Moi, Pascal Dusapin, compositeur contemporain

Je me présente : je m’appelle Pascal Dusapin. Je suis compositeur depuis l’âge de 18 ans. Un journaliste du Monde dans un interview d’avril 2009 a écrit : “On dit qu’il est le plus connu et le plus joué en France et à l’étranger après Henri Dutilleux ». Le « on » était un peu téléphoné, je l’avoue, mais c’était nécessaire. Je plaidais alors la cause de l’autodidacte, du « bon sauvage » de la musique contemporaine que je prétendais être. Ce dernier week-end, j’ai pris la plume moi-même, toujours dans le Monde pour renouveler ce portrait. J’aime bien ce journal, il est très lu par mes commanditaires. J’ai besoin de publicité pour vivre, on va bientôt jouer ma musique à Pleyel – hélas avec celle de Dutilleux et Ravel -  il me faut donc faire un peu de teasing, attirer les foules.  Le thème de mon article était tout choisi en ce mois de septembre qui se veut le mois de la musique contemporaine. Je l’ai intitulé « Musiques sans frontières », au pluriel, par référence à la « WordMusic ». Oui, j’aime les anglicismes, on me reproche d’ailleurs d’en avoir émaillé mon article… mais ne suis-je pas un artiste international ? J’ai quand même sous-titré l’article « Au-delà des étiquettes et des chapelles, le paysage musical contemporain est une nébuleuse passionnante et mondiale« , histoire d’être bien compris. Car l’article fait une pleine page du journal, mais si vous avez lu le titre et le sous-titre, inutile -entre nous- de lire le reste : j’ai laïussé un maximum, mon contrat de pigiste prévoyant une page entière.
Ah non, pardon ! Lisez aussi la présentation que le journal a faite de moi, avec ma photo, car elle renouvelle le portrait par trop misérabiliste de mon interview de l’année dernière. Jugez-en tout de suite, d’ailleurs, car vous ne trouverez pas ces lignes dans les archives du Monde.fr :

Pascal Dusapin, Compositeur Né en 1955, ancien élève d’Olivier Messiaen, de Iannis Xenakis et de Franco Donatoni, Pacal Dusapin a été pensionnaire de l’Académie de France à Rome (1981-1983). Il a touché tous les genres : la musique pour soliste instrumental, ou vocal, comme la musique de chambre, l’orchestre, le chœur, le ballet et l’opéra. Il a été professeur à la chaire de création artistique du Collège de France (2006-2007).
Je suis content car ils ont repris in extenso le texte que je leur avais proposé. Cela fait un bon CV, non? Avec cet article, j’avais l’objectif de faire mieux que Wikipedia, dans l’article consacré à la musique contemporaine. Ce n’était pas difficile puisqu’il ne parle même pas de moi… Incroyable! – En fait il n’y en a que pour les morts, ce qui limite  ou du moins relativise la notion de contemporain.
C’est d’ailleurs une réflexion importante que j’ai développée sur deux paragraphes dans mon article. Ensuite, j’ai élargi mon propos en situant la musique contemporaine dans son univers historique global à partir des années 50s, les années de ma naissance. Ceci m’a permis de me situer historiquement en tant que compositeur de l’époque, en distribuant quelques claques- en même temps que j’enfonçais des portes ouvertes, je dois l’avouer:
« Seuls de solides crétins peuvent accréditer l’idée guignolesque que la musique de Webern est un progrès eu égard à celle de Beethoven. Mais le contraire est vrai aussi !  »
« A quoi cela peut-il servir de penser que la musique s’est trompée de chemin (comme certains l’affirment) puisqu’elle a pris ce chemin ? C’est un phénomène de réaction classique qui ne concerne pas que la musique. Toutes les pratiques de l’Art, voire la société tout entière, sont traversées par ce type de mouvements de pensée régressifs et pleutres. »
Et toc!
« Si j’excepte les pitreries de quelques camarades d’université, que savais-je de la Chine en 1975, de Dubaï, de l’Afghanistan, ou même du monde arabe ?, Le sida, le chômage, les catastrophes économiques ou naturelles, Google, Ben Laden, le pétrole du Koweït, Dieu sous ses formes renouvelées, Steve Jobs et Bill Gates, le téléphone portable, le fric fou, l’écologie, les SMS, la burqa, Lady Gaga, le téléchargement et les cambrioleurs de toutes sortes, de Bernard Tapie à George Bush, etc.  » Pas mal, non?
Et je n’ai eu garde d’oublier la jeunesse, en enfilant quelques perles : « Le futur a changé d’avenir »…Joli, non?

