La boite à  musique : Suite et fin des aventures de Castafiora à la Télévision Française

La Boîte à Musique, émission de Jean-François Zygel sur France 2–
2me saison
(2007)

Ces émissions passeront tous les vendredis du mois d’août sur France 2
aux alentours de 22h 30
(C’est Bianca Castafiora, rédactrice invitée qui est l’auteur de ce billet.)
Après le premier tournage de la première émission « La Boîte à Musique »
sur le thème de « L’Opéra », j’ai gentiment été invitée à poursuivre
ma carrière de figurante. J’ai accepté avec grand plaisir d’autant que
le deuxième tournage avait pour thème « Les Claviers » et que son invité-vedette était…

François-René Duchable, le grand pianiste virtuose, très médiatisé pour avoir mis sa carrière de grand concertiste entre parenthèse afin de « vivre » en homme libre, libre de jouer du piano dans les villes et les villages, dans les prisons, les maisons de la culture… libre de porter des vêtements autres que les stricts smokings et costumes sombres qui étaient ses tenues de travail, libre de cultiver ses terres et de consacrer plus de temps à sa famille, ses amis, la nature, les animaux…
François-René Duchable enfin dont Danièle Thomson s’est inspiré dans son film « Fauteuil d’orchestre ». Dans sa grande générosité, Duchable prête ses bras et ses mains à Albert Dupontel qui l’incarne, et joue lui-même du piano assis par terre, entre les jambes de l’acteur qui laissent pendre ses bras !
Ce n’est pas un exploit pour lui car il nous démontrera comment il fait ses exercices journaliers (Hanon et Czerny) : assis, debout, courbé, sur une jambe, une autre jambe, le visage tourné à droite puis à gauche, etc.
Toujours dans le souci de ne point vous raconter des émissions que vous verrez bientôt, je ne fais que survoler ces tournages,
en faisant comme les abeilles de Montaigne, piquant ça et là le miel le plus odorant et le plus savoureux… pour vous donner envie de voir ces véritables concerts animés par Jean-François Zygel. De plus, comme sur le plateau il était interdit de prendre des notes, je n’ai pas écrit le nom de tous les artistes : vous les retrouverez sur vos programmes de télé favoris !
Le troisième tournage avait pour thème « La Nature » et je m’y suis rendue en courant, persuadée que les « zoizeaux » Jean Boucault et Johnny Rasse seraient au rendez-vous et ils y étaient, entourés d’instrumentistes de grand talent (dont le clarinettiste Philippe Berrod qui a enchanté plusieurs émissions avec ses clarinettes, son énergie, son humour, son don de l’improvisation et son grand talent !!!).
Toujours, sur le thème de la Nature, il y a eu un passage où Zygel a interprété l’eau, les reflets dans l’eau, le clapotis et enfin –
au moment où il allait jouer la mer – il a demandé à Jean et Johnny d’imiter tous les oiseaux des bords de l’océan.
Le public riait mais moi j’étais au bord des larmes tellement c’était beau et tellement ça me rappelait la Bretagne. Il me semblait « sentir » l’iode et les algues de Concarneau !Le quatrième tournage portait sur « La Musique de Chambre ».
Parmi les musiciens, le très jeune Quatuor à cordes « Léonis » (ils n’ont pas encore de site) était présent du début à la fin de l’émission. Zygel s’est amusé à provoquer en duel un jeune claveciniste pour montrer les avantages du piano sur le clavecin.
Comme c’était une joute très amicale et très pédagogique, elle s’est soldée par un match nul. Zygel nous a également présenté un guitariste virtuose, Emmanuel Rossfelder (voir le site guitariste : ici) sa page personnelle ici
qui a joué un extrait d’un concerto pour cordes (avec le quatuor Léonis) de Boccherini !


