Henri 1er, Salvador

L’un des rois incontestés de la scêne et de la chanson populaire française s’est éteint ce matin, d’une rupture d’anévrisme. Il avait fabriqué quelques 300 chansons avec Boris Vian. Mon grand regret, c’est de ne l’avoir jamais vu autrement qu’à  la télé, (alors que j’ai vu sur scêne presque tous les grands chanteurs historiques des années 60 et 70Pas de quoi se vanter.  :-/) Mais au-delà  du chanteur populaire, du bateleur et de l’homme de télévision que tout le monde connaît, c’est du jazzman dont je souhaite me souvenir, Jazzman autodidacte qui apprit au contact des plus grands.

Il raconte que, adolescent, son frêre lui offrit un disque (*) de Duke Ellington. « C’est en m’efforçant de retrouver et en répétant à  la guitare les accords du Duke que j’ai appris le jazz.  A cette époque, Duke Ellington pratiquait déjà  un jazz moderne, três en avance sur son époqueJ’ai eu de la chance, j’ai appris à  la meilleure source ! » A Paris, plus tard, dans les années 50, c’est lui qui fait travailler Michel Legrand dont il fait son pianiste pendant deux ans, à  sa sortie du conservatoire. « Il m’apprenait un peu la guitare, et moi le piano », nous dit Michel Legrand. C’est aussi à  cette époque qu’il fait la connaissance et se lie d’amitié avec Quincy Jones, ce compositeur américain et arrangeur génial venu à  Paris pour compléter ses études musicales avec Nadia Boulanger, celui qui fut ensuite « l’inventeur » de Michael Jackson Mais pour en revenir à  Henri 1er, le roi de la chanson et du jazz à  la française (avec un autre guitariste de jazz et chanteur, aujourd’hui largement oublié, Sacha Distel) , écoutez simplement l’accompagnement à  la guitare de cette chanson « Et je m’en vais, clopin, clopan » et vous aurez une petite idée de ses talents de guitariste et de jazzman Dommage que je n’ai pas de piano sous la main, de là  où¹ j’écris aujourd’hui, je me serais bien fait un petit plaisir en improvisant sur ce standard de jazz que j’adore « Syracuse »   🙂 (*) Un « 45 tours » dit-il, mais là , je pense que si l’anecdote est véridique, la mémoire lui fait défaut, le 45 tours n’existait pas encore à  cette époque.

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