Car, maintenant que ma notoriété me permet d’avoir de jeunes compositeurs comme élèves, des élèves pleins de talents, évidemment… Je ne pouvais pas les oublier :
« Cette année, dans mes cours à la Musikhochschule de Munich, j’en ai découvert deux ou trois tout à fait renversants. C’est beaucoup ! »
« Notre jeune compositeur sait d’instinct qu’appréhender ce monde dans sa totalité est chimérique. A la vérité, cela ne l’était pas moins de mon temps mais tout allait moins vite et les ignorances étaient plus farouches. Aujourd’hui, la connaissance pyramidale dans laquelle j’ai moi-même été élevé ne me semble pas l’inquiétude théorique de la jeune génération des compositeurs. Les réseaux leur ont appris que tout se distribuait en rhizomes, pas en niveaux hiérarchiques ».
Mais surtout, ces propos me permettent de démontrer que ma musique est réellement contemporaine puisqu’elle est sans références historico-socio-musicologiques. J’ai d’ailleurs repris cette idée en conclusion de mon article avec une citation : « A ce point, j’aimerais citer cette phrase issue du magnifique livre de Giorgio Agamben Qu’est-ce que le contemporain ? (Rivages, 2008) : « Ceux qui coïncident trop pleinement avec l’époque, qui conviennent parfaitement avec elle sur tous les points ne sont pas des contemporains parce que, pour ces raisons mêmes, ils n’arrivent pas à la voir. Ils ne peuvent pas fixer le regard qu’ils portent sur elle. » C’est clair, non?  
Pascal Dusapin (p.c.c. Jean-Louis Foucart)

33 réflexions au sujet de « Moi, Pascal Dusapin, compositeur contemporain »

  1. La raison de ce sujet sur Pascal Dusapin…Serait-ce de la jalousie ?

    Serais-je jaloux de cet excellent vendeur de sa musique qu’est Pascal Dusapin?
    A la réflexion, peut-être… Il est clair que pour ma part, j’ai beaucoup plus de mal à vendre la mienne…d’autant que je n’ai pas encore commencé. :-)
    Ce billet reflète mon opinion sur le bonhomme. Quant à savoir ce que je pense du compositeur, il suffit de taper Dusapin dans le moteur du blog, en haut à droite pour avoir la réponse.

  2. Bonjour, je découvre ce blog qui me semble très intéressant mais j’avoue ne pas comprendre très bien la raison de ce sujet sur Pascal Dusapin. Serait-ce de la jalousie ?

  3. Voir ici un extrait de la dernière "livraison" de Dusapin, son opéra "Passion" qui est joué au Théâtre des Champs Elysées :
    http://www.theatrechampselysees….

    Pour le reste, concernant les dérives culturelles que stigmatise Yves Rinaldi, je suis assez d’accord avec Laurent : ce ne sont pas les institutions qu’il faut montrer du doigt de façon systématique, mais plutôt ce qu’en font nos dirigeants, au quotidien.
    Musées publics et galeries privées, même combat?
    Théatre des Champs Elysées et Stade de France, même combat?

  4. Merci Totor (voila un pseudo qui, au moins, ne traduit aucun orgueil mal placé de la part de son auteur) pour votre message. Lorsque j’évoquais la dialectique, je l’envisageais justement dans son sens dérivé – et altéré – que les marxistes lui avaient donné ; à savoir : une pseudo-confrontation de points de vue strictement encadrée par une pensée…unique en l’occurrence car exclusive, sur un plan idéologique, à l’instar de l’ancienne « disputatio » chère à la scholastique médiévale, dont la Sorbonne était férue et experte. C’est justement ce paradoxe là que je cherchais à souligner : une pensée, une idéologie monolithiques se parant du costume vertueux de la dialectique et de la pluralité des approches. Et, force est de constater que notre pays est devenu champion de ce type de contorsion intellectuelle qui ressemble fort à l’idéologie fordiste qui recommandait de laisser les consommateurs américains libres de choisir leur voiture, pourvu qu’elle soit une Ford T…. Transposée aux enjeux qui nous intéressent dans cette tribune, il s’agirait d’admettre le pluralisme culturel et artistique, pourvu qu’il corresponde au dogmatisme en vigueur dans les cénacles auto-proclamés du moment.
    Cordialement,
    Yves Rinaldi.
    Yves Rinaldi.

