Archives de catégorie : Soyons sérieux :-)

Novecento au théâtre

J’étais dimanche après-midi au théâtre de laPorte Saint Martin à Paris, voir la pièce Novecento, d’Alessandro Baricco, pièce musicale montée et jouée par André Dussollier.
Quel fabuleux acteur, conteur, danseur, humoriste, cet André Dussollier ! Dans cette pièce musicale, où il nous conte dans un savoureux monologue la vie sur un transatlantique de  Danny Boodmann T.D. Lemon, dit Novecento, le « meilleur pianiste de tous les temps », il est accompagné d’une formation de jazz où  le talentueux pianiste Elio Di Tanna se confond avec Novecento dans un numéro époustouflant. 

Du bon théâtre, de la fantaisie qui charme et fait rêver, et surtout de la bonne musique… ce spectacle tourne depuis plusieurs années… on y reviendra encore 🙂

Anagrammes à quatre mains – Karol Beffa

J’étais hier soir au théâtre du Rond Point, à Paris, pour voir le spectacle de François Morel, composé sur des textes et sketchs de Raymond Devos. Un spectacle gentillet, loin de la prestation étourdissante de cet artiste complet qu’était Devos, tel que je l’ai vu il y a… longtemps.

A la sortie, la librairie du théâtre m’a donné à voir le dernier livre  Anagramme à quatre mains que publie Karol Beffa et Jacques Perry-Salkow. Quel bonheur que ce petit livre éblouissant d’une intelligence espiègle, mêlant le génie de l’auteur d’anagrammes à l’humour du musicologue ! 

Le jeune Lully engagé comme garçon de cuisine à la cour de France, son premier emploi

Je ne résiste pas à en publier un extrait ( exemple en gras) concernant Lully, le surintendant de la musique royale remarqué dans sa prime jeunesse par le Duc de Guise qui, de passage à Florence cherchait « un joli petit italien » pour sa nièce (voir ci-conte la statue d’Adrien Gaudez du jeune Lully exposée au Petit Palais ).

Arrivé en France en 1646, mort à Paris en 1687, le musicien servit le roi pendant près de quarante décennies. Ses succès lui valent de fortes inimitiés. Toujours en butte aux jalousies et aux intrigues courtisanes, ainsi passa la quarantaine d’étés de Monsieur Lully.

L’anniversaire musical de Fabrice Luchini


«La puissance des textes de Frédéric Nietzsche sur la musique, des poèmes d’Arthur Rimbaud, de Victor Hugo…, et des œuvres de Jean-Sébastien Bach, Frédéric Chopin, Claude Debussy, que nous avons interprétés avec la pianiste Vanessa BENELLI MOSELL et le violoncelliste Henri DEMARQUETTE lors d’une soirée au Festival de Nohant cet été*, nous ont donné envie de recommencer le jour de mon anniversaire. »
* Un grand merci à Jean-Yves Clément d’avoir été l’instigateur conscient et inconscient de cette rencontre.
Fabrice LUCHINI

 

Jeudi 1er novembre, jour de Toussaint, il y a un monde fou devant le petit théâtre rue Monsigny. Une grande enseigne lumineuse visible depuis la rue du 4 septembre : Luchini.

Il arrive sur la scène d’un pas assuré, tel le gladiateur dans l’arène, sourire éblouissant, chemise et dents blanches, blue-jean très seyant, petite veste de cuir qu’il ôtera rapidement, car il fait très chaud, la salle est pleine à craquer.
Merci d’être venu pour mon anniversaire. La salle éclate immédiatement d’un chant « Bon anniversaire Fabrice« , réaction qui le surprend et le ravit : je n’en demandais pas tant !
Et voici les musiciens qui m’accompagnent, et d’abord la pianiste Vanessa BENELLI-MOSELL. Entre alors  un « top model », une blonde jeune femme d’un mètre quatre vingt, longue robe blanche fendue jusqu’à la cuisse, hauts escarpins dorés, sourire étincelant. Elle salue le public. La salle s’agite, pleine d’admiration. Luchini est aux anges, ravi de l’apparition.
Et maintenant notre violoncelliste, Henri Demarquette, dans une tenue disons… plus sobre.

