The Rake’s Progress de Stravinsky à Garnier

Le Musicien enragé de William Steiner
Le Musicien enragé de William Hogarth

J’étais à Garnier hier soir pour voir le célèbre opéra de Stravinsky, « la carrière d’un libertin ».
Comme souvent à l’Opéra et surtout  à Garnier, le spectacle commence dans la salle.
A l’Orchestre, une foule de touristes nous entourent, principalement russes, très habillés – à l’Opéra, on reconnait les Français à leur tenue « ordinaire ». Devant nous plusieurs couples flirtent –  hommes mûrs accompagnés de tendrons en robe de soirée, de toute évidence des escorts girls en mission. Les flashs crépitent, tout est bon pour prendre des photos avec reflex, téléphones et même tablettes… Combien de millions de photos ont été prises du plafond de Chagall ?
Le spectacle commence et tout de suite, nous somme sidérés par l’invention et la beauté de la mise en scène d’Olivier Py. Tout au long de ce spectacle de trois heures, nous resterons admiratifs des changements de tableaux, des gags visuels qui sont autant de clins d’œil humoristiques soulignant la musique espiègle ou ironique de Stravinsky (Ah, cette cavatine dans la scène du bordel avec ses bouillonnants arpèges de clarinette, ou ce clavecin énigmatique qui souligne la scène du jeu de cartes !).

Sur un livret de Wystan Hugh Auden et Chester Kallman inspiré de peintures  de William Hogarth (voir ci-contre), je découvre une musique magnifique, beaucoup plus belle que ce à quoi je m’attendais, beaucoup moins « neo-classique » en tout cas que ne le prétend Boulez qui parle à son sujet  de musique décadente…
Il faut dire que cette musique était bien servie hier soir par des interprètes au mieux de leur forme, tout particulièrement Ekaterina Siurina dans le rôle d’Anne Trulove, l’énamourée, Charles Castronovo, prodigieux ténor dans celui de Tom Rakewell, et Gidon Saks le ténébreux dans celui de Nick Shadow, sans oublier Ursula Hesse von Den Steine (!),  la « Mother Goose » – la mère maquerelle – d’un bordel où les filles sont toutes plus belles les unes que les autres, exposant de splendides paires de fesses, mieux qu’au Crazy Horse !

Soulignons enfin la qualité de l’orchestre et des chœurs de l’Opéra de Paris sous l’élégante baguette de  Jeffrey Tate.
Une excellente soirée.

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