  5. Pour émettre une simple remarque de bon sens, il me semble que l’art de cour des XVIIe et XVIIIe siècles n’a pas donné que des restes de « naufrage », tout de même… C’est aller bien vite en besogne. Et si le ministère de la culture est bien une excroissance de la tradition centralisatrice française, il faut aussi souligner qu’il est une innovation gaullienne : il y a donc eu solutions de continuité entre le Grand Siècle et les années 1950 : l’histoire n’est pas un déterminisme.

    Du reste, l’art « officiel » de notre temps peut aussi produire du beau et du bon : quelle que soit la personnalité et les travers de Boulez, plusieurs de ses œuvres n’en sont pas moins stimulantes (ne confondons pas un maître avec ses épigones). Après tout, en matière d’art « officiel », ne retrouve-t-on pas depuis quelques temps les vertus et l’équilibre de l’art académique du XIX siècle, de la peinture des Couture et Cabanel aux opéras de Thomas ?

  6. Bonjour Yves RINALDI

    Vous parlez de « monolithisme dialectique » : la dialectique étant la mise en opposition des contraires ne saurait être constitutive de quelque monolithe que ce soit

    Ce qui est monolithique est la « pensée unique », comme vous le soulignez très justement, précisément parce qu’elle exclut les différences, et dont vous établissez à juste titre la lointaine filiation objective avec l’académisme (que l’on pourrait d’ailleurs généraliser en tant que « conservatisme », ce qui rétablirait aussi la parenté réelle la plus triviale entre politique et culture)

    Une raison à tout cela ? Nous nous sommes réveillés vieux au lendemain de notre (trop) glorieuse histoire, et de cet âge pesant , qui engourdit l’esprit public, nous avons gardé le goût des valeurs « consacrées »

    Pour faire un beau vieux, il faut avoir eu une belle jeunesse : la nôtre, culturellement parlant s’est engloutie avec l’absolutisme dès l’Ancien régime : de ce naufrage est née la lignée de l’Art officiel, propagande qui n’avoue pas sa vraie nature, et qui satisfait si bien l’appétit pour le déjà vu des médiocres, et la propension à s’immiscer partout des hommes de pouvoir

    Sans Louis XIV, point de ministère de la culture au sens « moderne » (raccourci volontairement polémique…)

    Votre réflexion est à ce titre remarquable : c’est si rare de lire un texte qui sorte un peu des sentiers battus…

    D’habitude, la discussion (pas la réflexion, hélas) revient à dire : il y a sûrement une bonne raison d’en parler… puisqu’on en parle, ce qui est la consécration telle que la conçoivent les snobs…

    Et pour contredire Bricas, tout en paraphrasant Brassens : « le temps ne fait rien à l’affaire »

