La leçon de musique de JFZ : Ligeti (2005)

(Pour une raison inexplicable, je retrouve dans le nouveau blog des brouillons d’articles jamais publiés dans l’ancien…Celui-ci qui date du 2/12/2005 était pourtant intéressant. A noter que Ligeti est mort quelques mois après.)

Première mondiale, hier à la mairie du XXe (Paris).

Jean-François Zygel, notre vedette nationale de la musique expliquée, donnait pour la première fois sa leçon de musique sur un compositeur contemporain vivant, György Ligeti, sur le thème : le temps continu.

Pourquoi continu (sans e final)? Pour nous faire comprendre et sentir la notion de processus continu chère à Ligeti. Les accords joués par l’orchestre se succèdent en changements réalisés note par note, d’une façon à peine perceptible en première écoute. La musique s’étire ainsi dans des pièces comme « lontano » ou « atmosphères pour grand orchestre » de sorte qu’on perçoit moins le discours musical qu’une texture, une matière sonore, une densité musicale. Peu perceptible au début, évident ensuite.

Surtout après qu’il nous ait expliqué que ce processus continu prend racine dans les processus répétitifs et la polyrythmie expérimentés par ses prédécesseurs, Nancarrow d’abord, avec ses œuvres pour piano mécanique (voir nos 20 leçons d’harmonie, chapitre 19 à la Bibliothèque de MusiComposer) , John Cage ensuite avec son piano « arrangé », puis tous ces américains de la musique minimaliste (dite aussi répétitive, Ibid.).

JFZ illustre son propos d’exemples tirés de ces musiques, bien sûr, puis il nous fait expérimenter ces processus aléatoires de polyrythmie sonore: toute la salle, 200 personnes chantant en même temps des i, u, a, o ou, sur tous les tons, toutes les octaves et tous les rythmes, quelle jubilation ! 🙂

Pour finir il nous fait entendre les premières mesures du 3e nocturne de Debussy (Sirènes) , puis les reprend fidèlement au piano, en les transformant peu peu « façon Ligeti », pour nous montrer la filiation entre ces deux compositeurs: démonstration éblouissante, comme d’habitude.

Merci Monsieur Zigel !

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