstar du genre, Paul McCartney (bassiste d’une formation de musique rythmée du nom de Beatles).  » Aujourd’hui, c’est la musique électronique qui est en vogue et les gamins écoutent d’autres sons. Ils n’ont plus de guitar hero comme vous et moi « , expliquait-il au Washington Post.

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Novecento au théâtre

J’étais dimanche après-midi au théâtre de laPorte Saint Martin à Paris, voir la pièce Novecento, d’Alessandro Baricco, pièce musicale montée et jouée par André Dussollier.
Quel fabuleux acteur, conteur, danseur, humoriste, cet André Dussollier ! Dans cette pièce musicale, où il nous conte dans un savoureux monologue la vie sur un transatlantique de  Danny Boodmann T.D. Lemon, dit Novecento, le « meilleur pianiste de tous les temps », il est accompagné d’une formation de jazz où  le talentueux pianiste Elio Di Tanna se confond avec Novecento dans un numéro époustouflant. 

Du bon théâtre, de la fantaisie qui charme et fait rêver, et surtout de la bonne musique… ce spectacle tourne depuis plusieurs années… on y reviendra encore 🙂

Une bonne année jazzy

Bonne année à tous mes lecteurs : Je souhaite à tous une vie plus aimable, avec moins d’incivilités, plus de responsabilités;  et parce que la culture compte autant que le travail, beaucoup de bonne musique pour les mélomanes et d’inspiration pour les compositeurs.

En petit cadeau, voici une tendre balade un peu jazzy

que j’ai revisitée récemment


L’anniversaire musical de Fabrice Luchini


«La puissance des textes de Frédéric Nietzsche sur la musique, des poèmes d’Arthur Rimbaud, de Victor Hugo…, et des œuvres de Jean-Sébastien Bach, Frédéric Chopin, Claude Debussy, que nous avons interprétés avec la pianiste Vanessa BENELLI MOSELL et le violoncelliste Henri DEMARQUETTE lors d’une soirée au Festival de Nohant cet été*, nous ont donné envie de recommencer le jour de mon anniversaire. »
* Un grand merci à Jean-Yves Clément d’avoir été l’instigateur conscient et inconscient de cette rencontre.
Fabrice LUCHINI

 

Jeudi 1er novembre, jour de Toussaint, il y a un monde fou devant le petit théâtre rue Monsigny. Une grande enseigne lumineuse visible depuis la rue du 4 septembre : Luchini.

Il arrive sur la scène d’un pas assuré, tel le gladiateur dans l’arène, sourire éblouissant, chemise et dents blanches, blue-jean très seyant, petite veste de cuir qu’il ôtera rapidement, car il fait très chaud, la salle est pleine à craquer.
Merci d’être venu pour mon anniversaire. La salle éclate immédiatement d’un chant « Bon anniversaire Fabrice« , réaction qui le surprend et le ravit : je n’en demandais pas tant !
Et voici les musiciens qui m’accompagnent, et d’abord la pianiste Vanessa BENELLI-MOSELL. Entre alors  un « top model », une blonde jeune femme d’un mètre quatre vingt, longue robe blanche fendue jusqu’à la cuisse, hauts escarpins dorés, sourire étincelant. Elle salue le public. La salle s’agite, pleine d’admiration. Luchini est aux anges, ravi de l’apparition.
Et maintenant notre violoncelliste, Henri Demarquette, dans une tenue disons… plus sobre.

Le spectacle commence avec une citation du Syllogisme de l’amertume de Cioran sur J.S. Bach : »S’il y a quelqu’un qui doit tout à Bach, c’est bien Dieu », suivi d’un aphorisme de Friedrich Nietzsche sur le même Jean-Sébastien Bach, et notre ami Demarquette d’enchainer avec une suite pour violoncelle seul de Bach. Son instrument gratte un peu trop à mon gout,  heureusement toutes les pièces jouées ensuite le seront avec sa maitrise et son talent habituels.

Suivront successivement des pièces jouées par l’un et/ou l’autre de nos deux musiciens, pièces issues de leur répertoire (ils se connaissent bien, ils ont fait récemment un disque ensemble). On passe de Chopin qui admirait Bach (belle transition de Luchini), à Liszt, de Liszt à Bizet  avec une  superbe transcription de Carmen par Horowitz dont j’ignorais qu’il fut compositeur, puis Wagner,  transition facilitée par la lecture du Cas Wagner, le texte où Frédéric Nietzsche dit son amour (soudain) pour la musique de Bizet et sa (soudaine!) haine de Wagner qu’il admirait. L’interprétation du Carmen d’Horowitz par  Vanessa BENELLI-MOSELL est tout simplement éblouissante, beaucoup mieux articulée et nuancée que celle d’Horowitz.

Les transitions déclamées avec la truculence  habituelle par un Luchini en pleine forme (mais qui parfois perd un peu sa voix) se poursuivent avec notamment Rimbaud et sa diatribe contre les Assis, un poème d’actualité Le dormeur du Val , un autre composé à 15 ans A la musique dont il nous dit que le dernier vers, « Et mes désirs brutaux s’accrochent à leurs lèvres… » fut remplacé par « – Et je sens les baisers qui me viennent aux lèvres… » à la demande de son professeur.
Puis vient Baudelaire, critique musical; Hugo et le poème Booz endormi; il s’extasie devant ces deux vers « Un frais parfum sortait des touffes d’asphodèle ; Les souffles de la nuit flottaient sur Galgala« ). Prétextes à écouter  Debussy, Schubert… J’en oublie certainement.

La séance se termine dans la joie avec les adieux du trio et de nouveau le chant du public,  joie qu’exprime la très courte vidéo ci-après, dans le champ des étoiles (comme dirait Hugo).