Musiques religieuses : Requiem de Mozart, Salve Regina de Erkki-Sven Tà¼à¼r

En ce début d’année, tous nos voeux vont à  nos fidêles lecteurs, et même aux moins fidêlesen leur souhaitant de l’être davantage ! 😉
Parlant de voeux, Jean-François Zygel a enterré l’année 2007 jeudi dernier à  la Mairie du 20e à  Paris avec le Requiem de Mozart.
En voici quelques notes en retour. J’élargirai mon propos avec la musique religieuse étonnante de beauté et d’originalité du compositeur Estonien Erkki-Sven Tà¼à¼r, ancien rockeur des années 70scomme quoi, le rock mêne à  tout !

Le Requiem est la « pierre de touche » de la légende romantique qui entoure la fin de la vie de Mozart, telle qu’elle est rapportée, par exemple sur ce site ou dans cette encyclopédie aprês que Pouchkine s’en soit fait le relais en tordant allêgrement la vérité historique. Cette légende, JFZ, grand pourfendeur d’idées reçues lui fait la peau en affirmant, preuves à  l’appui que Mozart n’est pas mort pauvre et abandonné de tous en composant sa Messe en Ré de Requiem.


D’abord il était riche : suivant la façon dont on peut reconstituer son train de vie, il gagnait en moyenne entre 10.000 et 50.000 euros par mois dans les dix derniêres années de sa vie, dont une allocation de 6.000 euros par mois à  partir de 1787 en tant que musicien appointé par la Cour, sans compter les 100.000 euros hérités de son pêre qu‘il ne dilapida pas aussi vite qu‘on le raconte. Car il dépensait sans compter, c’est vrai, notamment au jeu. Comment gagnait-il autant d’argent ?
Non pas grà¢ce aux droits d’auteurs qui n’existaient pas encore, mais en écrivant et produisant sans cesse : trente huit nouvelles œuvres pendant la seule année de sa mort dont le Requiem, deux Opéras, une magnifique Cantate, un Concerto pour clarinette, etc., Et en donnant de nombreuses leçons particuliêres payées fort cher. Un enterrement dans l’anonymat? Faux, encore ! L’enterrement fut célébré normalement à  l’église, mais sans luxe ni apparat, c’est vrai, pour ne pas contrevenir au dogme de la Franc-maçonnerie. Comme le voulait l’usage à  l’époque, la famille n’alla pas à  l’enterrement proprement dit. Pas de cercueil, mais le cercueuil n’était qu’un instrument de transport du défunt; à  cette époque, tous les morts étaient enterrés directement dans la fosse… L’image d’à‰pinal qui voit l’enterrement de Mozart avec un corbillard tiré par deux pauvres chevaux, suivi d’un seul chien errant est tout droit issue d’une eau-forte de l’époque romantique, où¹ il faut voir le chien comme le symbole de la fidélité de ses amis et admirateurs. Sa femme n’est pas morte non plus dans la misêre, elle s’est éteinte en 1852, et on peut en voir le portrait de vieille femme honorable sur une photo datée de 1842 (deux ans aprês l‘invention de la photo !)
Quant au fait que Mozart soit mort en écrivant le Requiem, c’est faux également : Sa femme raconta la chose ainsi, pour se faire payer du commanditaire, le Comte Wallseg. En fait, Mozart faisait traîner cette composition depuis de longs mois, ayant fort à  faire avec les échéances liées à  ses autres œuvres en cours, et notamment les opéras. Comment le sait-on? A la couleur de l’encre ! Quand il finissait tard dans la nuit une partition qui devait être prête pour le lendemain matin et qu’il manquait d’encre, il avait l’habitude de rajouter un peu d‘eau de sorte que les notes étaient plus pà¢lesEn cela, on sait par exemple que la partie des cuivres était toujours écrite la derniêre, aprês la mélodie (ou les choeurs) et la ligne de basse. Ceci explique l’état d’achêvement inégal du Requiem, jusqu‘au début du Lacrimosa.
Et JFZ n’est pas tendre quand il parle de la qualité du travail du disciple Sà¼ssmayer chargé par Madame Mozart de terminer l’œuvre pour en être payé malgré la mort du Maître. Mais pouvait-il en être autrement ? Tout cela n’empêche pas JFZ d’affirmer que le Requiem est à  juste titre une œuvre majeure, « sombre, puissante, dramatique », composée dans un style qui emprunte à  Bach et Haendel qu’il avait découverts récemment et qu’il avait appris à  connaitre en profondeur (en mars 1789, sur la demande du Baron Van Swieten, Mozart s’attelle à  une tache qui lui prendra un temps précieux, hélas enlevé à  la composition, la réorchestration du Messie de G.F. Haendel). L’ Introduction du Requiem en forme de choral, ainsi que la Fugue à  double sujet du Kyrie sont notamment marquées par ces influences.
JFZ réunit dans ces mêmes louanges les autres musiques religieuses de ces derniêres années de Mozart, et notamment le superbe motet Ave Verum Corpus, k. 618 et sa musique funêbre maçonnique K 477 ainsi que sa messe en Ut mineur. Ces œuvres sont également imprégnées du climat littéraire de cette époque Sturm und Drank. Tout le monde connait le Requiem de Mozart. JFZ termina sa leçon en nous faisant entendre une interprétation du Requiem joué avec la seule partition de Mozart, sans les ajouts faits aprês sa mort : intéressant. A défaut de pouvoir la faire entendre à  nos (fidêles !) lecteurs, voici, comme promis une autre piêce religieuse, le Salve Regina pour choeur d’hommes et ensemble (extrait de Oxymoron, chez ECM new series) de Erkki-Sven Tà¼à¼r, compositeur né en 1959…
Vous ne connaissez pas? Nous en reparlerons !

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