Pour avoir vu ce jeune guitariste sur la chaîne Mezzo,
je sais qu’il a hésité entre une carrière de guitariste et de… Rugbyman ! Du sportif, il a la carrure et le comportement jovial, amical, simple et malicieux. Vous verrez certainement des gros plans de la main droite d’Emmanuel car ses ongles sont impressionnants ! Il les polit et les entretient avec un soin très particulier ; sans eux, il serait comme une violoniste sans son archet.
A côté de moi, l’agent d’Emmanuel, Jean-Louis Andréani ( voir: ici) surveillait son poulain avec l’attention d’une mère-poule.
C’est ce même agent qui nous a annoncé la mort de Régine Crespin qu’il connaissait depuis de nombreuses années et avec laquelle il avait fait de nombreux festivals.
Le cinquième et dernier tournage a eu lieu le 7 juillet (le fameux 777) autour de « La Danse ».
Ce fut l’apothéose car non seulement les musiciens étaient exceptionnels mais les invités pipoles n’avaient jamais été aussi intéressants.
L’un d’entre eux a non seulement fait un quatre mains avec Jean-François mais, après sa performance, il a été « engagé »
à tourner les pages des partitions du maître ! Non, je ne vous dirai pas qui c’est ! Vous serez heureux de découvrir toutes les surprises de ces émissions le moment venu ! Zygel invite toujours un musicien « rare », un expert en instruments peu courants et / ou étonnants. Le jeune François Lazarevitch a été le représentant de cette rubrique.


Il est arrivé avec ses flûtes, ses cornemuses : musette, cabrette, chabrette… et a interprété des extraits de musiques « savantes » et de musiques « populaires » tantôt assis, tantôt debout, tantôt tapant des pieds ; il a également frappé sur un tambour de la main gauche tandis que la main droite jouait de la flûte.
Quand Zygel a demandé à François sa définition de la musique « savante » et « populaire », François a répondu que la « savante » était pour les riches et la « populaire » pour les gens du peuple !
Le site de François Lazarevitch lesmusiciensdesaintjulien.fr est un peu en panne en ce moment et – si vous ne pouvez l’atteindre – Google vous renseignera amplement sur ce musicien rare et atypique, son parcours, ses concerts, ses instruments, ses tournées.
Cette dernière soirée était l’accomplissement de cinq tournages exceptionnels, dirigés par un Zygel semblant toujours dans une forme olympique malgré les heures de préparation (en répétition depuis le matin 10 heures et sur le pied de guerre jusqu’à minuit trente environ), toujours d’humeur égale, plaisantant avec ceux qui lui parlent dans l’oreillette (car il a une oreillette comme Jean-Luc Delarue !!!), nous disant qu’il ne parle pas tout seul, qu’il n’est pas fou, enfin pas encore… recommençant rarement une prise ici ou là,
toujours avec le sourire, sans montrer d’impatience ni de lassitude. Mais je vais vous révéler le secret de sa forme.
En ouvrant tout grand mes oreilles, j’ai entendu dire dans les méandres des couloirs de l’immeuble-bunker de la chaîne qu’il avait une potion magique dont il usait et abusait : le thé vert.
J’espère vous avoir donné envie de regarder ces émissions afin de passer des moments tout à fait extraordinaires en compagnie de Jean-François Zygel, de ses musiciens et des invités de France 2, sans oublier la minute du professeur solfège sur le piano Alphonse.
Un grand merci à David de France 2 et à toute l’équipe pour nous avoir si bien reçus, nourris, orientés, souri… avec tant de gentillesse malgré la pression, les contraintes de temps, l’objectif d’excellence de la direction.
Bianca Castafiora
NDLR : soudain retentit la sonnerie du téléphone…un nouveau appel pour Castafiora
voyez vous-même :

11 réflexions au sujet de « La boite à  musique : Suite et fin des aventures de Castafiora à la Télévision Française »

  1. Musique , TV …et Cinéma,

    Et merci à  toi Bianca, pour cette annonce si détaillée qui nous donne très envie d’être déjà  au 3 août !
    Je me souviens bien du film de Danielle Thompson, dont tu nous parles :
    « Fauteuils d’orchestre ». ( vu en 2006 je crois)
    Je l’avais perçu même comme un possible « opéra » moderne !
    La jeune actrice ( Cécile de France) qui tient le rôle central ( Jessica ) évolue dans un tempo très enlevé, très légerPlus qu’une provinciale qui « monte à  Paris », elle m’est apparue comme une libellule des jardins et des campagnes vire-voltant dans la ville, ou une ballerine, qui va de scène en scène ( scène de rue, de quartier branché ou chic, scène des toits, scène du théà¢tre, de bar chic, de salle de concert , de salle des ventes). Chaque nouvelle rencontre que Jessica fera avec l’un des personnages"clé" du film, est un prétexte à  nous montrer « un lieu de vie », qui n’est finalement qu’un autre théà¢tre, un lieu en miroir, en trompe l’oeuil, finalement, le film est une succession de lieux clos, qui se reflètent les uns les autres…et s’opposent aux coulisses ( l’appartement de la grand-mère de province, rôle joué par Suzanne Flon, très émouvante) et la loge de la gardienne
    ( Dani) Ces deux actrices, superbes, regardent les autres « évoluer », on dirait qu’elles représentent aussi l’oeuil (double) du "metteur en scène". Sa vraie façon de voir les choses …du "théà¢tre de la vraie vie".

