Une nouvelle Samaritaine en 2014

Le projet de rénovation des magasins parisiens de la Samaritaine est enfin dévoilé aux habitants du 1er arrondissement de Paris.
Le bel immeuble de la Samaritaine en bordure de Seine ne peut passer inaperçu des millions de touristes qui se sont baladés sur la Seine en bateau-mouche, ou tout simplement le long des quais. Quant aux parisiens, ils connaissent depuis toujours « La Samar’ », soit pour y avoir fait des achats avant sa fermeture il y a dix ans,  soit pour y avoir connu quelque « employé de commerce » ou étudiant au « petit boulot » saisonnier.

On ne savait plus où en était le projet mais il est enfin connu et définitif: les trois quarts des immeubles seront réhabilités en façade et les corps de bâtiments intérieurs restructurés en respectant les styles et la construction d’origine, sauf coté rue de Rivoli.
La vidéo ci-dessous en explique les tenants et aboutissants. Continuer la lecture

Gênes, ville d’art

Gênes est une ville peu connue des amoureux de l’Italie. Ils s’en font l’image d’un grand port, comme Marseille. La circulation automobile y est au moins aussi difficile, mais heureusement pour le touriste, les services de transports urbain (bus et métro assurés par la RATP !), et le chemin de fer côtier fonctionnent bien – avec, comme partout en Italie un scooter omniprésent.
Grand port, deuxième de la Méditerranée après Marseille, justement, Gênes est aussi une aussi ville d’art extraordinaire qui vaut le détour, tout autant que Turin ou Milan, par exemple. Ce fut en effet pendant 8 siècles la capitale de la République de Gênes, grande concurrente de la République de Venise. Continuer la lecture

Aincourt : l’hommage aux déportés devant un dépotoir

Vue du bâtiment Bonnefoy-Sibour, un des trois bâtiments de cure de l’ancien sanatorium d’Aincourt et qui fut l’un des premiers camps de concentration français. La photo de Thomas Boivin montre l’état actuel de ce haut lieu de la Résistance et de la Déportation, après le passage des vandales et des paint-ballers.
Samedi 2 octobre dernier, dans l’enceinte de l’ancien sanatorium d’Aincourt dans le département du Val d’Oise, s’est déroulée une cérémonie émouvante, à l’occasion du 70ème anniversaire de l’ouverture du Camp d’Internement et tout particulièrement de l’arrivée des premiers prisonniers politiques, le 5 octobre 1940.
Continuer la lecture

Le Guggenheim de Bilbao, chef d’œuvre de l’architecture contemporaine

Le Musée Guggenheim de Bilbao de l’architecte américain Frank O. Gehry est en lui même un chef d’œuvre de l’architecture contemporaine, indépendamment des collections permanentes ou temporaires qu’il offre à ses visiteurs.

Photographe invétéré, j’ai été subjugué cet été, lors de mon voyage en Cantabrique espagnole par la beauté absolue du monument et je n’ai pas résisté au plaisir de rajouter quelques dizaines de photos supplémentaire à la montagne de photos existantes sur le net, avec l’envie de restituer la beauté de ces courbes sensuelles, de ce bateau (ou poisson ?) posé sur un plan d’eau et s’ouvrant sur cette belle ville de Bilbao par une vaste esplanade dallée.

La visite photographique commence par l’extérieur; nous faisons le tour du bâtiment avant d’entrer dans le musée et terminons par une vue aérienne prise du haut de la colline qui domine la ville.

En savoir plus (collections permanentes et temporaires)?
Il faut aller sur le site du musée et en faire la visite virtuelle. C’est ici.

Nicolas Poussin : une peinture entre deux mondes

Nicolas Poussin, Eliezer et Rebecca, 1648, Paris

Nicolas Poussin, Eliezer et Rebecca, 1648, Paris, Musée du Louvre :

(Merci à Yves Rinaldi pour cet execellent billet)
Cette œuvre célèbre de Poussin est une commande du marchand lyonnais Nicolas Pointel qui avait demandé au peintre un tableau représentant de belles figures féminines. Poussin choisit cet épisode de l’Ancien Testament où le serviteur d’Isaac, Eliezer, propose à Rebecca d’épouser son maître et lui offre des bijoux en gage de la parole de celui-ci, parce qu’elle seule vient de lui proposer à boire. La scène, se déroulant comme une frise sculptée à l’antique, permet surtout au peintre de décrire les différentes réactions des jeunes femmes entourant Rebecca autour du puits, tout en leur faisant adopter des poses avantageuses qui mettent  en valeur leur plastique, sous de chastes drapés à l’antique. Il réalise ainsi le souhait de son commanditaire et se permet également de livrer une authentique étude psychologique de l’âme humaine, uniquement par le jeu des regards et la subtilité des expressions dépeintes.

