Barenboim à la Philharmonie

Il fait beau au sortir du métro Porte de pantin en ce samedi.
Nous nous dirigeons vers le bâtiment de la Philharmonie pour une déjeuner rapide avant concert. Les abords sont toujours aussi peu accueillants avec ces façades noires, ces entrées et couloirs obscurs, ces plafonds aux couleurs sombres. Qui  a bien pu concevoir  un environnement aussi lugubre? Jean Nouvel ? Pas de quoi pavoiser,  en effet, quand on pense aux abords des Philharmonies de Berlin ou de Lucerne, au hasard…
Le restaurant cafétéria du rez de chaussée ne propose que des sandwichs (le plat du jour est arrivé trop tard, après le début du concert nous dira plus tard la responsable). Le Café des concerts, à l’entrée du Parc ne sert sa clientèle que dans sa grande salle bruyante, et si peu conviviale, malgré la terrasse ensoleillée… Décidément, tout est la pour nous faire regretter le quartier de la salle Pleyel et ses cafés si accueillants. Même la vue du haut des terrasses ne se mérite pas vraiment, qui nous laisse voir surtout des barres d’immeubles et des tours, cachant le panorama du Paris de l’intérieur.

Et le concert?
Il s’inscrit dans le cycle de la Biennale Pierre Boulez, avec Barenboim et son Boulez Ensemble.
Au programme,  dans la grande et belle salle intérieure de la Philharmonie, le Quatuor à cordes op. 28 de Webern, le Quintette pour piano et cordes de Schumann, et Sur Incise de Boulez pour trois pianos, trois harpes et trois percussions.

Webern : A l’écoute, je reconnais le premier groupe de 4 notes de la série, le motif sib la do si (B-A-C-H). Ensuite, je suis perdu avec ce brouillamini de notes jouées en pizzicati, coups d’archet rageurs, cette longue cacophonie de 7 minutes. Dodécaphonisme, hum ! Où est la sublime musique d’un Alban Berg?
Barenboim se joint ensuite aux cordes pour interpréter au piano le Quintette de Schumann. Belle pièce classique, personne n’est dépaysé, tout le monde apprécie ( mais n’est-ce pas le but recherché !).

Après l’entracte, les choses sérieuses commencent. Barenboim nous fait plaisir en nous annonçant que « Boulez avait un énorme intérêt, je dirai presque amour pour la complexité. Pas la complication » ajoute t-il avec un sourire,  et pour  nous le montrer, il nous invite à écouter d’abord, hors programme, la pièce pour piano  Incises, dont Sur Incises est le développement.
Incises, pièce d’une dizaine de minutes jouée par Michael Wendeberg est impressionnante de beauté, tant à l’écoute qu’à l’analyse de la partition. La construction de la pièce avec cette continuité du jeu des mains pour faciliter l’entrelacs perpétuel des traits  et des notes répétées est étonnante. Un concert pour cette seule écoute se mériterait !
La Pièce Sur Incises qui suit, plus longue (37 mn, un peu trop longue) est moins séduisante, même si elle est tout aussi étonnante de virtuosité (et de complexité !) pour les neufs instrumentistes.

Ce concert est visible pendant quatre mois sur le site de la Philharmonie.

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