Des Conversations Musicales à  temps et … à  contretemps

Pensez-vous que le silence absolu soit vraiment de rigueur dans une salle de concert ? Cela dépend du genre musical et du public répondrez-vous ! … On ne peut évidemment pas s’attendre à  la même ambiance dans un spectacle de rock ou de pop donné au « Zénith », dans un concert jazzy des « boites de jazz » ou encore dans des soirées musicales programmées « salle Pleyel » ou à  l’opéra ! Pourtant du fond de nos salles três « classiquement vôtre », se lêvent de plus en plus bien des murmures, bien des bruitages inattendus constituant une véritable musique improvisée en arriêre-plan du récital officiel :

Je veux parler des toussotements, des raclements de gorge, des grands soupirs, des bruits de voix, des exclamations à  peine étouffées, des sonneries des téléphones portables oubliés, avec leur panoplie complête de thêmes musicaux, quand ce ne sont pas de véritables conversations à  mi-voix certes mais parfaitement audibles ! Ce qui confêre à  toute musique « concertante » une double-appartenance quasi obligée : à  la musique concrête et à  la musique aléatoire.
C’est vrai que l’artiste a besoin de ressentir son public vivant et tout proche de lui, à  quelques exceptions prês ( Chopin, Glenn Gould, par exemple, pour ne citer qu’eux n’aimaient pas trop cette vie de concertiste, Glenn Gould aura même des mots três durs à  ce propos). Et aprês tout dans les concerts de jazz il y a un véritable dialogue entre l’œuvre jouée et les applaudissements du public, presque « écrits  » dans la partition, spécialement à  la fin de chaque  » chorus  » pris par les solistes. En tant qu’auditeur : comment se concentrer sur cette magnifique Sonate de Schumann ou sur l’Appasionnata de Beethoven, quand l’auditeur du cinquiême rang sur la gauche devant vous, rythme les piêces à  contretemps par une toux aiguà« et décide de tenir les « percu »… que le passionné du huitiême rang dandine de la tête et accélêre son mouvement de façon vraiment gênante ?…Que votre plus proche voisine, outrepassant la rêgle, s’obstine à  filmer tout le concert avec sa mini caméra, vous heurtant réguliêrement avec son coude ? Le plus drôle est parfois l’ensemble des commentaires prononcés « fortissimo » en plein concert sur un ton légêrement pincé et três assuré, sur des piêces soi-disant entendues mais…en réalité non jouées !!! ( j’ai vu ce cas lors de changement de programme de derniêre minute )…Reste encore une catégorie d’auditeurs actifs, celle des spectateurs qui « dirigent » le récitaliste depuis leur siêge, coûte que coûte, fronçant les sourcils, chantonnant, levant les bras, tapant du pied, gigotant sur leur siêge à  en perdre l’équilibre. Cette espêce mélomane, quoique sympathique, heureusement est rare, mais elle existe, je l’ai rencontrée ! Et en tant qu’artiste ? Reprenons les mêmes tableaux décrits plus haut et transposons les depuis la scêne !
Que faire lorsque ce cher public chahute malgré lui ? Un grand récitaliste, de l’époque romantique, Franz Liszt, nous donne peut-être une solution parmi d’autres ! Je me souviens de cette histoire le concernant, que je tiens d’un ami mélomane, je vous la conte de mémoire : Un soir, comme tant d’autres, le grand virtuose s’apprête à  donner un éniême récital dans une contrée où¹ on est certes três friand de ses concerts. En effet le maestro a été convié par un prince, semble-t-il, en tout cas par quelqu’un d’importance. La salle est comble, et Franz Liszt installé à  son piano commence à  jouer… Il s’aperçoit pourtant que le silence dans la salle n’est pas parfait, il distingue même clairement des bruits de voix, gêné, il jette un bref coup d’oeil vers son public, il s’aperçoit stupéfait que c’est le prince en personne qui est en conversation (joyeuse) avec ses proches, ne l’écoutant d’aucune façon ! Alors, Liszt s’arrête de jouer… Stupeur dans la salle, murmures, … Le Prince s’en inquiête, il interroge le maestro sur la raison de ce silence soudain, et Franz Liszt de répondre: « Sire, lorsque votre Seigneurie parle, la musique elle-même se doit de se taire » On raconte que Liszt accepta de se remettre au piano et que jamais un concert ne fut aussi religieusement écouté que celui-là . Mais que deviendrait-on sans notre cher public ? répondent en choeur les artistes ! Public indiscipliné ou un peu fou ? Oui, mais public passionné et mélomane : on vous aime ! Emilie A.

