Harmonie et Orchestration : deux bonnes adresses

(Recyclage)
Voici deux bonnes adresses intéressantes du point de vue de l’apprentissage de l’harmonie et de l’orchestration.
La premiêre est une video rigolote qui fait référence à  la quinte juste en usage dans la musique liturgique.
La deuxiême, c’est tout simplement la lecture proposé sur internet du fameux traité d’orchestration de Rimsky Korsakoff, avec des videos qui illustrent les concepts (tessiture des instruments, positionnements, etc). Ces exemples sont três pédagogiques. Des professeurs y mêlent leurs commentaires et remarques sur le texte original de RK. A noter que tout cela est en anglais, sorry! ()

Voici les deux liens:

Dailymotion blogged videoLa quinte juste

PRINCIPLES OF ORCHESTRATION by Nikola௠Rimski-Korsakov.

11 réflexions au sujet de « Harmonie et Orchestration : deux bonnes adresses »

  1. D’aucuns me demandent pourquoi ce billet a été lu 390 fois, sans aucun commentaire….tout simplement parce qu’il fut publier la première fois il y a un an tout juste, et que les commentaires étaient fermés à  l’époque, à  cause des spams.
    Avec le Captcha anti-spam, ils sont à  nouveau ouverts…profitons-en !
    🙂

  2. D’aucune te remercie pour cette réponse nette et précise mais d’aucune n’est pas encore compositrice émérite : peut-être dans une autre vie. Elle lit donc avec admiration ce billet. 😮
    Le captchi-captcha est de sa niveau intellectuel – ouf !

  3. Je connaissais déjà  cette vidéo de Kaamelott qui est bien drôle et en même temps très intéressante.
    C’est d’autant plus drôle qu’étant élève en classe d’initiation a l’écriture, j’ai pratiqué cela toute l’annee (mais à  4 voix, soit superius, altus, tenor, bassus)

    C’est à  dire que nous devions construire une polyphonie a 4 voix à  partir d’un cantus firmus (mélodie en grégorien) chantée par la partie de tenor.
    On avait quelques "règles" de consonance:
    intervalles de 3ce et de 5te inférieures pour la basse,
    intervalles de 3ce et 4te à  l’altus
    et intervalles de 6te au superius.
    On ne devait pas faire entendre de triton (diabolus in musica !!!), ni d’octaves ou de quintes paralleles.

    J’espère que mon commentaire sera compréhensible pour les moins initiés …

    Merci pour le lien vers le traité d’orchestration de Rimsky Korsakoff qui est une source d’information très riche.

  4. Je connaissais aussi déjà  cette vidéo… peut-être simplement parce qu’elle avait déjà  été présentée sur ce site !

    Le commentaire de thephilosopher0007 est intéressant, je ne pensais pas qu’on faisait de l’initiation à  l’écriture en se basant sur des règles datant du XIIIième siècle. Un peu comme si on apprenait en CP à  écrire en vieux français.

    Apprendre à  écrire avec les règles de Bach, ce n’est pas ridicule car ces règles ont à  peu près survécu jusqu’à  nos jours, on trouve encore une écriture tonale dans la plupart des styles de chanson et dans les musiques de film. Mais les règles de l’Ars Antiqua…

  5. Quand thephilosopher007 parle "d’initiation à  l’écriture", peut-être devrait-il dire de cours de "spécialisation" d’écriture, de "stystistique" plus précisément.

    "Initiation" oui, parce qu’il y a un début à  tout…C’est vrai que composer sur les modèles du XIII e s . Cela peut paraître incongru…mais permet aussi d’entrer dans un système de pensée, un univers sensible, artistique bien particulier, pour mieux s’en libérer sà»rement ?

    C’est la même démarche que de composer une fugue à  la manière de JSB ?même si les règles là  perdurent.L’Ars Antiqua est peut- être à  redécouvrir
    qui sait ?

    En Lettres, il existe bien des cours et des cycles entiers sur l’étude du "vieux français", "d’ancien français" assez ardus d’ailleurs. Il n’est pas rare de rencontrer des écrivains à  la plume extrêmement moderne, contemporaine,et brillante, qui soient justement aussi des grands connaisseurs de "l’ancien français" …Il doit bien avoir une raison là  ? de cause à  effet ? hum ! croyez-vous ?
    Ceci étant dit : quelles sont les règles importantes de l’Ars antiqua au fait ?…à  part l’intervalle interdit qui faisait frémir les bons moines ?…
    M.

