Le cabaret classique de Jean-François Zygel

Cette nouvelle émission sur France-Musique, le dimanche soir à  18H00 – une bonne heure d’écoute – est une « fantaisie dominicale », en fait un ersatz des émissions télévisées que nous avons chroniquée, plutôt que des fameuses leçons de musique. Oserons-nous dire que nous regrettons les vraies leçons de musique? Elles se perpétuent à  la Mairie du XXe et au Chà¢telet, mais c’est dommage que les provinciaux ne puissent en bénéficier autrement qu’en achetant les DVDs. Cette premiêre mélangeait donc le genre burlesque estudiantin à  70% et le sérieux du Professeur de Conservatoire pour le reste.
A vous de juger maintenant de la qualité du cocktail.

Adrien Perruchon, Timbalier à  l’orchestre de Radio-France (et non percussionniste, Ah non!) nous apprend d’abord qu’il jouit d’un privilêge. Quand dans sa partition, le compositeur l’amêne à  donner un coup de baguette sur un triangle, et non pas seulement sur les timbales, il a droit à  un supplément de cachet de 10%. Enorme! (Ca c’est incontestablement à  classer dans les 70%).
Il nous apprend aussi les termes de tambours hérités des tambours napoléoniens. Par exemple (écriture phonétique):
– le « RA de 3 », 3 notes, Do Ré Do par exemple, avec 2 notes faibles et une note forte.
– le FLA qui est un RA de 2 notes seulement,
– ou encore le PATAFLA (1 note, 1 note, puis 2 notes).
Suivent le scherzo de la 9e joué aux cymbales, puis un quiz consistant à  reconnaître trois extraits symphoniques également joués aux timbales (j’avoue que ce fut davantage patatras que patafla, en ce qui me concerne). Thibaut Doucerain, futur paysagiste (il conçoit, plutôt qu’il ne jardine) prit la suite pour nous raconter que jardiner, c’est faire de la musique, et réciproquement. Cette métaphore m’a bien plu, elle m’a rappelé mon Allons cultiver notre jardin extraordinaire. Et JFZ de conclure « Ecoutons nos jardins, cultivons le nocturne N° 20 en ut diêse mineur de Chopin ».
Pas mal, l’exécution de ce nocturne malgré quelques cafouillages, pour un jardinier et musicien amateur ayant deux ans de piano derriêre lui! Enfin, j’ai retenu du professeur Zygel, à  l’occasion de l’exécution de Laideronnette de Ravel joué par Vicens Prats que la gamme chinoise avaient deux formes:
– le mode RIO : Do Ré Mi Sol La Do en tonalité de Do (ça, on connaît, ce sont les touches noires du piano, le mode pentatonique)
– le mode RTSU (?) : Do Ré Fa Sol La Do. Et la gamme japonaise a les mêmes modes mais s’en ajoute un troisiême dénommé QUMOà (toujours l’écriture phonétique, désolé) : Do Re Mib Sol Lab Do (deux altérations).
Facile, non? Enfin Yvan Robilliard, pianiste de jazz (tiens, Maitre Zygel serait-il fatigué?) termine en accompagnateur du Boléro de Ravel joué par Adrien Perruchon et Vicens Prats. A verser dans la partie 70% du cocktail.

5 réflexions au sujet de « Le cabaret classique de Jean-François Zygel »

  1. Les modes RIO et RTSU que tu décris sont identiques, à  une transposition près. (Le mode RTSU est le mode RIO basé suf Fa).

    Ceci dit, pourquoi pas. Notre mode mineur mélodique descendant est identique au mode majeur.

  2. Jean-Armand, je ne comprend pas ce que tu veux dire. Quand je désigne les notes en Do, c’est pour donner évidemment les intervalles entre les notes qui identifie le mode. Ces intervalles sont les mêmes quelle que soit la tonalité.
    Donc en Fa,
    – Rio ça fait : Fa Sol La Do Ré Fa
    – RTSU fait : Fa Sol Sib Do Ré fa
    (toutça d’oreille, evidemment).
    Non?

