Une nouvelle Samaritaine en 2014

Le projet de rénovation des magasins parisiens de la Samaritaine est enfin dévoilé aux habitants du 1er arrondissement de Paris.
Le bel immeuble de la Samaritaine en bordure de Seine ne peut passer inaperçu des millions de touristes qui se sont baladés sur la Seine en bateau-mouche, ou tout simplement le long des quais. Quant aux parisiens, ils connaissent depuis toujours « La Samar' », soit pour y avoir fait des achats avant sa fermeture il y a dix ans,  soit pour y avoir connu quelque « employé de commerce » ou étudiant au « petit boulot » saisonnier.

On ne savait plus où en était le projet mais il est enfin connu et définitif: les trois quarts des immeubles seront réhabilités en façade et les corps de bâtiments intérieurs restructurés en respectant les styles et la construction d’origine, sauf coté rue de Rivoli.
La vidéo ci-dessous en explique les tenants et aboutissants.

Les architectes japonais ont concoctés coté Rivoli une façade de verre qui a rallié – nous dit-on – tous les suffrages. C’est un mur rideau vaguement ondoyant qui se veut emblématique de la « modernité » et qui s’intègre au style parisien du quartier car « il en reflètera les immeubles » voisins.
Voilà un argument classique, pour ne pas dire convenu dont je me demande s’il ne relève pas d’un manque de créativité, d’un consensus conservateur bien-pensant, voire d’une certaine paresse intellectuelle tant du coté des architecte que de la maitrise d’ouvrage.
La modernité par le verre, c’est une modernité qui date de plus d’un siècle !
Aujourd’hui, la vraie modernité, la véritable innovation n’est-elle pas plutôt  d’introduire un peu de « nature », un peu de « jardin », bref du vert plutôt que du verre dans ce quartier minéral, dans cette rue de Rivoli qui empeste les gaz d’échappement?
Le verre, ce matériau « moderne » depuis plus d’un siècle coute toujours plus cher en entretien (voir les baies noirâtres de la « Grande Bibliothèque ») et en dépenses d’énergie.
Pourquoi n’avoir pas retenu une solution de façade végétale, voire un jardin suspendu – éventuellement japonais-  à une époque où l’on domine enfin ces techniques du jardin dans la ville?


Samaritaine : le projet dévoilé par mairiedeparis

Une réflexion au sujet de « Une nouvelle Samaritaine en 2014 »

  1. L’avantage du verre est qu’il est recyclable à l’infini et que sa technologie est de plus en plus performante, adaptée aux exigences écologiques et d’économies d’énergie actuelles.
    Le projet de l’agence Sanaa présente l’avantage d’être sobre, comme l’architecture art déco de Sauvage et d’unifier des façades disparates par une peau de verre ondulée transparente et légère à la vue. Cela ne pourra pas être pire que l’indigent projet de pseudo-canopée en verre du futur Forum des Halles de David Mangin, véritable manifeste de non-architecture voire d’architecture honteuse de se montrer. Je recommande plutôt comme modèle de recyclage d’une architecture moderne, la Cité de la Mode et du Design, réalisée sur une structure en béton armée de 1909 (classée monument historique), dont le dessin ludique évoque un improbable monstre du Loch Ness, clin d’oeil à la nationalité écossaise d’un des deux architectes qui l’ont conçu : l’agence Jakob et MacFarlane. Il s’agit du meilleur des grands gestes architecturaux réalisés à Paris depuis au moins 20 ans : http://www.contemporist.com/2009/01/12/docks-de-paris-by-jakobmacfarlane/

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