  7. Il me semble que ce débat sur la musique et la personnalité de Pascal Dusapin est révélateur de l’idéologie qui anime les milieux officiels de la création contemporaine dont on retrouve d’ailleurs les termes à l’identique dans celui concernant les arts plastiques et que je connais donc un peu mieux. On a du mal à envisager la création dans sa pluralité et on n’admet la notion de progrès que dans le mouvement et l’innovation que l’on consacre volontiers de « modernes », afin de bien l’opposer au reste, à celle des « non-modernes » qui, du coup, deviennent des « anti-modernes », immédiatement suspectés de fascisme réactionnaire et bien sûr de ce fait stigmatisés par la Pensée Unique, ce fléau issue de l’énarchie qui s’est également emparée des rênes de la politique culturelle française.
    Le monolithisme dialectique qui règne désormais sur les arts en France, n’est certes pas nouveau et procède d’une pesante tradition colbertiste ; jadis « académique », l’idéologie officielle des institutions artistiques se pense aujourd’hui résolument « moderne » et « créative » au point d’en devenir un nouvel académisme qui s’ignore : celui de la nouveauté à n’importe quel prix, surtout si ce dernier voit sa côte boostée par le marché…. Et ce qui est valable pour les Xavier Veilhant et autres Carole Benzakem l’est également pour Dusapin et la plupart des compositeurs issus de cette mouvance contemporaine « avant-gardiste ».
    La confusion, sciemment entretenue, entre « modernité » et effet de « mode » conduit à ne considérer qu’un seul point de vue de la création, tout en déconsidérant les autres points de vue, complémentaires mais pas forcément antithétiques. Nous avons eu le droit au règne sans partage des « installationnistes » dans les arts plastiques des années 1980-2000 ; aujourd’hui les néo-pop-artistes à tendance néo-mangas se partage les cimaises des plus grandes institutions qui ne prennent aucun risque à consacrer des célébrités… déjà consacrées par la spéculation du marché de l’art, de même que l’on ne prend plus beaucoup de risque à programmer Dusapin…dans des institutions publiques dont on sait, par avance, que le contribuable paiera les places invendues (et invendables ?). Il arrive un moment où l’on parvient à se demander quel sens a encore la politique culturelle de notre pays quand on voit l’ahurissant déclin du prestige des artistes français à l’étranger, notre pays ayant désormais acquis la réputation d’être une province reculée de la création et une destination tout à fait évitable pour les artistes souhaitant acquérir une audience internationale. Ne faudrait-il pas y voir également un effet pervers de la façon dont on distribue les subventions destinées à « favoriser les œuvres de l’esprit », comme le prévoyait la charte fondatrice du Ministère de la Culture? Il est certain que les choix opérés laisseront toujours des artistes frustrès sur le bord de la route mais il faut reconnaître que l’on voit et l’on entend systématiquement les mêmes, toujours aux meilleures places et que dans les cénacles concernés, l’on se repaît toujours des mêmes chimères sur le « rayonnement culturel de la France ». Un aveuglement un peu trop chronique sévit ici, au point qu’on se demande, là-bas ou plutôt ici-bas s’il ne sert d’autres intérêts que ceux de l’art….
    Yves RINALDI

  8. cit. Totor : Ne serait-il pas plus simple de dire tout bêtement : « ce que je compose me vient … comme ça me vient, parce que … je suis musicien »

    je suis d’accord avec vous bien sûr, rien ne vaut la simplicité et le langage direct, mair alors ce ne serait ni le même homme justement ni le même domaine musical….
    A mon avis, Parler de « sa musique » pour Pascal Dusapin, fait partie de son mode de pensée, et du même geste créateur que celui de « faire de la musique » …je pense qu’il n’a pas renoncé à la parole dite ou écrite juste parce qu’il est musicien…Il se place tranquillement à la frontière de tous ces domaines …( écriture, discussion, art de la conversation, philosophie, architecture,)…son rêve est peut être celui d’un grand sorcier, faiseur de formes musicales à la fois folles et raisonnées… ça peut être exaspérant quelquefois de se perdre dans tant de considérations…
    Si tout ce « paratexte  » ou cet « appareillage » accompagnant chaque partition musicale, jugé prétentieux et inutile par certains, si tout cela n’est pas de la supercherie, et cela lui est vraiment nécessaire, pourquoi lui refuser ?

    Comme vous dites,Totor, il reste une solution : celle de suivre un des conseils possibles et souhaitables de Pascal Dusapin :
    - Allez écouter mes œuvres en concert, et vous comprendrez… »

  9. En lisant les interventions sur ce forum à propos de Dusapin, j’ai une réaction que certains trouveront simpliste : à mon avis, une musique, pour être qualifiée ainsi, doit éveiller, interpeler (positivement), à première écoute, l’intérêt et la sensibilité de l’auditeur. L’analyse vient ensuite, qui peut constituer un enrichissement de l’écoute. Je pense que la même réflexion vaut pour les autres arts. Bien entendu, on peut objecter que la qualité d’écoute dépend de la qualité de l’auditeur, de sa sensibilité, de sa formation etc. On peut aussi constater, à juste titre, que l’arbitre final est le temps, bien que de nombreux ratés ont eu lieu…Mais chacun fait ses choix et a le droit d’en exprimer les raisons.

    Je ne connaissais pas « Clam 2/2 » de Dusapin qui est effectivement réussi. De ses opéras je ne connais que
    « Medeamaterial » dont j’avais acheté le disque il y a quelques années, et qui m’a beaucoup ennuyé.
    « Clam » me rappelle certaines réalisations d’Eliott Carter que je trouve bien venues du fait du foisonnement sonore, du mélange judicieux des timbres, mais selon mon sentiment, le développement de « Clam » est bien linéaire et évènementiel. Ce qui compte, c’est que mon intérêt et ma sensibilité sont éveillés par cette courte pièce…mais par quoi ne faut-il pas passer pour en arriver là!! Je trouve que d’autres compositeurs français actuels ont vraiment quelque-chose à dire, comme par exemple Connesson, Dutilleux, Escaich, Dalbavie…et personnellement je ne mets pas Dusapin sur le même plan. Mais, comme on dit : cela n’engage que moi .