  6. Je ne sais pas quelles sont règles de l’Ars Antiqua. Je n’ai que quelques idées floues, merci de ne pas prendre pour argent comptant :
    – Pas de notion d’harmonie, i.e. pas de lecture verticale. Seules les voix sont analysées, séparément et deux à  deux.
    – Ecriture à  2 ou 3 voix, plus rarement à  4.
    – Les consonnances préférées sont, dans l’ordre : l’octave, la quinte, la quarte, la tierce. Un point d’arrêt ne comporte pas de tierce.
    – Lorsque deux notes sont à  distance de sixte, chacune d’elles doit s’éloigner d’un pas de plus, pour que l’on aboutisse à  l’octave. De plus, la sixte doit être majeure (ajout si nécessaire d’une altération, non notée, par les chanteurs).
    – Ecriture possible en parallèlisme (organum parallèle) : quintes parallèles, quartes parallèles, tierces parallèles, sixtes parallèles. Ces deux derniers cas, qui portent le nom de gymel, sont typiques de l’Angleterre, et s’imposeront (perfide Albion !) au détriment des deux premiers, qui deviendront par la suite interdits (à  moitié seulement pour la quarte). Ultérieurement on aura le faux bourdon : quarte + sixte parallèles.
    – Ecriture possible aussi en contrepoint par mouvement inverse.
    – En plus des modes harmoniques, il y a des modes rythmiques (ce n’est pas une invention de Messiaen), qui peuvent être différents d’une voix à  l’autre.
    – Possibilités de syncopes et de retards.

  7. Grand merci Jean-Armand ! Et pour des idées floues c’est tout de même assez précis et plutôt riche ! Bon ça nous incite à  en connaître un peu plus en tous cas sur la question ! Ce mot de" gymel" si évocateur me rappelle bien quelque musique aussi…

  8. Concernant la reponse de Mazurka a mon message sur le cours d’initiation que j’ai suivi cette annee, je tiens a souligner que je n’y connais pas grand chose et que j’ai un peu de mal a faire la distinction entre toutes les appellations existantes.

    En fait, au debut de l’annee je pensais suivre un cours d’harmonie, mais finalement nous n’avons fait qu’etudier une maniere parmi tant d’autres de realiser une polyphonie.

    Un ami avait commence a me donner des cours de contrepoint et d’harmonie classique et comme j’etais passione par cela je suis alle a ce cours d’ "initiation a l’ecriture" mais sans savoir reellement ce que j’allais y faire.

    Finalement j’ai appris a ecrire une polyphonie a 4 voix et nous avons egalement survole le contrepoint mais j’aurai aime que ces cours soient plus approfondis.

    Est ce que quelqu’un pourrait detailler les differents types de contrepoint (des differentes epoques)?

    Je lui en serai tres reconnaissant

  9. Détailler le contrepoint à  travers les à¢ges ? Houla !

    La difficulté, c’est que les règles du contrepoint et de l’harmonie se sont à  peu près figées au XVIIième siècle, et n’ont que peu évolué depuis. L’oreille s’est habituée à  de plus en plus de dissonance, c’est tout. Tandis qu’avant, c’est-à -dire du Xième au XVIième siècle, il y eut beaucoup de variété, mais ce sont des périodes que peu de gens connaissent (et je n’en fais pas partie).

    Au XVIIIième, il y a eu une théorisation du contrepoint, avec en particulier le "Gradus ad Parnassum" de Fux, qui prétendait fixer les règles de Palestrina (XVIième siècle), mais avec paraît-il des anachronismes. En pratique cependant, c’est ce livre qui a servi comme base des études de contrepoint des générations suivantes : on étudiait Palestrina, puis on passait à  Bach (surtout après sa redécouverte par Mendelssohn).

    Je trouve que l’étude du contrepoint pour lui-même, c’est-à -dire déconnecté de l’étude de l’harmonie et de la production de pièces musicalement intéressantes, est une perte de temps. Mais c’est une opinion personnelle.

  10. Il y a un message qui tombe à  point nommé sur la liste de diffusion musicologie@yahoogroupes.fr. Je me permets de le copier en partie ici, sans les coordonnées de la personne :

    Je me permets de vous écrire pour vous informer de l’existence d’une
    classe de Contrepoint Renaissance, dont je m’occupe, au conservatoire
    du Xème arrondissement de la Ville de Paris.

    Nous y abordons les grands principes de la musique modale du XVIème
    siècle, à  travers l’étude de chefs-d’œuvre de la musique vocale de
    l’époque (psaumes de Goudimel, chansons françaises, motets).
    L’accent étant mis particulièrement sur l’art de conduire une voix, de
    les combiner(sur la base des traités de l’époque) et de se plonger
    dans ce style jusqu’à  pouvoir maîtriser la composition de pièces
    complètes dans le style de l’époque.

    L’abord de ce répertoire par le biais de la pratique de l’Ecriture
    permet, en outre, d’éviter une approche trop analytique ou théorique,
    tout en en approfondissant la compréhension.

    Cette approche permet également de mieux comprendre les styles
    baroques qui viennent après, en particulier, la tradition allemande
    de Schà¼tz à  Bach.

    (…)

    Cordialement,

    Renaud Grandemange

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