Pollution et musique

– Tu es allé à Paris un jour de pollution excessive, et en plus, un jour de circulation alternée… tu as osé!
– Oui, musique oblige! j’avais un concert à Pleyel par l’orchestre San Francisco Symphony.
– Mais tu étais autorisé?
– Oui : ma voiture est une hybride et immatriculée » impaire », deux bonnes raisons…
– Bon… et c’était comment?
– Nous sommes partis vers 18H00 sous un beau soleil et un ciel bleu; mais au loin, à une quinzaine de kilomètres, on distinguait déjà sur Paris un épais et sombre nuage .
Une vision cauchemardesque m’est revenu, le couvercle brunâtre et son soleil marron sur la ville de Los Angeles un jour de pollution, vus sur une autoroute en rentrant du sud.
Hier aussi, en s’approchant, on avait l’impression d’un monde irréel, la circulation était incroyablement fluide  pour une heure de pointe, on roulait dans une espèce de brume grise. Aucun ralentissement, pratiquement pas de camions; toutes les voitures étaient immatriculées impairs – les parisiens sont de bons citoyens, quoiqu’on en dise! En pénétrant dans Paris, j’ai commencé à éprouver les sensations piquantes – mon nez, mes yeux de banlieusard sont habitués à une atmosphère moins polluée.
Plein de places de stationnements gratuites dans le quartier de la salle Pleyel; nous sommes arrivés avec une bonne heure d’avance, le temps de diner tranquillement avant le concert !
– Et ce concert?

Le San Francisco Symphony et son chef, Michael Tilson Thomas
Le San Francisco Symphony et son chef, Michael Tilson Thomas

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– Pas mal, un peu déçu quand même par le programme. Pour débuter, une (trop) courte pièce de Charles Ives et Hanry Brant intitulée Concord Symphony, orchestrée par Henry Brant à partir de la Concord Sonata de Ives. Géniale, cette pièce, avec un contrepoint construit de savante façon, incroyablement riche et qui donne l’envie d’en étudier la partition. J’ai regrétté que cette pièce soit si courte, quelques huit minutes, d’autant que la suivante, Absolute Jest de John Adamns m’a parue bien  longue, difficile à suivre pour ne pas dire fatigante, peut-être du fait du parti pris du Compositeur d’utiliser de brefs fragments d’œuvres Beethovéniennes. Placer un quatuor à cordes au milieu de l’orchestre était une idée originale et bien venue. Le St Lawrence String Quartet relevait brillamment le défi de tempos invraisemblables. J’aime bien John Adams, mais cette pièce m’a un peu déçu par son « désordre » apparent…
En deuxième partie, la 7e symphonie de Beethoven. On a a pu admirer la conduite toute en rondeurs et la gestuelle un brin théâtrale de Michael Tilson Thomas. Le quatrième mouvement, notamment était interprété de façon remarquable.

Le chef nous a ensuite gratifié d’un bonus, Rosamunde de Schubert, romantique et sucré à souhait.
En voici une version sur YouTube par le même chef et – grosso modo – par le même orchestre de San Francisco. Seul le discours de circonstance diffère; hier soir l’introduction était plus courte et… en bon français!) :

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