  10. Merci Emilie pour votre réponse déjà très fouillée, et qui apporte un éclairage intéressant sur des questions complexes

    C’est amusant que vous établissiez en fin de votre explication un parallèle avec la musique de Mozart : je me rappelle d’une bagarre homérique que j’ai eue il y a pas mal d’années avec un copain, également fondu de musique, parce qu’il affirmait (péremptoirement, selon moi) que la différence principale entre Mozart et Beethoven résidait dans cette question de volume : Mozart se serait déployé en surface, et Beethoven dans un espace « psychologique » multi-dimensionnel »

    Comme cela devait vouloir dire que l’un restait à la « surface », et que l’autre évoluait dans les « profondeurs insondables » de l’âme humaine, j’ai trouvé cette mise en opposition comme un artefact intellectuel parfaitement dénué de fondement

    D’où la question posée à propos de votre remarque sur la musique de Dusapin

    Quand on connaît le degré d’abstraction des réflexions de l’intéressé sur l’essence de son Art, on peut s’interroger sur le côté réel de ce qu’il avance comme explication

    Ne serait-il pas plus simple de dire tout bêtement : « ce que je compose me vient … comme ça me vient, parce que … je suis musicien »

    Mais alors, que resterait-il à dire à ceux qui vont à ses confèrences ?

    Autre réponse possible : « Allez écouter mes œuvres en concert, et vous comprendrez… »

    Cordialement

  11. « La musique en trois dimensions » chez Dusapin :

    Comment l’expliquer ? Comment reconnaître ces dimensions ?

    « mélodie », « rythme » et « composition » ne sont pas à proprement dit, les éléments constitutifs de cette musique, même si en un sens ils y sont mêlés.

    Mélodie et rythme sont plus du fait d’ une pensée linéaire : ainsi beaucoup d’auteurs de musique classique (au sens général) organisent leur musique d’un point A à un autre point Z tout en la faisant évoluer par maints chemins surprenants
    Mélodiquement, rythmiquement, dramatiquement…Les fugues de Bach, les sonates de Mozart, celles de Beethoven par exemple, sont très organisées et dirigées de cette façon, (tension, détente, point culminant d’un chant, cadences, résolutions, etc.) d’autres pièces au contraire restent suspendues, extatiques, comme certaines œuvres d’Eric Satie .

    Il faudrait considérer une pièce donnée de Pascal Dusapin, partition en mains évidemment et argumenter de façon précise pour illustrer ces propos (je ne donne ici que quelques termes généraux)
    - Ecoutons par exemple du solo orchestral 4 Clam donné plus haut
    Qu’est-ce qui donne cette impression d’espace, de volume ?

    - Les sources sonores : simultanées, diffuses, multiples et démultipliant justement les point sonores originaux (propagation du son)
    - La résonance, la vibration : augmentation et prolongement en écho des sons originaux (longueur, largeur)
    - Les timbres, l’épaisseur et la coloration du son, timbres multiples, décalés, superposées, en échos, (épaisseur)
    - La translation rapide et le déplacement des registres aigus vers les mediums et basses
    - l’agogie et la vitesse de déplacement de ces « formes » musicales et en mouvement.

    Tout cela donne l’impression d’un « environnement sonore », écrit, mesuré, coloré, agité et diffusé en tous points, et d’un réel volume sonore..

    (Certains compositeurs sur nos forums « MusiComposer » s’apparentent un peu à ce type de musique là.. sensible et intuitive, spatiale. )

    Dusapin parle plutôt bien de musique.
    Quant à ce qu’il dit encore de la musique telle qu’il la pense : il évoque encore la forme, le volume, la sculpture, et même la forme vivante (élastique, évanescente, fuyante, organique )
     » former c’est inventer des bords…
    assembler des blocs de durée,
    je suis un écrivain de musique, c’est du dessin »

    Est-ce seulement une impression de vocabulaire et de déclaration péremptoire ?
    « agogie, élasticité, timbre, translation, spectres sonores » …ne peut on pas retrouver tous ces éléments dans un opéra de Mozart ?

