Yvonne Loriod

Les obsêques d’Yvonne Loriod, immense pianiste, interprête et fidêle compagne du grand Compositeur Olivier Messiaen auront lieu demain 25 mai à  Paris en l’église de La Trinité, à  15 h. C’est en principe Olivier Latry qui tient les Grandes Orgues selon la volonté de Mme Yvonne Loriod.

(Article nécrologique du journal Le Monde) Le piano du XXe siêcle vient de perdre l’une de ses grandes figures : Yvonne Loriod, la muse et seconde épouse du compositeur Olivier Messiaen (1908-1992), dont elle fut la principale interprête, est morte à  l’à¢ge de 86 ans. Admise il y a trois ans dans une maison de retraite de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) à  la suite d’un coma diabétique, elle y est morte lundi en fin d’aprês-midi. « C’était une personnalité três forte, exceptionnelle dans son domaine, une figure de proue de la découverte de la musique de la seconde moitié du XXe siêcle », a témoigné, três ému, le pianiste Roger Muraro. dans Pianiste et professeur Yvonne Loriod Née le 20 janvier 1924 à  Houilles (Yvelines), Yvonne Loriod a montré três tôt des dons musicaux et des capacités d’apprentissage exceptionnelles. Adolescente, la pianiste a déjà  à  son actif un répertoire comprenant tout Chopin, 22 concertos de Mozart et les 32 sonates de Beethoven. Au conservatoire de Paris, où¹ elle décrochera sept premiers prix, elle étudie dans la classe d’analyse d’Olivier Messiaen, en compagnie de Pierre Boulez. A partir des Visions de l’amen (1943), qui datent de cette époque, elle créera toutes les œuvres avec piano du compositeur. « UN Dà‰VOUEMENT TOTAL » « Elle a été d’un dévouement total à  la cause Messiaen, qu’elle trouvait génial et dont elle a été éperdument amoureuse dês leur rencontre », dit Roger Muraro. Mais le compositeur, d’abord marié à  la violoniste Claire Delbos, n’épousera Yvonne Loriod qu’en 1961, deux ans aprês la mort de sa premiêre femme des suites d’une longue maladie. Três présente discographiquement (pour les labels Vega, Erato, Ades…), Yvonne Loriod enregistre Debussy, Albeniz ou Berg mais aussi des concertos de Mozart avec… Pierre Boulez, dont elle créera le deuxiême livre des Structures pour deux pianos (avec le compositeur) en 1961. Doté d’une technique virtuose, elle offre les premiêres auditions de piêces d’André Jolivet et Jean Barraqué. Elle révêle au public français des pages de Bartok et Schà¶nberg. Mais c’est surtout l’œuvre de son mari que cette organisatrice hors de pair contribuera à  diffuser dans le monde entier, tenant au besoin la partie de piano, comme dans la fameuse Turangalaîla-Symphonie, au côté de sa soeur, Jeanne Loriod, joueuse d’ondes Martenot. Une musicienne capable de réduire pour deux pianos le monumental opéra de son mari, Saint François d’Assise, d’orchestrer son Concert à  quatre et d’apporter les corrections nécessaires aux épreuves de ses piêces. Quitte à  renoncer à  composer elle-même – seules trois œuvres de sa main sont connues. Yvonne Loriod aura aussi été une grande pédagogue, au fil de ses déplacements en Europe ou en Amérique mais surtout au conservatoire de Paris de 1967 à  1989, où¹ elle transmettra à  plusieurs de ses élêves pianistes (notamment Michel Béroff, Roger Muraro et Pierre-Laurent Aimard) la passion de Messiaen. Selon Roger Muraro, Yvonne Loriod doit être enterrée « la semaine prochaine » auprês de son époux, non loin du lac de Petichet à  Saint-Théoffrey, dans le Dauphiné si cher au couple Messiaen.