    Les mélomanes auront été sensibles, peut-être comme moi, au jeu subtil de l’acteur Albert Dupontel, dans le rôle du pianiste virtuose qui se remet totalement en question ( d’où¹ suis-je, où¹ vais-je, pourquoi ai-je joué ? joue-je, jouerais-je ? et pour qui ? etc.) Je me suis demandé s’il jouait réellement ce piano de concert tant le résultat visuel et auditif était excellent, convainquant… François-René Duchable a réellement coaché l’acteur…C’est pourquoi sà»rement son jeu est encore plus crédible !
    Le moment le plus poignant est sà»rement celui où¹ il proclame son credo sur la musique : ( en fait il passe un savon à  son épouse qui le voit comme un objet d’art )…Il crie vouloir quitter « le système » vouloir jouer dans les hôpitaux, les prisons, auprès des gens qui ne connaissant pas la musiqueBref « dé-conserver » la musiqueUn film très enlevé , ce « Fauteuils d’orchestre » perçu tout d’abord comme une comédie en considérant le devant de la scène, mais qui frôle avec pudeur, ce qu’on pourrait appeler « les coulisses du tragique ».Le talent des acteurs y est pour beaucoup ( Claude Brasseur, Valérie Lemercier, Christopher Thompson, Laura Morante, Dani, Sidney Pollack, Suzanne Flon, et Eve Ruggieri )

    La musique du film a été composée par Nicola Piovani ( compositeur italien)
    On ne parle assez des compositeurs de film à  mon avis…

    On y entend aussi "Beethoven", dans un concerto incontournable, en plus. Dommage que la fin ( happy end ? ) soit un peu brouillonne, et sonne un peu
    « conventionnelle »La "libellule" Jessica, finalement grillant et troquant ses ailes pour un destin nettement plus « petit bourgeois ». M’enfin, comme disait l’autre : difficile de bien terminer un opéra…(même pour Mozart ! )

    ps : une idée pour une autre fin du film quand même: Notre libellule aurait pu entamer une carrière d’actrice ou de chanteusepop ou jazzy de concert avec le pianiste, sous la houlette d’une Valentine -impressario-reconvertie-et-cool, tous jouant auprès des malades, des prisonniers, des gens qui ne connaissent rien à  la musique "savante" et "pas savante" …Faire vivre l’art, partager la musique !
    What else ?

    M.

  2. Ya d’l’opéra dans l’air…….
    Bon tu t’y mets quand ? En association avec Rinaldi of course !
    Si j’avais été réalisateure du film, j’aurais pris le risque de faire interpréter François-René Duchable dans son propre rôle. Je lui aurais juste fait faire quelques séances d’orthophonie car il ne timbre pas assez sa voix (remarque qu’on s’en fout au cinoche, ya tellement d’acteurs avec des voix de chiotte, nasillarde, inaudible, détimbrée par l’alcool, le tabac et autres substances !). Duchable, je l’ai vraiment vu de près, il est très bien, très "good-looking", décontracté, souple, drôle, mais il parle trop doucement tu vois, il ne timbre pas sa voix et il parle très vite, si bien que – même bien placée – j’avais du mal à  comprendre ce qu’il disait. Enfin, tu verras comment il "joue" (c’est le cas de le dire) avec son piano, comment il fait ses exercices pianistiques et corporels en même temps, comment il est à  l’aise et de bonne compagnie ! Oui, je l’aurais fait jouer le rôle à  la place de Dupontel que j’aime beaucoup mais qui n’est pas pianiste après tout ! Je me demande toujours pourquoi – au cinéma – on ne fait pas jouer de vrais musiciens (chanteurs compris bien sà»r mais tu sais qu’on dit toujours "les musiciens" et "les chanteurs"). Voilà  !
    Ca m’énerve, j’ai envie d’y croire quand je vois un musicien jouer d’un instrument au cinéma ! Après, on va dire "quel acteur admirable, il a pris des cours de violoncelle pendant trois mois pour réussir à  poser ses mains sur l’instrument" – merde alors, l’acteur est payé sà»remnt 100 fois plus que le musicien qui joue vraiment ! Bon, je m’arrête parce que je m’énerve toute seule !