    Dusapin écrit la musique, certes de façon artisanale et savante, mais à l’ombre de Xenakis en un sens, l’architecte et le musicien, inventeur de « polytopes » de musique et lumière.

    voilà Totor pour répondre à votre question, ma réponse tardive …et encore incomplète

    Emilie

  12. Emilie :

    Dusapin est sans doute plus un architecte de l’immatériel, un architecte qui pense la musique en volume, en trois dimensions

    Quelles sont ces trois dimensions ? Mélodie, Rythme, composition ? Comment les reconnaissez-vous, et comment les appelleriez-vous concrètement chez Dusapin ?

  13. Pour ma part j’aime certaines pièces de Dusapin, son opéra « Perela, l’homme de fumée » par exemple, ou des pièces pour piano. En revanche, dès qu’il parle ou qu’il écrit, cela devient quelconque et prétentieux. Il surfe sur les idées à la mode, sans assurer aucune consistance à son discours.
    Encore une fois, il y a des gens qui savent parler de musique (Boulez par exemple – je le dis d’autant plus volontiers que je n’aime pas sa musique), mais pas Dusapin.

  14. Frédéric Ferney (le Bateau Libre) parle plutôt bien de Pascal Dusapin, et avec Dusapin en personne.

    <img src=""Le Bateau Libre" N°1 Pascal Dusapinenvoyé par lebateaulibre. – Futurs lauréats du Sundance. />

    Pour ma part, j’estime que sa musique est ce qu’elle est, mais Dusapin est certainement l’un des compositeurs les plus cultivés et les plus intéressants de sa génération, certainement parce qu’il est entouré d’artistes-chercheurs appartenant à divers domaines (biologistes, architectes, écrivains, philosophes) et qu’il ne cesse de "penser la musique" et de la « mettre en question » et aussi de la mettre en quelque sorte « en danger ». J’aime bien cette prise de risque…

    à écouter:
    le bal

    comme il titre son livre, "une musique entrain de se faire", sa musique quelque part se cherche continuellement.

    On peut apprécier son discours par rapport à l’espace, aux arts plastiques, à l’écriture, à l’architecture, et à la philosophie, la pensée de Deleuze (Rhizome) …
    Dusapin est sans doute plus un architecte de l’immatériel, un architecte qui pense la musique en volume, en trois dimensions…Sans cesse préoccupé par la forme, tout en la combattant.

    Son opéra Passion sera donné à Paris, début octobre 2010, au
    Théâtre des Champs Elysées

    Ses citations:(sources vidéo rue 89)

    " Composer c’est penser" donner à la musique de s’inclure dans l’espace infinie qu’est le monde"…

    "j’écris pour moi pour quelques amis et pour adoucir le cours du temps…"
    (Borges)

    " écrire pour soi n’est pas une solution, il faut éviter de se faire plaisir…ne pas réduire sa pensée à des choses que l’on connaît "…

    "Mon corps se délite si je ne pense pas, si je n’écris pas de la musique"

    Alors, qu’écouterons-nous de Dusapin en premier ?

    Certainement pas tout de suite ses œuvres pour piano…Je crois que le piano est un instrument réducteur pour les compositions de Pascal Dusapin, même si les performances des interprètes sont admirables car ces pièces sont redoutables, mais aussi très ardues à l’écoute…Ses œuvres orchestrales et vocales conviennent mieux à l’univers qu’il imagine et sont plus réceptives.

    Voici un extrait d’une œuvre intéressante dans laquelle je défie tout mélomane d’y déceler une quelconque « bouillie » sonore (n’est-ce pas chers amis compositeurs )

    Clam :

    <img src="

  15. Un vrai faux :

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    URGENT
    Recherchons admirateur/trice pour commentaire sur ce blog en vue de remonter la cote Du Sapin au marché de Noël.
    Quadrumane débutant s’abstenir.