Le spectacle commence avec une citation du Syllogisme de l’amertume de Cioran sur J.S. Bach : »S’il y a quelqu’un qui doit tout à Bach, c’est bien Dieu », suivi d’un aphorisme de Friedrich Nietzsche sur le même Jean-Sébastien Bach, et notre ami Demarquette d’enchainer avec une suite pour violoncelle seul de Bach. Son instrument gratte un peu trop à mon gout,  heureusement toutes les pièces jouées ensuite le seront avec sa maitrise et son talent habituels.

Suivront successivement des pièces jouées par l’un et/ou l’autre de nos deux musiciens, pièces issues de leur répertoire (ils se connaissent bien, ils ont fait récemment un disque ensemble). On passe de Chopin qui admirait Bach (belle transition de Luchini), à Liszt, de Liszt à Bizet  avec une  superbe transcription de Carmen par Horowitz dont j’ignorais qu’il fut compositeur, puis Wagner,  transition facilitée par la lecture du Cas Wagner, le texte où Frédéric Nietzsche dit son amour (soudain) pour la musique de Bizet et sa (soudaine!) haine de Wagner qu’il admirait. L’interprétation du Carmen d’Horowitz par  Vanessa BENELLI-MOSELL est tout simplement éblouissante, beaucoup mieux articulée et nuancée que celle d’Horowitz.

Les transitions déclamées avec la truculence  habituelle par un Luchini en pleine forme (mais qui parfois perd un peu sa voix) se poursuivent avec notamment Rimbaud et sa diatribe contre les Assis, un poème d’actualité Le dormeur du Val , un autre composé à 15 ans A la musique dont il nous dit que le dernier vers, « Et mes désirs brutaux s’accrochent à leurs lèvres… » fut remplacé par « – Et je sens les baisers qui me viennent aux lèvres… » à la demande de son professeur.
Puis vient Baudelaire, critique musical; Hugo et le poème Booz endormi; il s’extasie devant ces deux vers « Un frais parfum sortait des touffes d’asphodèle ; Les souffles de la nuit flottaient sur Galgala« ). Prétextes à écouter  Debussy, Schubert… J’en oublie certainement.

La séance se termine dans la joie avec les adieux du trio et de nouveau le chant du public,  joie qu’exprime la très courte vidéo ci-après, dans le champ des étoiles (comme dirait Hugo).

Un requiem très politique

Il était ulcéré, Philippe Villin, petit marquis toujours en mal de publicité, banquier de son état, homme de droite revendiqué; ulcéré que son poulain, François Fillon ait voulu se maintenir à la présidentielle, quitte à faire élire l’ennemi intime, Emmanuel Macron.
Alors, «pour  soigner par une catharsis l’extrême peine que m’avaient infligée M. Fillon et sa clique », il a commandé, dixit le programme du concert, une «Création mondiale du Tenebrae, bref Requiem de Karol Beffa. Commande de Philippe Villin en hommage à une droite défunte. »
Le 6 mars, deux violonistes, un flûtiste et un violoncelliste ont donc pris place, devant le compositeur, Karol Beffa dans les salons du vaste duplex parisien pour un concert de dix minutes.
«Je voudrais que Fillon écoute ces tonalités crépusculaires en boucle pour mieux expier sa faute. »
La rumeur dit que les soixante invités, gratin du tout Paris des affaires, en ont surtout bien ri.
« C’est la commande privée la plus originale qui m’ait été passée », reconnaît le compositeur.

Fred Pellerin, le farfadet québécois

Conteur, acteur, chanteur, ce jeune homme a tous les talents quand il nous raconte à sa façon jubilatoire des histoires loufoques, pleines de traits d’esprits et de jeux de mots, histoires de la création (largement revisitée !) de  son village natal  de  Saint-Elie-de-Caxton  le 12 avril 1865.

Cet excellent article du Monde m’avait donné l’envie de voir son spectacle.

Aucun regret ! 😀