  3. > J’ai écouté les deux émissions suivantes, dont celle d’aujourd’hui, avec Xavier Phillips et Teddy Lasry. Emission intéressante et sympathique comme toujours chez JFZ (à  noter une impro éblouissante de JFZ et Lasry en fin d’émission). Le contenu pédagogique reste mince, c’est décidément orienté "grand public" : je reste sur mon regret des leçons de musique d’antant.

  4. Bonjour et merci pour cette chronique musicale qui se poursuit ! Je n’ai pas pu écouter les premiers cabarets de Zygel sur France -Musique ( Le dimanche soir à  18 h) mais Je viens pourtant de découvrir qu’on peut encore réécouter certaines émissions du moins la plus récente, celle du 5 novembre grà¢ce au net. (voir le site de France Musique). Mais je ne sais jusqu’à  quand ? Amateurs dépêchez-vous !
    Dans cette émission nous retrouvons avec plaisir le malicieux et talentueux professeur Zygel et ses excellents invités.
    Je ne connaissais pas la pièce ironique de Hindemith qu’il nous fait entendre en apéritif, tout au début, ( "Ouverture du « Vaisseau fantôme » de Wagner déchiffrée à  7h du matin par un petit orchestre de station thermale"(sic) )- œuvre parodique irrésistible ! c’est une version volontairement fausse du morceau initial de Wagner …et la conclusion tirée par Zygel est intéressante : " qu’est-ce qu’en fait que la justesse? Le faux volontaire est-il encore du faux ?" s’interroge JFZ …
    Ne trouvez-vous pas que Zygel est aussi un musicien-philosophe ? Ecoutons-le bien ! …Plus loin il s’interroge sur la notion "d’oreille absolue" , notion plausible dans ce "bas monde " ? Bref ! Cette émission du 5 novembre est vraiment très enrichissante : on y écoute beaucoup la clarinette basse de Phillippe Berrod ( excellent et drôle) qui évoquera le grand chef d’orchestre Berstein ( lui aussi autrefois "donneur" de superbes leçons de musique publiques outre-atlantique, il me semble) et nous fait écouter des pièces peu connues de nous ( Meyerbeer, Rabaud, Ellington !) mais aussi Schumann, Bach et Brahms.
    Les nostalgiques de la "boù®te à  musique" ont retouvé là  les musiciens découverts cet été, ainsi les chanteurs d’oiseaux, Jean et Johnny,(Jean Boucault et Johnny Rasse ) qui ont tenté avec succès de nous expliquer l’écriture "phonétique" des chants d’oiseaux…Les ornitologues doivent bien s’amuser ! Le plus drôle des oiseaux est celui qui semble dire dans un rythme saccadé : "paye tes dettes"…Il s’agit de "la caille des blés". Mais les belles prestations improvisées du pianiste Pierre Mancinelli autour des thèmes de JS Bach valent absolument d’être entendues ! ( Bach joué en rumba, funk, et en "suite française " aussi )
    JFZ a fait très fort ce soir là  en comparant Bach à  de la "pà¢te à  modeler métaphysique " et en expliquant aussi merveilleusement le mystère des instruments transpositeurs " ( clarinette , piccolo, etc.) instruments qu’il qualifie de "menteurs" : le musicien exécute avant tout un doigté plutôt qu’une note ( contrairement aux instruments dits "honnêtes" tels les "piano, violon, hautbois" : le doigté pour ceux-ci correspondant à  la note (sauf dérapage) ). Mais tout cela, c’est pour la bonne cause : on a recours au « mensonge pour sonner juste, et donc pour « dire la vérité ! » Philosophe Maître Zygel, je persiste et signe. Merci à  lui et à  France-musique pour ce cabaret du 5 nov. !
    Mazurka

  5. Eh bien j’ai manqué à  mon tour cette émission apparemment fort intéressante, merci Mazurka de l’avoir chroniquée (Envois-moi ton E-mail en privé, stp)

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