Idoménée de Mozart, par Olivier Py à  Aix

Cet opéra à voir vendredi soir dernier, en direct sur ARTE depuis le Festival d’Aix en Provence, l’Opéra préféré de Mozart selon Télérama, je ne me sentais pas de le regarder. D’abord parce que je ne suis pas un inconditionnel de l’Opéra… Or, trois heures et demi de chanteries, de 21H40 à 01H20, bonjour ! Ensuite, c’est un opéra peu connu… considéré comme un "opera seria" guindé, drapé dans la grandiloquence de l’Antiquité, un opéra de cour alourdi par les conventions du baroque tardif, dont Mozart, à 25 ans, ne s’était apparemment pas encore libéré. Enfin la critique de mon journal, Le Monde, tout en étant élogieuse titrait qu’ "Olivier Py en faisait un peu trop dans la mise en scène", avec ce jeu de tréteaux escamotables et autres échafaudages censés suivre la musique, et qui malheureusement saturait la vue au point qu’on en oubliait la musique. Et puis finalement, je me suis laissé faire. Heureusement !

Cet opéra est un pur chef d’œuvre. La musique en est belle de bout en bout, incroyablement inspirée, que ce soit dans les airs joyeux ou dramatiques. Constance Mozart racontait, parait-il, que Mozart ne pouvait s’empêcher de verser des larmes en se chantant le quatuor "J’irai solitaire et malheureux affronter la mort". Et ce vendredi soir à Aix, cette musique était merveilleusement servie par de grands artistes, et notamment les voix, le jeu et la plastique de Sophie Karthauser dans le role d’Ilia, la belle esclave et princesse troyenne; de Mireille Delunsch dans le rôle d’Electre, rivale d’Ilia dans le cœur d’Idamante qu’incarnait Yann Beuron. Sans oublier Richard Croft, ténorissime roi de Crète dans le rôle d’Idoménée. Bon, c’est vrai que la mise en scène un peu tape à l’œil de Py était parfois agaçante. Mais quand même, cela ne justifie pas les sifflets d’une partie du public. Cette représentation d’Idoménée restera pour moi un grand souvenir, une excellente soirée de télévision, comparable au Tristan et Isolde de Chéreau.

5 réflexions au sujet de « Idoménée de Mozart, par Olivier Py à  Aix »

  1. La mise en scène d’Olivier Py m’a enchantée. Je n’avais aucune idée préconçue avant le spectacle car les critiques me laissent indifférente. Le ballet final ne m’a pas convaincue cependant car l’espace était trop restreint mais je ne me déchainerais pas contre une tentative qui pourrait aboutir, peut -être avec plus de concision. Ce sont les idées originales qui font avancer l’art.

  2. magnifique, élégiaque, envoutant, de bout en bout, et la peste soit des mauvais esprits et des jamais contents….
    Un moment d’exception… avec des chanteurs d’exception… Une mise en scène esthétique et dépoussiérée,qui aide à  la compréhension (c’est devenu si rare…)

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