The Gospel According to the Other Mary, musique de John Adams (création)

Pleyel-AdamsDe gauche à droite : les deux danseurs, Michael Schumacher et Anani Sanouvi, Russel Thomas, ténor, Kelley O’Connor, mezzo-soprane (dans le rôle de Marie), Peter Sellars, metteur en scène, le chef Gustavo Dudamel, le compositeur John Adams, Tamara Mumford, contralto (dans le rôle de Marthe), Troy Olgivie, danseuse, et les trois contre-ténors incarnant jésus :Nathan Medley, Brian Cummings et Daniel Bubeck.
Voir aussi l’article du Los Angeles Time et le programme du concert

Ce concert  du « Los Angeles Philarmonic » dirigé par Gustavo Dudamel, samedi soir à Pleyel était innovant et captivant à plusieurs titres.
D’abord par le livret,
L’Évangile selon l’autre Marie
, c’est la Passion du Christ revisitée par Peter Sellars en 2 actes et 11 « scènes » sur un texte adapté de l’autobiographie de Dorothy Day (1897-1980), activiste sociale et passionaria d’un mouvement catholique ouvrier aux Etats-Unis.
Le but, comme l’explique Pete Sellars dans le programme est « de placer l’histoire de la Passion dans l’éternel présent, dans la tradition de l’art sacré » . Il nous conte la vie de la famille de Jésus, une famille très impliquée dans l’action sociale envers les pauvres avec la compagne de Jésus, Marie-Madeleine, sa sœur Marthe et son frère Lazare, depuis la prison où ces femmes sont incarcérées dans la première scène jusqu’à la sortie du tombeau, scène finale exceptionnelle d’émotion. C’est beau, parfois un peu grandiloquent, toujours captivant. Le texte est très bien servi par d’excellents chanteurs et danseurs et par une musique lumineuse. Le caractère, la psychologie de chaque personnage sont particulièrement fouillés, tant à travers les paroles que ciselés par la musique.

Ensuite dans la forme et la mise en scène de Peter Sellars
Imaginez une estrade, sorte de haut trottoir installé de part et d’autre de la scène devant les musiciens de l’orchestre. Marie, Marthe, son frère Lazare et les trois contre-ténors qui incarnent Jésus chantent leur histoire, tandis que les danseurs miment et dansent la vie de cette famille avec le chœur (Los Angeles Master Chorale) installé dans la tribune derrière l’orchestre  un chœur qui se démène et virevolte tout en chantant, comme dans une église de Harlem .

Enfin, il y a la musique de John Adams
Elle est belle, particulièrement mélodieuse voire sentimentale dans les mouvements lents où l’on retrouve la sobriété minimaliste des débuts du compositeur dans l’accompagnement du chant (la Pâque, acte 1 scène 4); angoissante à souhait dans certaines scènes (la mort et la résurrection de Lazare, acte 1 scène 3, la nuit, acte 2 scène 4) ou pleine d’une fantaisie joyeuse et débridée (arrivée du printemps avec les petites grenouilles !), une musique infiniment variée, toujours captivante.
L’Orchestre Philharmonique de Los Angeles est dirigé par un Gustavo Dudamel que j’ai trouvé particulièrement sobre dans sa battue, contrairement à ce que j’imaginais, simple dans son contact avec son orchestre et avec le public, à l’image de sa réputation de jeune chef célèbre et plein d’un enthousiasme de musicien entrepreneur.
A la fin du concert, John Adams et son fidèle acolyte Peter Sellars sont montés sur scène rejoindre la troupe des chanteurs et comédiens. Ils avaient l’air heureux.
Nous aussi.

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