Les musées dédiés aux musiciens ont la vie dure

N’est-il pas tout à  fait étrange de vouloir enfermer la musique et de mettre systématiquement sous-verre les souvenirs propres à  un musicien de renom, et qui plus est, de les rassembler dans un musée spécifique ? C’est bien la question qui nous vient à  l’esprit au moment où nous apprenons que le seul musée au monde dédié à  John Lennon va définitivement fermer ses portes. Les espaces-souvenirs permanents dédiés aux musiciens sont probablement devenus inutiles.

Raoul Dufy –Le violon rouge

Certes, ces propos peuvent paraître excessifs. Si la création de tels musées, part d’un bon sentiment et constitue un hommage émouvant et légitime, édifié autour d’une personnalité, ces édifices ne devraient-ils pas s’intituler plutôt, par modestie et par nécessité, « musées temporaires » ?

La musique, art du vivant, s’échappera toujours des musées, entraînant avec elle, enregistrements, manuscrits, partitions, guitares, piano, et autres gants d’argent. Elle se joue et se pratique, ou pas, au risque de s’éteindre. Elle s’écoute, ou pas, au risque de se faire oublier. Un musée dédié à  un musicien, reste un défi et une contradiction. C’est un appel à  durer, lancé à  un art du temps, justement, et qui par nature relève de l’éphémère.

Tous les mélomanes collectionnent volontiers, cd, dvd ou mp3, et courent les salles de concert, or beaucoup moins visitent les musées consacrés aux grands de la musique, toutes catégories confondues. Combien parmi nous, ont déjà  visité les musées Berlioz, Ravel, Debussy…Chopin ? Aurions-nous déjà  profité d’expositions itinérantes dédiées à  Boucourechliev, Gounod,Gainsbourg ou Miles Davis ?

Raoul Dufy –(le grand orchestre)

Peut-être étions-nous nettement plus nombreux à  fréquenter les expositions temporaires associées aux festivals estivals de musique ? Toujours est-il que le musée John Lennon installé au Japon aura résisté tout de même dix années…avant de plier bagages, avec portraits, musiques, partitions, guitares et souvenirs émouvants.

Restons optimistes, et même s’il est bon de garder mémoire de tels musiciens, de façon concrète et dans un espace à  trois dimensions, la musique peut aussi se jouer et vivre au centre des musées bien évidemment. Notons qu’il reste encore une alternative à  tout cela: le musée virtuel.

La musique ? « Je voudrais qu’elle ait l’air de sortir de l’ombre et que, par instants, elle y rentra » disait le musicien-poète, autrefois. Pourvu qu’elle soit bien inspirée afin de renaître avec constance, de tous les musées qui veulent bien l’honorer.

Emilie A.

Idées de promenades musicales au coeur des musées:

-Musée Hector Berlioz

-Musée Maurice Ravel

-Musée Debussy

-Musée Bach

-Et des pages dédiées à John Lennon.

11 réflexions au sujet de « Les musées dédiés aux musiciens ont la vie dure »

  1. Dire que quelque chose a la vie dure veut généralement dire qu’il s’agit d’un objet très résistant, ce qui est exactement le contraire du propos de cet article

    Il aurait mieux valu dire : la survie difficile des musées …

  2. Je pense au contraire que le titre de l’article d’Emilie est délicieusement ambigu, comme l’article proprement dit. Emilie écrit notamment :

    « N’est-il pas tout à fait étrange de vouloir enfermer la musique et de mettre systématiquement sous-verre les souvenirs propres àun musicien de renom ? »

    « La musique, art du vivant, s’échappera toujours des musées »

    « Un musée dédié à un musicien, reste un défi et une contradiction »

  3. Vous avez dit « Ambigu » ? Comme c’est ambigu…

    Je croyais jusqu’ici que le propos principal d’un article était la clarté

    Mais, au fond, vous avez raison : l’âge des Lumières est bien révolu

  4. Gracias :
    Merci pour cette fine lecture Jean-Armand et pour ce que tu as décelé dans ce simple billet. A juste titre tu parles d’ambiguà¯té. Il faudrait que je m’en explique un peu. Merci encore pour ton commentaire.

    1 . Constat :
    Je n’aurais sans doute pas du soustraire à  ce texte quelques notes de bas de page élémentaires, indispensables à  certains lecteurs, apparemment plus jeunes ou peu habitués au décryptage de mots et de pensées. [ En ajoutant par exemple : « doit-on comprendre l’expression dans son acception courante et généralisée ? / Notez l’ironie de l’expression en regard du sujet évoqué et des exemples concrets cités ? / « comment faut-il comprendre l’adjectif « dure » employé ici : endurcie, résistante, pérenne, difficile, éternelle, à¢pre, qui dure, qui endure ? /Justifiez votre réponse.]

    …/…

  5. 2. Et quelle est donc cette affaire ?

