Des Profondeurs

Voici la présentation par son compositeur, Jean-Armand Moroni de cette piêce musicale si originale (à  télécharger ici). L’auteur nous raconte sa genêse. C’est une piêce que j’ai débutée comme un exercice d’orchestration, il y a 16 ans de cela (). Il y a un an, je suis tombé là -dessus (…). Le caractêre sombre m’a donné envie de poursuivre. La piêce a été finalement écrite comme des variations autour de deux fragments mélodiques : : mi – fa # – sol – ré# (noire, noire pointée, croche, noire), et : la – sol – sol – fa # – fa# – sol (en croches). En même temps que j’écrivais la piêce, ce qui a duré 6 mois, son sens devenait plus clair.

Il s’agissait d’une personne en butte à  un destin plus fort qu’elle, et qui malgré tous ses efforts et ses cris, ne parvient à  s’en sortir (ce n’est, heureusement, pas autobiographique !). L’image qui s’est imposée, c’est celle de quelqu’un au fond d’un trou, qui lêve la tête et crie pour qu’on le sorte de là , mais qui n’est pas entendu. Le titre « Des profondeurs » est venu du « De profundis », parce que la situation psychologique est similaire, mais aussi de ce que la piêce utilise l’extrême grave de l’orchestre. L’autre source d’inspiration est Shakespeare, notamment Hamlet (Claudius le meurtrier tente de prier mais sa priêre retombe, Hamlet se demande s’il faut lutter contre l’adversité ou se suicider, etc.) et Richard III (« Mon royaume pour un cheval ! »). Enfin, l’éditeur Myriad a proposé un concours sur le thême du Sonnet 73 de Shakespeare, piêce également três sombre ; j’y ai présenté « Des profondeurs », qui a obtenu le second prix.
Un des procédés utilisé plusieurs fois au cours de la piêce, est la superposition du premier fragment avec lui-même en valeurs três augmentées. L’intérêt de ce procédé est de disposer à  la fois d’une mélodie três lente, adaptée au caractêre sombre de la piêce, et de mélodies rapides qui donnent de la tension. Cela oblige aussi à  construire des harmonies sortant un peu de l’ordinaire. Le langage harmonique est wagnérien, ou dérivé, disons César Franck. En revanche la piêce module assez peu, beaucoup moins que la musique de cette époque. Cela tient à  la façon de l’écrire (suite de variations), mais aussi au thême psychologique (l’enfermement dans une situation sans issue), et enfin sans doute au goût actuel pour l’absence de modulation.
C’est actuellement la seule piêce pour orchestre terminée à  mon actif. Elle m’a demandé 150 heures de travail, mise en page comprise. Elle m’a permis de m’améliorer sur : l’orchestration (mais encore beaucoup de progrês à  faire !), le travail motivique (pour caricaturer, la piêce dure 8′ avec un seul motif de trois notes), la conduite des voix ; enfin elle m’a prouvé que, oui, on peut composer de la musique qui ressemble à  quelque-chose avec simplement un ordinateur ! »

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