«Farcir» le centre de l’harmonie

Dans la lignée du commentaire de Jean-Armand (voir un espace membres « Les compos des adhérents« , l’Espion Maltais):

Un autre point qui pourrait être amélioré : on entend souvent une ou deux voix, avec dans certains cas des unissonsIl me semble que Mozart et Rossini écrivent essentiellement à  3 et 4 voix, et cherchent à  ce que toutes les notes de l’accord soient présentes.

Je signale cet article de Renaud Machart dans le supplément du Monde N° 113 du du 15 avril 2006 (je cite, car l’article n’est pas sur internet):

Franz Schubert et Wolfgang Amadeus Mozart ont écrit des quatuors à  cordes qui semblent indépassables en qualité et en substance. Pourtant l’un comme l’autre ont produit des chefs-d’œuvre pour cinq cordes: le Quintette à  deux violoncelles, pour le premier, avec son sublime mouvement lent comme hors du monde, et, pour le second, un cahier de six quintettes à  cordes (pour deux altos). Le recours à  un deuxiême alto a la particularité de «farcir» le centre de l’harmonie comme le faisaient notamment les Français de l’époque baroque, qui ne consacraient qu’une des parties de leur harmonie au «dessus» de violon mais trois aux parties d’instruments apparentés à  l’alto actuel.

Une réflexion au sujet de « «Farcir» le centre de l’harmonie »

  1. Connaissez-vous le livre "Le style classique – Haydn, Mozart, Beethoven" de Charles Rosen ? Il est excellent.

    Charles Rosen consacre notamment un chapitre à  chacune des formes principales de l’époque : quatuor, symphonie, concerto…, mais il répartit ces chapitres sur l’un des trois compositeurs du titre. Et bien, il attribue la quatuor à  cordes à  Haydn, mais le quintette à  Mozart, avec cette phrase introductive :
    "Tout le monde est d’accord pour penser que la musique de chambre de Mozart culmine avec le groupe des quintettes à  cordes avec deux altos. L’alto était son instrument à  cordes préféré, (…) Sa prédilection pour l’alto était due sans doute aux sonorités de l’instrument, ainsi qu’à  l’importance que lui-même accordait à  l’écriture des voix médianes, qui témoignent chez lui d’une plénitude sonore et d’une complexité qui avaient disparu depuis la mort de Bach".

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