Nicolas Poussin (1594-1665) : un normand devenu le « dieu de la peinture »

Etrange destinée que celle de ce peintre, né au hameau de Villers, près des Andelys, en Normandie et que rien de destinait par sa naissance à devenir ce « dieu de la peinture » selon l’expression d’André Félibien (1619-1695), ami du peintre et premier grand historien d’art français qui lui consacra un volume complet de ses Entretiens (Entretien VIII, 1685), première grande somme de l’histoire de l’art en France. Destin d’autant plus étrange que Poussin échappe à tous les critères habituellement applicables aux grands noms de la peinture. Il ne suscite en effet nul engouement de la part du grand public qui le boude, le jugeant pontifiant et ennuyeux, et son œuvre rebute quiconque serait en quête d’images spectaculaires et de sensations fortes, à l’instar d’un Caravage ou d’un Rembrandt, autres célébrités de la peinture du XVIIe siècle.
Continuer la lecture

Giuseppe PENONE – A l’origine était le souffle

Rovesciare i propri occhi (« retourner ses propres yeux »), 1970.

Dans cet autoportrait de ses débuts à Arte Povera, Penone se photographie portant des verres de contact miroitants et réfléchissant la lumière qui recouvrent l’iris et la pupille. Rendu ainsi physiquement aveugle par cet pellicule de verre, l’artiste dépasse les contingences de la réalité visuelle extérieure pour mieux retrouver une forme de regard intériorisé qui se veut forcément plus authentique, en même temps qu’il affirme que le regard qu’un artiste porte sur le monde est comme un miroir, exacerbé par sa sensibilité, du monde lui-même. Cette dialectique du regard alterné entre l’artiste et le monde n’est pas nouvelle et se rencontre dans bon nombre d’autoportraits célèbres dont celui, fameux, de Nicolas Poussin et daté de 1650, conservé au Louvre, qui fascina tant les artistes et les philosophes du XXe siècle. Il est probable que Giuseppe Penone s’en est souvenu lorsqu’il conçut cette photographie, transposant le contenu discrètement allégorique du tableau de Poussin au niveau de la surface « miroitante » de ses propres yeux.
Continuer la lecture

Bruce Graham, l’architecte

Je vais vous dire ce qui différencie mon idée de l’architecture de ce que bon nombre d’autres architectes pensent. D’abord, l’architecture n’est ni de la peinture ni de la sculpture. Elle est beaucoup plus proche de la musique dont l’une des composantes est le temps. L’architecture partage l’espace et le mouvement. Elle a quatre dimensions : c’est ce que j’ai appris en me rendant à  Chartres.
Je grimpais sur la colline, j’y découvris la place puis la cathédrale, j’y pénétrais et soudain ce fantastique espace s’est ouvert à  moi.
Il y avait un enterrement, et ils jouaient le Requiem inachevé de Mozart. Je me suis mis à  pleurer. Se déplacer dans cet espace avec cette musique était incroyable.
Continuer la lecture

Wim Delvoye au MAMAC de Nice

Nice en février, c’est la pluie, et même la neige, comme partout en France en cet hiver bien rude.
C’est aussi l’époque du Carnaval (enfin quand il ne pleut pas !). Et quand il pleut, pour les touristes, il y a heureusement les musées. Ils valent le détour ! C’est ainsi que je me suis retrouvé au Musée D’Art Moderne et d’Art contemporain où¹ j’ai pu découvrir l’œuvre du Belge Wim Delvoye, un artiste provocateur mais incontestablement doué, três au fait des techniques modernes du dessin par ordinateur, et… de l’autopromotion!
Continuer la lecture

Symphonie de couleurs au Havre

Pourquoi ne pas revoir ma Normandie en cet été indien finissant? Allez, hop! Petite escapade en bord de mer, au Havre. Pourquoi Le Havre? Parce que c’est une ville vivante, agréable, trop méconnue. Tout le monde connaît Rouen et sa cathédrale, Honfleur, ville de Satie et son si joli petit port, les planches de Deauville et la côte normande, bien sûr… Mais Le Havre? Deuxième plus grand port de France, gros bateaux, bassins,  docks, silos à grain, la « transat Jacques Vabre » sur le chemin du Café ;-) . Oui! Ceci dit, on oublie l’essentiel. Le Havre, c’est aussi la première ville dont le centre ville (détruit à 90% en 1945, plus de 4000 morts civils, puis reconstruit dans les années 50 sur les plans d’Auguste Perret) a été classé patrimoine mondial par l’UNESCO en 2005.