5 réflexions au sujet de « Yvonne Loriod »

  1. C’est sans doute en hommage à  cette pianiste incontournable de l’école française du piano du XXe siècle que Marianne Jammes, incarnant la volcanique soprano Maria-Ulrika von Glott, dans son délirant spectacle musical "L’ultima Recital" se voit flanquée d’une pianiste dénommé Yvonne de Saint-Coffre….

  2. Obsèques d’Yvonne Loriod-Messiaen aujourd’hui voilà  5 jours, 25 mai 2010 en l’église de la Trinité à  Paris.

    Cérémonie émouvante on l’imagine. Le cercueil entre nous tous, sa famille, ses proches, ses élèves, amis, admirateurs…

    Jacqueline la soeur aînée. Martine la filleule d’Olivier et d’Yvonne… Michel Béroff, Roger Muraro…

    Jean-Rodolphe Kars, lauréat du concours Olivier Messiaen 1968, devenu prêtre, co-célèbre la messe avec le Père Kohn curé de la paroisse du temps où¹ Olivier Messiaen tenait l’orgue.
    Le Choeur grégorien de Paris est là , et Olivier Latry à  l’orgue.

    Les Petites Soeurs des Pauvres de Saint-Denis sont là  aussi ; elles ont soigné Madame Loriod dans les quatre difficiles et dernières années de sa vie.

    J-R. Kars parle très bien, d’Yvonne Loriod inspiratrice créatrice de Messiaen, de son talent multiple – composition, poésie… (de son génie réel) et de sa foi, une foi unissant "la foi du charbonnier" à  la plus grande pénétration des vérités théologiques. Il cite une anecdote : A un admirateur qui s’étonnait – légitimement – de sa capacité à  assurer des programmes de concerts si riches et si difficiles, dans des laps de temps si étroits parfois, et qui interrogeait Yvonne Loriod sur le secret de cette énergie : "Je me nourris de Jésus" avait-elle répondu.

    Le prêtre ajoute qu’ "une idée de l’art étonnant d’Yvonne Loriod est donnée sur YouTube, où¹ nous pouvons la voir et l’entendre interpréter ‘Le Moqueur polyglotte’. Yvonne est là  tout entière".

    Il évoque le voyage spirituel, affectif, intellectuel et professionnel que fut la vie commune d’Yvonne Loriod et Olivier Messiaen. Il nous renvoie au petit dépliant accompagnant la cérémonie, illustré de deux photos. La première, Yvonne Loriod interprète inspirée. La deuxième : Yvonne Loriod et Olivier Messiaen assis côte à  côte dans le train.

    Le Père Kars se permet "une réflexion naà¯ve" : "Pareillement, ils sont là  tous les deux réunis dans le voyage éternel"

  3. Yvonne Loriod-Messiaen est une Dame bien extraordinaire, merci jlf-MusiComposer.

    Terriblement impressionnante en "diva" sur les plus grandes scènes internationales, – technique, maîtrise, sensibilité, mémoire – et surtout la Gardienne Absolue et intraitable de la maison Messiaen… mais/et, la même personne, désarmante de simplicité réelle dès qu’on lui parle, chute libre !

    J’imagine parfois une prêtresse sacrée intouchable qui deviendrait instantanément … quelqu’un de la famille ; une tante tout à  fait gentille, qui excellerait à  faire pour nous des confitures ! Je ne peux mieux dire l’effet produit ni le contraste. Vivacité de paroles, de gestes, légère exubérance plus que sympathique… Je l’ai adorée

    Voici la copie d’une lettre émouvante qu’elle écrivit 3 semaines après le décès de son mari

    http://www.oliviermessiaen.org/Y...

  4. Quand Olivier MESSIAEN est décédé les Oiseaux du Monde ont perdu leur plus grand chantre, aujourd’hui avec la disparition d’Yvonne LORIOD ils viennent de perdre leur plus belle interprête!
    Quelle émotion! Voici ce couple d’exception réuni dans ce petit cimetière de PETICHET face à  ces paysages qu’ils ont tant apprécié et qui les a tant inspirés.

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