    Pas grand-chose. Deux vocables, fièrement logés dans un titre, qui décident de s’inverser et ce, sans aucune ponctuation. Inversion fatale, et moins innocente que le contrepoint renversable si musical, et spécialement dans ce titre-là . Cataclysme assuré : un texte entier plonge tout à  coup dans l’absurdité au point qu’il se dérobe à  tout entendement.

    3. Voyons cela :

    Hé !? On aurait pu titrer : « la dure vie des musées, la douce vie des musées , la Dolce Vita , dure dure la vie des musées ! Plus dure la vie ? » Ne visant chaque fois qu’un aspect du problème
    Ah ! On propose : « la survie difficile des musées ? » Non, décidément c’est un peu hors sujet, trop général et ennuyeux. « La survie » ? c’est un peu suffoquant, négatif. Et puis, il est surtout question de musique ici : de sa pérennité et de sa fragilité, de son histoire, vivante dans sa grà¢ce fugitive. Ne focalisons pas non plus sur les difficultés mais plutôt sur les contradictions, les chocs, tout ce qui génère l’enthousiasme des mélomanes et des fans : la vie quoi !!! Alors ?

    Alors, alors « Les musées dédiés aux musiciens ont la vie dure ! » Celui là  est parfait. Je persiste et je signe. Qui pourra me convaincre d’un autre titre ? Ah ?!! C’est un jeu de mot ! Impossible à  deviner !

    …/…

  6. Conclusion :

    4. De la clarté à  l’ambiguà¯té:

    En sciences (domaine de rigueur par excellence) Tu as raison Jean-Armand, la clarté (de tout article, puisqu’il s’agit de publication ici…) est indispensable.

    Or en sciences, comme dans les domaines artistiques, ne procède t -on pas aussi par tà¢tonnements, par intuition et par hasard ?

    Personne n’a la clarté infuse (hormis Dieu).

    Quant à  l’ambiguà¯té, elle règne aussi en musique, et pour un bon bout de temps. L’harmonie (du classique au jazz) préfère le plus souvent ses accords étranges, impossibles à  chiffrer, à  cataloguer, et les retient comme des plus remarquables. Ce ne sont que des notes sans importance, sans conséquence, évidemment…

    L’expression « avoir la vie dure », dans sa signification courante et populaire, n’est pas ici infirmée ni contredite dans ce billet, elle y est malicieusement incluse. La vie des musées de musique rencontre des obstacles tout autant qu’elle résiste et rayonne. Si l’inversion de l’épithète (dure vie / vie dure) du titre rebelle, jette une ombre contradictoire sur ce texte : ce n’est que pour mieux l’éclairer en multipliant ses angles de lecture.

    Il est vrai qu’on n’est pas tenu de répondre à  un commentaire quasi anonyme, (voilà  la plus belle des clartés à  demander « au siècle des Lumières » : celle de se présenter et de signer) Cependant l’amitié de ta réponse m’a guidé la main. Encore merci Jean-Armand.

    – Les musées dédiés aux musiciens ont bien la vie dure.

    Et que vive la musique et qu’elle perdure dans son
    ineffable et « dur désir de durer » !

    Emilie

  7. Houlala, qu’est-ce que Toto n’a pas dit là  avec sa proposition de titre ! Quelle histoire ! Pauvre Toto, tu ne vas pas te faire embaucher comme rédacteur, c’est Zozo qui te le dit !
    D’autant qu’un webmaster soucieux du référencement de ce blog défendrait également le titre initial.
    Le titre de Toto comporte en effet les seuls mots "survie", "musées" et "difficile" et n’est pas signifiant pour Google, pour tout dire il est même… ambigu ! 🙂
    Le mot "musiciens" est indispensable pour cerner le sujet.

    Personnellement je préfère cette autre histoire de Toto :
    -Papa, c’est encore loin l’Amérique?
    -Tais-toi et nage…

    (C’était un commentaire signé : Toto Zozo)

  8. Tiens c’est une bonne idée Zozo ( je vous ai reconnu finalement) :lancer une invitation à  rédiger un billet (titre compris bien sà»r) !

    – alors c’était une blague n’est-ce pas ? " surprise -surprise comme dit l’autre dans le film " les Visiteurs" Ok je n’avais pas compris.

    JLF rappelle souvent qu’il suffit de proposer un billet pour éditer sur le blog, Toto pourrait rédiger un article sur les symphonies de Beethoven, j’ai cru comprendre qu’il s’y connaissait en lisant son commentaire, mais est-ce le même Toto ??? http://www.foucart.net/?2010/02/...

    Si Zozo, ( Zorro ?) peut transmettre le message à  ce(s) Toto(s) …?!?

    au plaisir de vous lire…

  9. Citation :

    "Je n’aurais sans doute pas du soustraire à  ce texte quelques notes de bas de page élémentaires, indispensables à  certains lecteurs, apparemment plus jeunes ou peu habitués au décryptage de mots et de pensées"

    Lecture recommandée :

    http://www.diplomatie.gouv.fr/fr...

    Toto

    PS : je ne fume pas

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