La conduite des voix, règles de l’harmonie musicale

Jean-Armand a publié une excellente synthêse sur ce sujet dans un des espaces membres de MusiComposer.fr, en réponse à  Bruno. Elle mérite bien d’ête reproduite ici à  l’attention de tous ceux qui composent ou qui simplement s’intéressent aux rêgles fondamentales de l’harmonie musicale. …/…

La carte son de mon PC ne fonctionne plus, donc je ne peux plus écouter ta piêce. Mais je l’avais écoutée, et j’avais remarqué, comme Jean-Louis, des « erreurs de conduite des voix ». Cette expression barbare désigne des entorses par rapport aux rêgles qui ont présidé pendant plusieurs siêcles, disons de 1650 à  1900, à  l’écriture musicale vue sous l’angle des interactions entre les voix (le contrepoint). Elles ont été notamment formalisées par le « Gradus ad Parnassum » de Fux en 1725. Fux prétendait décrire les rêgles présidant à  la musique du 16iême siêcle, mais la musique avait évolué entretemps… Ces rêgles disent, par exemple :
– que l’on ne doit pas avoir deux octaves consécutives entre deux voix,
– qu’on ne doit pas avoir deux quintes consécutives entre deux voix,
– qu’on ne doit pas avoir une quinte diminuée suivie d’une quinte juste entre deux voix (l’inverse est possible),
– qu’on ne doit pas avoir une octave entre deux voix, attaquée par mouvement direct, sauf si la voix supérieure procêde par
mouvement conjoint,
– que lorsqu’une voix fait un saut d’une quinte diminuée, il doit être suivi d’un mouvement conjoint dans le sens inverse,
– qu’une septiême doit être préparée et résolue,
– etc. etc. (désolé pour le jargon) Tout cela paraît três compliqué, mais en fait ces rêgles « s’entendent » três bien, avec un peu d’expérience. Lorsqu’un passage sonne mal, c’est le plus souvent parce qu’une de ces rêgles est enfreinte. Il y a un site Internet qui liste une quantité impressionnante de ces rêgles, c’est ici : http://www.ars-nova.com/cpmanual/
Lire les sous-chapitres dans « Explanations of the style rules ». Ces pages sont le manuel utilisateur d’un logiciel d’aide à  l’écriture.
Le traité d’harmonie de Jean-Louis contient aussi quelques-unes de ces rêgles, même si ce n’est pas son objet principal. Si ces rêgles sont importantes, c’est parce qu’elles s’appliquent à  la majorité de la musique « classique », et à  ses dérivés récents que sont la musique de film ou de variété. Bien sà»r, il y a eu des évolutions : par exemple la rêgle de préparation et résolution des septiêmes a disparu au milieu du XIXiême siêcle. Mais Berlioz s’indignait que Wagner puisse attaquer des septiêmes d’espêce et des neuviêmes sans préparation ! En pratique chaque style musical a ses rêgles, même les styles modernes (qui utilisent beaucoup, par exemple, la pédale de basse). Puisque tu disais que ta piêce est « à  la maniêre baroque », il est normal que l’on applique à  ta musique les rêgles de l’époque baroque. Connaître les rêgles permet d’écrire une musique qui est três typée, suivant les rêgles que l’on choisit de respecter ou d’enfreindre.

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