  16. Victor, Fred, Laurent, ne vous méprenez pas : l’anathème que m’a jeté « Monsieur trois points » ne mérite pas de réponse. Il est le fait d’un jeune homme qui n’a pas vraiment terminé sa crise d’adolescence.
    On l’a vu pendant quelque mois dans nos forums; il portait en bandoulière son arrogance et son mépris pour les compositeurs « qui ne sont pas de leur siècle puisqu’ils composent comme grand Papa »…
    Il nous a quitté brutalement un jour en démontrant son manque d’humour et sa mauvaise éducation. Je n’imaginais pas qu’il lisait encore le blog, probablement sur Facebook qu’il fréquente beaucoup.
    Sa mère (il vit chez ses parents) est, je crois infirmière. Espérons qu’elle saura soigner son handicap.
    Pour moi, en tout cas, il n’y a pas sujet à discuter plus avant.
    PS. Les commentaires sont modérés a priori depuis la mi-aout car nous recevons beaucoup de spam fabriqué « à la main », je veux dire par des hommes et non par les habituels robots. :-)

    Avis recherche
    URGENT
    Recherchons admirateur/trice pour commentaire sur ce blog en vue de remonter la cote Du Sapin au marché de l’art.
    Melomane débutant s’abstenir.

  17. Je trouve (pour ma modeste part) :

    1) qu’on peut ne pas aimer Dusapin sans forcément rejeter la musique contemporaine ;

    2) qu’on peut aussi aimer la musique de Dusapin et ne pas aimer le personnage ;

    3) qu’on la droit de vivre même sans aimer la musique contemporaine, et de s’exprimer librement ;

    4) qu’on peut toujours écrire de très belles choses en si bémol ;

    5) qu’il n’est pas nécessaire d’être joué à l’opéra Bastille ou à Donaueschingen pour avoir quelque chose à dire, et avoir quelque chose à dire en art est toujours respectable ;

    6) que les « amateurs compositeurs » ont au moins le courage de signer leurs œuvres à « bonne médiocrité », quand certains internautes auto-érigés en arbitres des bons goûts (tout en fustigeant cette attitude chez autrui) n’ont pas le courage de signer leurs insultes exposant une bêtise crasse.

    Je ne vous salue pas, monsieur « … »

  18. Je ne le connaissais pas mais vos commentaires ont aiguisé ma curiosité. J’ai donc écouté plusieurs pièces de Dusapin.
    Sur plusieurs d’entre elles j’ai eu l’impression d’entendre une même note une note sur deux ou sur trois. Sur les autres bouillie ou cacophonie suffit à qualifier mon impression (toute personnelle). Je ne me prononcerai pas sur l’idée que ceux qui disent l’aimer le font par conformisme, n’étant pas dans leur tête. J’espère simplement pour eux qu’il n’en est rien.

  19. Dusapin descend pourtant du Sapiens, comme dirait son copain Coppens (Yves…)

    Pour la bouillie, il reste au choix : les pastilles Rennie, ou mieux, les boules Quies

  20. Allez, on en verra toujours, des gens qui ne savent pas penser par eux-mêmes, qui gobent tout ce qui est à  la mode sans un soupçon de recul. Le degré d’éducation n’y fait rien : les uns sont fanatiques de Lady Gaga, les autres de Dusapin. C’est confortable d’avoir la même opinion que ses pairs. La seule différence, peut-être, c’est que les plus éduqués sont les plus intolérants.

  21. Victor, Fred, Laurent, ne vous méprenez pas : l’anathème que m’a jeté "Monsieur trois points" ne mérite pas de réponse. Il est le fait d’un jeune homme qui n’a pas vraiment terminé sa crise d’adolescence.
    On l’a vu pendant quelque mois dans nos forums; il portait en bandoulière son arrogance et son mépris pour les compositeurs "qui ne sont pas de leur siècle puisqu’ils composent comme grand Papa"
    Il nous a quitté brutalement un jour en démontrant son manque d’humour et sa mauvaise éducation. Je n’imaginais pas qu’il lisait encore le blog, probablement sur Facebook qu’il fréquente beaucoup.
    Sa mère (il vit chez ses parents) est, je crois infirmière. Espérons qu’elle saura soigner son handicap.
    Pour moi, en tout cas, il n’y a pas sujet à  discuter plus avant.
    PS. Les commentaires sont modérés a priori depuis la mi-aout car nous recevons beaucoup de spam fabriqué « à  la main », je veux dire par des hommes et non par les habituels robots. :-)

  22. Plancher sur Dusapin (!) avec humour vaut mieux que de se farcir ses écrits : les amateurs auront au moins rigolé un bon coup, et se moquer d’un nombriliste revient à  pratiquer l’hygiène intellectuelle la plus salutaire

    Quant à  la postérité… Parle-t-on de l’opinion publique de cette foule protéiforme d’obscurs abrutis qui avait quasiment oublié J-S Bach, avant de jeter Telemann, tout en méprisant Haydn, etc. ?

