Le temps de vivre

(JLF=> Un nouveau billet de Marie Sheridan – merci à elle !)
Le Temps de l'aventureEcoute la pluie

Le hasard ( ?) a voulu que je découvre le même jour, dans un Paris maussade et pluvieux, le très beau film de Jérôme Bonnell : Le temps de l’aventure  et le superbe roman de Michèle Lesbre : Ecoute la pluie.  J’y ai vu des correspondances, des liens tissés à travers deux portraits de femmes passionnées et libres qui se répondent entre  mélancolie et désir de vie.

Le temps de vivre

Deux femmes marchent dans Paris : il y a Alix dans Le temps de l’aventure,  qui arrive de Calais dans un train où elle  va rencontrer un inconnu qu’elle suivra toute une journée dans la capitale et il y a l’héroïne d’ Ecoute la pluie, en état de choc après avoir vu un vieillard se jeter sous le métro,  et va parcourir Paris le temps d’une errance nocturne pour surmonter la violence inouïe de cette scène.
Chacune aime déjà un homme qui restera invisible, et pourtant c’est à lui qu’elles s’adressent : Alix cherche désespérément à  joindre  Antoine au téléphone mais n’y parvient pas, tandis que l’héroïne d’Ecoute la pluie confiera enfin son récit à son amant qui l’aura attendue toute la nuit.  Sauront-ils comprendre le message qu’elles leur envoient, aimer, apaiser, décider de vivre ?

L’amant de passage rencontré dans le train, le vieil homme dans le métro au dernier sourire énigmatique … chacun, à sa manière, va aider le personnage, en proie au doute, à se trouver, à aller au bout d’elle-même dans les rues de Paris, de gare en hôtel, de bar en station de métro.

Une journée ou une nuit, pour aller à la rencontre de soi,  pour choisir la suite de sa vie … quelques heures de temps suspendu pour sentir le désir, l’urgence de vivre, une parenthèse avant de repartir vers la lumière.

Emmanuelle Devos emplit l’écran de sa présence magnétique et charnelle : une de nos plus grandes actrices, capable d’exprimer dans un regard le tumulte qui l’agite.

En écho,  le portrait d’une femme ardente que dresse  Michèle Lesbre dans un style dense et épuré.
Deux moments d’une grande émotion.

Marie Sheridan

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