Gustav Mahler, autopsie d’un génie

Ce soir ARTE proposait en direct un formidable concert pour célébrer le 100e anniversaire de la mort de Gustav Mahler.
Claudio Abbado dirigeait la Philharmonie de Berlin dans Le chant de la terre chanté par Anne Sofie Von Otter et Jonas Kaufmann. L’émotion courait tout au long de cette œuvre sublime. Le Maestro avait les larmes aux yeux en dirigeant le « Finale »
(sans diriger, nous les avions nous aussi… )
Ce concert était suivi d’une émission documentaire d’Andy Sommer sur Mahler, sa vie, son œuvre, portrait érudit grâce aux interventions du musicologue Henri-Louis de la Grange. Je pense- j’espère – que ceux qui auraient manqué l’émission pourront la visionner sur le site d’ARTE live web. On devrait y voir l’adagio de la 10e symphonie (inachevée), également au programme de ce soir, mais que j’ai manqué.

Voici l’une des vidéos que donnait à voir le documentaire, précisément l’adagio de la 10e par Bernstein :
(en 3 parties)


Il parait que la musique de Mahler est aujourd’hui l’une des plus jouées au monde. Si c’est vrai, c’est relativement récent. Je me souviens que dans les années 60s il était de bon ton de considérer que la musique de Mahler était inaudible car confuse, grandiloquente, le compositeur recherchant avant tout les effets, la puissance à travers un orchestre pléthorique, bref une musique « germanique » décadente…
Il est vrai qu’en 1910 Debussy avait montré le mauvais exemple lors d’un concert que donnait Mahler à Paris en quittant ostensiblement la salle au milieu du 2e mouvement de la 2e symphonie. Il ne supportait pas cette musique… mais il est vrai que c’était réciproque, que Mahler le lui rendait bien !

2 réflexions au sujet de « Gustav Mahler, autopsie d’un génie »

  1. Alma disait avant leur mariage que la musique de son fiancé était assourdissante…

    Je me suis intéressée à Alma, ainsi qu’à Fanny Mendelssohn et Clara Wieck, au travers d’un essai, publié chez L’Harmattan.
    http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=36589

    Si Félix avait un petit problème avec sa grande soeur… si géniale… et Robert (Schumann) avec sa chère et tendre Clara… finalement, Gustav (Mahler) fut sans doute le plus « clair » des trois

    J’ai écrit ce livre, par amour pour la musique, par envie de parler de trois femmes aux destinées à la fois similaires et dissemblables, dans leur réalisation et/ou leur frustration.
    Même si ces destins remontent aux 19ème et 20ème siècles, ils peuvent apparaître à nombre d’entre nous diablement modernes dans leur combat pour exister en dépit de tous les apriorismes.

    Merci pour l’attention que vous voudrez bien lui apporter.
    Bien cordialement

  2. Merci Agnès je vais de ce pas télécharger votre livre.
    J’ai bien noté aussi que « Agnès Boucher participera à l’emission « Les femmes, toute une histoire » sur France Inter le 13 mai à 16 heures ».
    A ce propos, connaissez-vous le compositeur français Florentine Mulsant? Elle m’a avoué avoir eu quelque mal à se faire éditer et avoir choisi finalement un éditeur allemand qui s’est spécialisé dans l’édition des compositeurs femmes, et notamment de Fanny Mendelssohn, Clara Schumann, Alma Mahler et quelques autres.
    Intéressant, non?

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