Christian Binet, scénariste et compositeur Haut de Gamme

Le saviez-vous ? Christian Binet, le célêbre dessinateur et scénariste des Bidochons est également compositeur de musique classique ! La musique est depuis toujours une de ses grandes passions. En voici la preuve: sa nouvelle BD « Haut de gamme, Bas de gamme, volume 1 » (éd. Dargaud) qui met en scêne des personnages sortis tout droit de l’univers des Bidochons, tous demandeurs de musique (élêves, professeur, solistes, chambristes, parents d’élêves, public). C’est certainement la BD que les mélomanes, apprentis musiciens et professeurs de musique auront plaisir à  lire.

Tout en créant maintes situations coquaces et comiques, Binet atteste d’une connaissance pointue de la musique, de la vie de concert, voire même de la pédagogie musicale (en citant par exemple certains des tubes de Tansman et de Kabalevski réguliêrement joués par les jeunes pianistes) à  croire qu’il a réellement vécu toutes ces situations.
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Christian Binet scénariste, dessinateur compositeur de Haut de Gamme Le scénario ? Un pianiste concertiste, et mozartien de surccroù®t, sur le déclin, est contraint de donner des leçons de piano. Peu à  peu pour échapper à  l’ennui de sa nouvelle profession, pour oublier la médiocrité et les lubies de ses élêves (tous à¢ges et tous styles confondus), il se découvre heureusement un hobby inattendu, véritable échappatoire. Três musicale, la plume de Christian Binet, est aussi ironique, qu’on en juge dês les premiêres pages, relatant l’apprentie pianiste passionnée de Chopin, surnommé pour l’occasion Choupinou (il fallait oser le diminutif en cette année Chopin 2010 ) On rit aussi volontiers en découvrant la prof de trompette rivalisant de ruses auprês d’un jeune élêve (qui ne songe qu’au football), pour le convaincre de jouer Purcell et Lully, mais c’est l’épisode « Mozart » (qu’on pourrait sous-titrer: « l’art de jouer Mozart ou pour la disparition du son ») qui vaut son pesant d’or. Comique et parfois féroce, la plume de Christian Binet, sait tempérer au coeur du récit des crescendo et des diminuendo. Les premiers motifs s’échappant de la BD sont entendus depuis une salle de concert, où¹ de rares applaudissements fusent, et l’histoire se poursuit à  travers les pages du répertoire baroque, classique, romantique et même ultra-contemporain (avec des clusters à  poings frappés, moqueurs et brutaux) jusqu’au silence énigmatique et cornélien d’un élêve aussi émouvant que têtu, muré dans ses souvenirs. Il en restera figé sur son siêge, dans le silence. La parole du professeur concertiste la plus intéressante et la plus énigmatique pourrait bien être celle-ci :« il y a plus important encore que la premiêre note, c’est avant la premiêre note.» (p.7) Elle est três chopinienne cette remarque de Binet. Tout l’épisode Chopin Prélude 4 est un hommage à  peine irrévérencieux et irrésistible au compositeur tant fêté cette année.(On aura noté l’adorable « pardon Chopin » placé en bas de la page de garde).
Le graphisme si particulier de Binet s’apparente à  celui des croquis savants, exécutés dans l’urgence et il peut surprendre au début, mais ces dessins fous à  vrai dire, à  la fois sophistiqués et crus, n’ont que l’apparence de l’esquisse. Même pour un lecteur (aimant vraiment la musique) qui auparavant n’aurait pas prêté grande attention au style des BD- Bidochons, ce théà¢tre musical dessiné Haut de gamme – Bas de gamme, offrira un bon moment de détente. Vivement le tome 2 ! Emilie A.
Visualisez les premiêres pages de la BD sur le site de l’éditeur Dargaud

7 réflexions au sujet de « Christian Binet, scénariste et compositeur Haut de Gamme »

  1. Compositeur, Binet l’est absolument.
    Dans sa dernière BD Haut de gamme, un "Prélude pour orchestre à  cordes
    (violons 1 et 2, alto, cello et contrebasses) et déambulateur" figure au dos des pages de couverture…Prélude signé de l’auteur, Christian Binet.

    Il est écrit en ré b majeur d’après ce que j’en ai lu, Un Andante de 29 mesures , chiffré à  4/4…
    Les violons et altos évoluent dans des valeurs brèves et s’opposent aux pupitres graves, qui sont l’assise du morceau ( valeurs longues, rondes et blanches) Le thème principal joué aux violons 1, chante avec nostalgie, et s’apparente à  une complainte.

    Après la demi cadence ( au milieu du prélude, mes. 14) commence un dialogue plus animé, entre les pupitres aigus ( violons 1 contre violons 2 et alti ) ce mouvement alterné, syncopé, donne l’impression d’un passage ternaire dans du binaire,c’est l’instant solaire du prélude qui ne dure que six mesures…Dès la mesure 21, le thème principal, et toute l’exposition du prélude reprennent (a tempo) jusqu’à  la cadence finale.

    le propos intimiste de ce prélude nous ferait souhaiter presque l’entendre par un ensemble à  cordes plus restreint (quintet, quatuor )

  2. Oui merci Nicolas, l’interview est intéressant…J’aimerais bien entendre les compositions de Christian Binet, connais-tu l’adresse d’un site musical où¹ il les présenterait ?

  3. Grand Merci à  Hélène Werlé, pour son message et l’indication de l’adresse du site "bidochon", que mon article ait plu à  Christian Binet me fait très plaisir, et qu’on prenne le temps de l’écrire aussi.

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