  3. Tout à  fait d’accord avec toi, Castafiora ! Pourquoi les musiciens n’auraient-ils pas la vedette dans les films où¹ il y a des musiciens justement ! Dans les années 50 et 60 il fallait absolument être "beau" pour être acteur de cinéma mais heureusement ce critère aussi subjectif et débile que possible a bien changé ! Musiciens, danseurs, comédiens, écuyers, sportifs, faites du cinéma. Ca nous changera des éternels acteurs grimaciers et abonnés au succès ! Un peu de diversité que diable !

  4. Si on écrivait un opéra ?… alors on y incluerait d’emblée une "Castadiora !" forcément…faudra tenir le rôle Bianca, hein ? pas de blagues ! Franchement, composer un opéra c’est vraiment du ressort des Maestros du salon !

    Bianca: l’idée de faire jouer François -René Duchable dans le film est audacieuse, mais séduisante ! c’est un artiste à  part entière, je suis sà»re quand travaillant cet autre "rôle" il y serait tout à  son aise ! Pourtant je pense que ce sont deux métiers totalement différents : être musicien, et être acteur.
    Même si les acteurs ont la plupart du temps une formation quasi complète , un concertiste n’est pas forcément acteur justement. On envisage que très peu la "scène " dans les premières années instrumentales, et c’est dommage ! Peut-être devrait-on lancer la mode…

    Quelques pianistes, au tempérament bien trempé, là  me viennent à  l’esprit : Martha Argerich, Nelson Freire, Pogorelich, Alexandre Tharaud …faisant du cinéma, pourquoi pas ? Mais bon, comment concilier les deux métiers ?…
    Ce serait peut-être plus facile de commencer une carrière
    de concertiste-acteur dès l’enfance finalement…Mais bon quelle "école du spectacle" proposerait cela de nos jours ?… z’arrivent à  peine à  monter leurs gammes chaque jour les pauvres chérubins des conservatoires…Dans le film les choristes, le jeune soliste a montré de réelles qualités d’acteur, bien que la plupart des enfants du pensionnat furent "doubler" par une "vraie chorale"…Comment avez-vous trouver Catherine Frot dans "la tourneuse de page " ? Encore une pianiste actrice ! si si !

    M.

  5. Non, elle dit (Catherine Frot) qu’elle a pu jouer car elle avait étudier le piano plusieurs années mais que ce n’est pas elle qui a interprété les morceaux ! Eh oui, je l’ai entendue elle-même le dire à  la télé !
    Ceci dit, Catherine Frot est une de mes actrice préférées avec Dominique Blanc et Sandrine Kiberlain !
    Beaucoup d’acteurs n’ont jamais pris un cours de comédie !

  6. Oui Bianca, mais ce sont quand même les mains de Catherine Frot qui jouent sur le clavier, évidemment elle est doublée, mais on la voit vraiment "jouer"…

    " Les acteurs qui n’ont pas pris de cours de comédie ? "c’est fort possible, je te crois Bianca, ils sont doués alors, ou le cinéma est en grand danger (rires)…
    Le problème je le pressens plutôt pour les vrais concertistes
    qui doivent répéter entre 6 et 8 h par jour surtout…Perdre ce rythme c’est sortir de la scène musicale internationale…quasi définitivement. Mais est-ce l’essentiel ?

  7. Programme de la boite à  musique (tous les vendredis d’aout, à  23h10):
    – L’opéra (Julia Migenes, André Manoukian, Karl Zero)
    – Le piano clavier (F. R. Duchable)
    – La Nature
    – La musique de chambre
    – La danse.

    Sà»r que je ne pourrai pas tout voir…une bonne à¢me pour pour enregistrer les émissions?

  8. Si ça interesse des gens, le quatuor LEONIS dispose également depuis peu d’un blog dans lequel figurent des articles sur les œuvres jouées ou les personnes qu’ils ont rencontrées et des anecdotes diverses…quatuorleonis.unblog.fr/

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