3 réflexions au sujet de « Des Conversations Musicales à  temps et … à  contretemps »

  1. Je suis pour le silence !
    Un jour, à  la Mairie du XXme, lors d’une Leçon de Musique de Jean-François Zygel, une fenêtre de la salle des mariages était légèrement ouverte. Gêné par le bruit de la place, JF Zygel demande de fermer la fenêtre. On lui répond qu’une dame a besoin d’air car elle ne se sent pas bien. Zygel répond avec beaucoup de diplomatie et de fermeté que si cette dame ne se sent pas bien, elle n’est peut-être pas à  sa place dans la salle. La fenêtre fut fermée et la dame est partie au bras d’une amie !
    Quelques rà¢clements de gorge, quelques toussotements,…. peuvent être tolérés car ils sont "humains" et parfois impossibles à  maîtriser mais les chuchotements, les bruissements de programmes, les "fouilles" de sac pour trouver un mouchoir me semblent un manque de politesse et de respect par rapport aux musiciens et à  ceux qui les écoutent "religieusement"…… De même, les personnes qui se parfument abondamment sont une nuisance mais c’est une autre histoire……
    On pourrait faire un billet entier sur l’hygiène à  respecter quand on va dans un lieu public ! 🙂

  2. Jean-François Zygel est d’une grande éducation, il suffit de l’entendre parler. Je suis sà»re qu’il s’est poliment exprimé. Je n’y étais pas mais je suppose que la salle était comble et donc l’air étouffant.Ceci dit, on ne pouvait évidemment pas priver toute une salle de la "Leçon de musique" programmée.
    L’urgence était de "soigner"la dame souffrante et donc de la faire sortir. Apparemment cela peut être jugé un peu dur, mais c’était le bon choix. Rien ne l’empêchait de revenir une fois rétablie. Cette salle de la mairie du XXe est belle, et confortable, le mieux serait de la climatiser puisqu’elle attire tant de public, et que tant de mélomanes aiment à  la fréquenter ! En général quand on prévoit une scéance musicale ou une audition dans les lieux appropriés, il y a toujours des imprévus venant du dehors. ( travaux en retard, marteaux piqueurs imprévus, sirènes bruyantes, défilés…! ) Je me souviens de chefs de choeur parlementant avec des chefs de travaux ( à  l’extérieur de l’édifice) pour enregistrer quelques instants un dernier morceau… Il faut parfois remonter aux "sources sonores " aussi, ce n’est pas toujours facile de les faire cesser ! …J’aurais bien proposer à  Jean-François Zygel de faire l’entr’acte au début !!! D’ouvrir très grand toutes les fenêtres pendant quelques instants, et en même temps lui proposer d’ improviser sur "bruits de rue" – " fenêtre ouverte" et " dis donc, tu ne manques pas d’air"… le tout dans le style court-métrage imaginaire à  la "Charlie Chaplin"…Et bien oui quoi ! juste le temps que cette charmante dame mélomane reprenne ses esprits et un peu d’air frais ! …" Vive le vent, vive le vent"…( sur un air bien connu)

    M.

  3. F.zygel à  st Cézaire Le 08-07-07- bravo! en réponse à  la question triste, le romantisme ? Evoquons la syphilis, la tuberculose, la brièveté de la vie chez ces créateurs, poètes, peintres, et musiciens de la fin du siècle
    .merci du passage à  St Cézaire ( étonnée) à  bientot .

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