Dutilleux à  Pleyel

Nous étions plusieurs adhérents du Salon de musique pour ce concert à  Pleyel, peut-être grâce à  notre annonce.
Zvezdo en a fait un bon billet dont je recommande la lecture, comme d’habitude. Moi j’ai bien aimé  »L’arbre des songes » et je me contenterai donc de rapporter quelques réflexions échangées à  cette occasion sur l’écoute de la musique contemporaine.

Difficile d’entrer dans cette musique: je n’accroche pas, me disait un ami à  l’entracte
Je répondais qu’en écoutant l’œuvre plusieurs fois, on finit par la domestiquer, tel est le résultat de mon expérience, un peu comme un film qu’on retourne voir plusieurs fois pour en découvrir toutes les subtilités.
Mais ici je ne connaissais pas les œuvres jouées et j’ai fait une autre expérience intéressante à  cette occasion.
On peut se préparer pour le concert, lire le programme, connaître ainsi les intentions du compositeur et faire une sorte de visite guidée de l’œuvre pour une écoute plus intellectuelle. Ou au contraire venir sans idée préconçue, sans avoir rien lu des œuvres interprétées et les découvrir, toute nues. C’est ce que j’ai fait. C’est seulement aprês le concert que j’ai pris connaissance du programme détaillé proposant l’analyse des œuvres entendues. C’est intéressant par exemple de découvrir a posteriori la forme que Dutilleux a voulu donner à  son Arbre des songes, de comparer cette analyse de l’œuvre qui est une suite de quatre « épisodes » reliés par des « interludes » à  ce que j’en ai perçu, une forme sonate ! Ou de découvrir que ce passage qui évoque un orchestre entrain de s’accorder était effectivement voulu comme tel, le compositeur avouant qu’il manquait d’inspiration pour cet interlude dont l’harmonie tournait autour du La!
Intéressant mais frustrant quand même car j’ai le sentiment d’être passé à  coté de beaucoup de choses. L’art doit-il s’expliquer? Le livret, le programme de présentation de l’œuvre est-il indispensable ? Les uns répondent oui. Les autres affirment au contraire que foin des critiques, l’art véritable ne s’explique pas, il n’a pas besoin de médiateur. On accroche ou on n’accroche pas. Point barre.
Ouais…

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