    Que sait-on aujourd’hui de la masse de génie humain que la connerie ordinaire a balancé aux oubliettes ?

    "Je n’ai jamais pu comprendre l’infini – la seule chose qui m’en donne une idée est l’étendue de la bêtise humaine" (Einstein)

  23. bonjour a tous.
    quelle polémique …. sur ce Monsieur dusapin….
    on en parle dans cent…deux cent ans…..on verra ce qui reste de l’œuvre.
    et puis ce discours toujours aussi inutile sur le "contemporain… pas contemporain …"
    qui détient la vérité ? personne. seul la vérité du coeur et des émotions reelles transcrites musicalement résisteront aux polémiques et aux temps futurs. le temps décidera pour nous tous, comme pour ceux d’hier, ceux-la même qui nourrissent aujourd’hui nos modestes ambitions musicales et notre culture.

  24. J’avais cru le rédacteur JLF malicieux et plutôt admirateur de Dusapin …ou ai je mal compris l’article ?

    Je parle du vrai Dusapin (pas denoù«l)

    – Oui, oui "on peut écrire encore beaucoup de grandes choses en si b Majeur " pour paraphraser un grand homme

  25. Je trouve (pour ma modeste part) :

    1) qu’on peut ne pas aimer Dusapin sans forcément rejeter la musique contemporaine ;

    2) qu’on peut aussi aimer la musique de Dusapin et ne pas aimer le personnage ;

    3) qu’on la droit de vivre même sans aimer la musique contemporaine, et de s’exprimer librement ;

    4) qu’on peut toujours écrire de très belles choses en si bémol ;

    5) qu’il n’est pas nécessaire d’être joué à  l’opéra Bastille ou à  Donaueschingen pour avoir quelque chose à  dire, et avoir quelque chose à  dire en art est toujours respectable ;

    6) que les "amateurs compositeurs" ont au moins le courage de signer leurs œuvres à  "bonne médiocrité", quand certains internautes auto-érigés en arbitres des bons goûts (tout en fustigeant cette attitude chez autrui) n’ont pas le courage de signer leurs insultes exposant une bêtise crasse.

    Je ne vous salue pas, monsieur "…"

  26. Dusapin est un type bien… quand il compose de la musique. Quand il parle ou quand il écrit, il est incompréhensible, redondant, inintéressant. On est loin, très loin, des qualités de pédagogue de personnes comme Messiaen, Boulez ou Bernstein.

  27. C’est assez drôle comme article, mais si c’est une critique – et ça l’est -, il n’y a aucun argument derrière. JLF a t-il ouvert et écouté au moins une dizaine de partitions de Dusapin avant de pouvoir juger ? (et non pas survolé une partoche et écouté un extrait ou être allé à deux concerts !)
    Vos articles sont vides, creux, puisque la critique est superficielle : vous ne parlez même pas de musique mais vous vous attaquez au personnage. C’est aussi dégoûtant que de s’attaquer au physique d’une personne, et cela ne fait que révéler la débilité de vos propos.

    Peut-être êtes vous jaloux que Dusapin ait une personnalité – au moins musicale ?

    Si vous voulez vraiment agir – càd concrètement -, commencez par vous taire s’il vous plaît. Au lieu de dire des âneries, présentez-nous vos superbes compositions en sib Majeur (à moins que vous soyez déjà passé à polytonalité ?) ou des pièces pour orchestre ?

    Ce qui me gène avec les amateurs compositeurs, c’est qu’ils font de la musique sans avoir une connaissance profonde du passé, tout en ignorant ce que font les compositeurs aujourd’hui (sauf les Beffa, Bacri et autres compositeurs à rayonnement microscopique s’enterrant dans des clichés acceptés par la société et un politiquement correct).
    Concernant la technique, ils appliquent « théorie, harmonie et contrepoint », sans regarder plus loin que leur nez. La peur est toujours le même sentiment qui gouverne l’ignorant : peur d’autrui, de la nouveauté, de l’étranger ; ça ne m’étonne aucunement au regard de vos partitions.

    Alors c’est sûr, à ce jeu, JLF, vous êtes plutôt bon, mais vous trainer un chiffon d’âme, rien de plus. Vous ne creusez pas à l’intérieur de vous-même, ni ne vous surpassez. Vous incarnez la bonne médiocrité de l’amateur péteux qui est fier de se dire compositeur pour le temps de sa retraite (lisez les correspondances de Monsieur Croche, bon sang !).

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