Pauvre Italie…!

Lu cet article du Monde intitulé « Le fisc italien fête Noël à Cortina d’Ampezzo« .
Ça vaut son pesant de cacahuètes ! Pas étonnant que l’Italie, pays si riche, croule sous les milliards d’euros d’une énorme dette nationale.
Voici l’article (le Monde du 7 janvier 2011) de Philippe Ridet(*)

Le fisc italien fête Noël à Cortina d’Ampezzo

Le contrôle fiscal ignore la trêve des confiseurs. Le 30 décembre 2011, 80 inspecteurs du fisc – dont certains ont poussé la conscience professionnelle jusqu’à se déguiser en vendeurs de magasin ou en serveurs d’hôtel – ont effectué une descente dans l’une des stations de ski les plus huppées des Dolomites, Cortina d’Ampezzo.

 » La saison est encore longue « , s’est félicité, jeudi 5 janvier, un haut responsable de l’agence de contrôle fiscal, Luigi Magistro, qui promet de nouveaux contrôles dans les stations.

Sous le contrôle vigilant des  » flammes jaunes « , nom donné de la gendarmerie financière, les propriétaires et gérants des bars, restaurants et autres magasins de luxe de Cortina d’Ampezzo se sont soudain rappelés des usages et ont remis à leurs clients, et sans qu’ils le demandent, des tickets de caisse. Une pratique encore intermittente en Italie où, chaque année, près de 120 milliards d’euros échappent au fisc.
Le résultat est miraculeux. Par rapport au même jour de l’année précédente, la recette officielle a bondi de 300 % dans les restaurants, de 104 % dans les bars, et de 400 % dans les boutiques.  » C’est bien la preuve que nous ne portons pas tort au commerce « , a commenté, pince-sans-rire, Attilio Befera, responsable des impôts.
Les inspecteurs du fisc ne se sont pas arrêtés en si bon chemin. Ils ont aussi relevé les plaques d’immatriculation de 133 véhicules de luxe pour contrôler si le train de vie de leurs propriétaires correspondait à leurs déclarations d’impôts. Surprise ! Quarante-deux d’entre eux appartiennent à des particuliers déclarant moins de 30 000 euros brut annuels…
La pratique est courante. 590 000 véhicules entre 185 et 249 chevaux circulent en Italie. Dont 188 000 sont la propriété de contribuables déclarant moins de 20 000 euros. De même, seuls 14 % des 42 000 bateaux de plus de dix mètres appartiennent à des personnes déclarant plus de 100 000 euros. Et 604 des 2 000 avions et hélicoptères privés de la Péninsule sont au nom de contribuables qui perçoivent entre 20 000 et 50 000 euros !
Largement médiatisée, l’opération  » Noël à Cortina  » est présentée comme la preuve irréfutable que le gouvernement luttera contre la fraude et l’évasion fiscale. Mais les aubergistes des Dolomites l’ont mauvaise.  » On porte atteinte au tourisme « , se plaint le président de leur fédération. Le maire de la commune dénonce  » un Etat policier « .
Contrairement à ce que déclarait Mario Monti dans Le Figaro, jeudi, tous les Italiens ne prennent pas les mesures de rigueur avec un  » flegme britannique « .

Philippe Ridet (Rome, correspondant)
© Le Monde
(*) Ph. Ridet est un excellent journaliste qui s’est fait connaitre notamment en tant que journaliste du Monde accrédité à l’Élysée, autrement dit attaché aux pas de N. Sarkosy (un martyr professionnel, laissera t-il entendre) avant de devenir correspondant du journal en Italie, attaché cette fois aux pas de Berlusconi… 🙂

3 réflexions au sujet de « Pauvre Italie…! »

  1. Oui, pauvre Italie… Parmi le train de mesures prises sous le gouvernement Berlusconi, il y a eu des coupes sombres opérées dans les budgets éducatifs. Finie l’Histoire de l’Art, véritable épine dorsale nationale d’une Italie demeurée profondément régionaliste ; fini l’enseignement du français, relégué au magasin des antiquités, les jeunes italiens se ruant sur l’anglais (normal) et aussi sur l’espagnol (bizarre). Les « Humanités » souffrent le plus de ces mesures draconiennes, l’école nouvelle voulue par les dirigeants italiens devant, avant tout, faire la preuve de son « utilité » économique. Tout comme en France, où, sous prétexte qu’elle constituait un obstacle discriminatoire, l’épreuve de Culture Générale a été supprimée du concours de Sciences Po. Plutôt que d’élever le niveau général en rendant la culture accessible aux plus défavorisés, on préfère niveler par le bas pour produire de nouvelles générations de technocrates incultes. L’Italie et la France, jadis modèles d’excellence culturelle et de civilisation, risquent de s’enliser dans le marais de l’Histoire. Peut-être ira-t-on, dans un avenir pas si lointain, visiter les dépouilles et ruines de ces deux pays, comme l’on visite aujourd’hui celles de la défunte Grèce Antique, l’actuelle n’étant plus que l’ombre de sa prestigieuse devancière.
    Y.R.

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