C’est le musée Malraux, bâtiment magnifiquement situé face à la mer, deuxième musée en importance pour le nombre de toiles impressionnistes qu’il propose, avec son artiste local, un dénommé Poussin Boudin…Vous connaissez? :-)

C’est aussi la seule église classée au patrimoine mondial de l’Unesco moins de dix ans après sa construction dans les années 50. On y admire ses verrières, une symphonie de couleurs.

Continuer la lecture

Journées du Patrimoine : Il faut sauver AINCOURT

Les samedi 19 et dimanche 20 septembre prochains auront lieu, comme chaque année, les très populaires Journées du Patrimoine. Les français y seront invités à venir contempler quelques uns des plus beaux fleurons du patrimoine de notre pays : palais, châteaux et demeures aristocratiques, églises et abbayes, jardins, patrimoine industriel, etc. Des lieux habituellement fermés au public révèlerons une splendeur et un art de vivre qui ont fait la renommée et font encore la fierté de la France. Sans oublier les incontournables interviews télévisées du Ministre de la Culture du moment qui viendra roucouler sa satisfaction sous quelque lambris doré parisien.
Continuer la lecture

En écoutant Schumann

Ainsi se nomme ce tableau de Fernand Knopff, datant de 1883 (Musées Royaux des Beaux-Arts de Bruxelles). C’est une scêne de musique dans un Salon bourgeois du XIXe siêcle. Une femme écoute , três concentrée, le pianiste dont on aperçoit juste la main courant sur le clavier, en haut à  gauche. Nous aussi, concentrons nous… Assez de cloches pascales ! :-)
à‰coutons cette Kreisleriana opus 16 jouée par Laurent Cabasso (disque Naà¯ve).
Continuer la lecture

L’embonpoint suspect des statues égyptiennes

Deux  personnalités égyptiennes de l’époque des grandes pyramides sont passées à la postérité grâce à leurs statues respectives, lesquelles présentent la particularité d’être deux chefs d’œuvre bedonnant. Il s’agit du célèbre Scribe Accroupi, véritable icône du Musée du Louvre et de la statue du vizir Hémiounou, clou des collections égyptiennes du Roemer-und Pelizaeus-Museum d’Hildesheim en Allemagne.
Le Scribe Accroupi du Louvre.

Le vizir Hémiounou d’Hildesheim.
Continuer la lecture

Les statues de Sepa et Neset du Louvre

Les collections du Musée du Louvre possèdent un ensemble exceptionnel de trois statues égyptiennes grandeur nature datant des tout premiers temps de l’histoire pharaonique. Acquises en 1837, c’est-à-dire à l’époque de l’inauguration du département égyptien du Louvre, on en ignore la provenance exacte. La tombe d’où elles proviennent demeure inconnue pour l’instant, tout comme la biographie des deux personnages représentés. Mais il est certain, compte tenu de la qualité exceptionnelle de ces trois statues, pour l’époque très ancienne où elles ont été sculptées, qu’elles furent produites par les ateliers royaux de Memphis, capitale de l’Egypte sous l’Ancien Empire (2613-2100 av JC).
Elles sont les premières grandes statues de l’art égyptien (1,69 m de haut) et comptent parmi les plus grandes effigies de personnages non royaux de toute l’histoire de l’art pharaonique. En effet, seul le pharaon bénéficiait du privilège de se faire statufier grandeur nature ou encore plus grand que nature ; les « colosses » étaient donc réservés au seul monarque. Pour jouir du privilège de statues aussi grandes, Sépa et son épouse devaient figurer parmi les personnes les plus importantes du royaume égyptien, en ce début de XXVIIème siècle av JC. Que sait on au juste de l’identité de ces deux personnages ?
Continuer la lecture

Les stèles fausses portes, un passage entre les deux mondes


Quiconque a visité un mastaba égyptien ou encore les salles égyptiennes d’un musée n’aura pas manqué de remarquer d’étranges stèles propres aux croyances funéraires de l’Egypte Pharaonique : les stèles fausses portes. Elément indispensable à tout tombeau égyptien, la stèle fausse porte permettait à « l’âme » du défunt, ou du moins à un aspect mobile de celle-ci, le « ba », de venir symboliquement chercher les offrandes déposées sur la table du même nom par les prêtres funéraires. En effet, c’est dans le secret de la chapelle du tombeau que s’effectuait ce passage magique de « l’âme » du défunt de l’Au-delà vers le monde des vivants.
Continuer la lecture

Vlaminck, quand la musique nourrit la peinture

Une vie pleine de paradoxes que celle de Vlaminck (1876-1958), ce géant, ce » barbare tendre et plein de violence », comme il se décrit lui-même plus tard, peintre par vocation dês l’à¢ge de 20 ans et autodidacte autoproclamé de la peinture, imperméable à  toutes les écoles – même s’il se laisse enfermer dans la « cage aux fauves » au Salon des indépendants de 1905.
Continuer la lecture